Critique de film

Le Château de Cagliostro

"Rupan sansei: Kariosutoro no shiro"
affiche du film
  • Genre : Animation, Aventure
  • Année de production : 1979
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Japon
  • Durée : 1h50
  • Musique : Yuji Ono
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Le célèbre Lupin dévalise un casino mais s'aperçoit que les billets volés sont des faux. En compagnie de son acolyte Jingen, Lupin enquête sur cette fausse monnaie qui le conduit au château de Cagliostro. Ils apprennent alors qu’une princesse, enfermée dans le château, détiendrait la clé d'un fabuleux trésor...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le château de Cagliostro - Les cabrioles d’Edgar
Par : Samuel Tubez


Après avoir été animateur sur plusieurs séries (Heidi, Conan, le fils du futur) ainsi qu’une poignée de longs et courts signés par son compère des débuts Isao Takahata (Horus, prince du soleil, Panda, petit panda), Hayao Miyazaki sort en 1979 son premier long métrage en tant que réalisateur, Le château de Cagliostro. Une commande, puisqu’il s’agit du second film dédié à la série animée Lupin III, communément appelée Edgar de la Cambriole par chez nous, qui renferme déjà en son sein la grande cinéphilie du futur maître ainsi qu’une belle esquisse de certains de ses thèmes de prédilection.

Alors qu’il vient de dérober le coffre-fort du casino de Monte-Carlo avec son ami Jigen Daisuke, Edgar de la Cambriole (que le second doublage français nomme Wolf, ce qui est pourtant son appellation anglo-saxonne) s’aperçoit qu’ils sont en possession de faux billets. Peu de temps après, les deux compères viennent en aide à une jeune fille poursuivie par des hommes armés. Celle-ci s’avère être la princesse Clarisse, appartenant à la famille des Cagliostro possédant non loin un domaine où elle est maintenue prisonnière par un comte cupide désirant mettre la main sur un trésor ancestral dont elle seule détient le secret. Edgar, éternel gentleman et chasseur invétéré de butins, entame alors une nouvelle quête où il tentera de libérer la princesse, trouver le trésor et, au passage, révéler au monde les activités frauduleuses du comte qui ne sont pas sans lien avec sa récente déconvenue.

Sans nul doute, il s’agit là d’une des aventures les plus adultes du gentleman cambrioleur version celluloïd. Mettant de côté les habituelles scènes frivoles de la série (même les décolletés affriolants de Fujiko Mine/Magali sont aux abonnés absents) et atténuant quelque peu les gags, Miyazaki, également co-auteur du scénario, s’est ainsi davantage concentré sur le côté fin stratège du personnage que sur son penchant coureur de jupon. Et c’est tant mieux car même s’il reste un héritier plutôt frappadingue du gentleman-cambrioleur inventé par Maurice Leblanc, ce Lupin-ci rend davantage hommage à l’écrivain français que la série, tout en lorgnant vers un autre artiste apprécié par Miyazaki : Paul Grimault. En effet, nombre d’éléments sont empruntés au Roi et l’oiseau, comme la prison haut perchée où est séquestrée la princesse ou encore ces échappées aériennes et souterraines trépidantes. Courses-poursuites inventives, pièges à foison, ramifications finaudes, suspense,…rien, de l’ampleur du scénario à la qualité de l’animation ne laisserait entendre que le film n’a été tourné qu’en quatre mois seulement ! Ce fut pourtant bien le cas, Miyazaki s’étant tenu à réaliser cet exploit à l’époque. Des débuts comme cela, on raffole de les (re)découvrir, d’autant que celui-ci pose déjà les pierres les plus solides de l’édifice que sera la filmographie d’un maître de l’animation hors norme guidé par la passion, la cinéphilie et des thématiques chères (la nature destructrice de l’homme cupide, une certaine inclination pour les aéronefs et autres machineries, le rôle important donné au personnage féminin,…). Autant d’éléments qui s’installeront définitivement et prendront place dans ses deux films suivants : le magnifique Nausicaä et le formidable Château dans le ciel, en attendant bien d’autres chefs-d’œuvre.

Avec cette extension de la série Lupin III, Miyazaki signe une œuvre déjà foisonnante au récit trépidant et adulte, bien loin des considérations frivoles du personnage de la série. Passionnant par son rythme et son histoire mais aussi car il porte en lui les germes de son futur cinéma tout en s’avérant même parfois sombre (le personnage y est quasi laissé pour mort en cours d’aventure, la cérémonie de mariage pourrait impressionner les plus jeunes), Le château de Cagliostro n’est certainement pas un film de débutant mineur mais bien une œuvre essentielle qui lança la carrière d’un des plus grands animateurs de la planète. A (re)découvrir d’urgence.


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