Critique de film

Le Hobbit : un voyage inattendu

"The Hobbit: An Unexpected Journey"
affiche du film
  • Genre : Fantastique, Fantasy
  • Année de production : 2012
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Peter Jackson
  • Pays d'origine : USA, Nouvelle-Zélande
  • Durée : 2h45
  • Scénariste : Philippa Boyens, Peter Jackson, Guillermo del Toro & Fran Walsh d'après J.R.R. Tolkien,
  • Musique : Howard Shore
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Martin Freeman, Ian McKellen, Richard Armitage, Ken Stott, Graham McTavish,...
  • Récompenses : --

Alors qu'il croise par hasard la route du magicien Gandalf le Gris, Bilbon rejoint une bande de 13 nains dont le chef n'est autre que le légendaire guerrier Thorin Écu-de-Chêne. Partis reconquérir le Royaume perdu des Nains d'Erebor, conquis par le redoutable dragon Smaug, leur périple les conduit au cœur du Pays Sauvage, où ils devront affronter des Gobelins, des Orques, des Ouargues meurtriers, des Araignées géantes, des Métamorphes et des Sorciers… Bien qu'ils se destinent à mettre le cap sur l'Est et les terres désertiques du Mont Solitaire, ils doivent d'abord échapper aux tunnels des Gobelins, où Bilbon rencontre la créature qui changera à jamais le cours de sa vie : Gollum. C'est là qu'avec Gollum, sur les rives d'un lac souterrain, le modeste Bilbon Sacquet non seulement se surprend à faire preuve d'un courage et d'une intelligence inattendus, mais parvient à mettre la main sur le précieux anneau de Gollum qui recèle des pouvoirs cachés… Ce simple anneau d'or est lié au sort de la Terre du Milieu, sans que Bilbon s'en doute encore…

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le Hobbit : un voyage inattendu - Sacquet voyage !
Par : Samuel Tubez




En lieu et place d’un diptyque signé Guillermo del Toro, nous repartons donc pour une nouvelle trilogie sous la direction de Peter Jackson (del Toro étant toutefois toujours crédité en tant que co-scénariste et consultant). La première partie qui se dévoile à nos yeux en ce mois de décembre 2012, intitulée Un voyage inattendu, n’en devient que plus cohérente avec sa trilogie du Seigneur des anneaux, dépassant même l’adaptation pure et simple du roman de Tolkien Bilbon le Hobbit pour explorer quelques faits et gestes présents dans les annexes aux deux œuvres. En résulte un voyage en terrain connu, certes, mais quel voyage !

Bilbon Sacquet se souvient de ses aventures passées…il se souvient de sa rencontre avec Gandalf le Gris et de l’arrivée chahutée en son humble demeure de treize nains menés par Thorin Ecu-de-Chêne. Ceux-ci font appel à ses talents de voleur et lui demandent de se joindre à leur quête pour récupérer leurs biens détenus par le terrible dragon Smaug en leur royaume d’Erebor. Après quelques hésitations, Bilbon se décide à quitter sa chère Comté pour aider ce peuple à retrouver leur terre et leurs trésors.

Nous le savons, l’histoire du Hobbit écrite par Tolkien est à l’origine un livre destiné aux enfants particulièrement fourni en éléments drôles et féériques. Peter Jackson ne l’a pas oublié, et la première partie de son film, un peu longuette il est vrai, le reflète assez bien avec ses nains ripailleurs, sa nature verdoyante, la présence de « l’ami des bêtes » Radagast ou encore ses trolls cons comme la lune. Chemin faisant, le ton du film s’alourdit toutefois et devient plus adulte, offrant des combats riches en décapitations (mais restant tout de même avares en hémoglobine), faisant place à davantage de créatures menaçantes aux design effrayants (le purulent roi des gobelins, le chasseur Orc et ses Wargs) et livrant son lot d’instants épiques. Même si le déroulement est semblable à celui de La Communauté de l’Anneau (on y traverse, dans le même ordre, des zones similaires voire carrément identiques), la générosité et toute la maestria de Jackson à livrer des poursuites et des combats aussi lisibles qu’audacieux suffisent alors à notre bonheur. Certains critiques aigris vous gâcheront peut-être le plaisir en affirmant que la plus grosse faiblesse du film est son scénario et que les personnages ne parviennent pas à être aussi touchants que ceux présentés dans la précédente trilogie. Pourtant, on pourrait leur rétorquer que le roman d’origine est ici étoffé grâce à quelques évènements et personnages issus des multiples annexes rédigées par Tolkien en complément du Retour du roi, que chacun des treize nains, même s’ils existent essentiellement en tant que groupe, sont tout de même incarnés avec personnalité (Richard Armitage est d’ailleurs parfait en héros déchu), que Martin Freeman trouve l’équilibre entre flegme et humour dans le rôle-titre et que l’on sent entre lui et Gandalf la naissance d’une très grande amitié. Même les créatures les plus hideuses ont droit à une incarnation digne de ce nom ! (progrès de la motion capture oblige, la prestation d’Andy Serkis dans la peau de Gollum est encore plus délectable qu’autrefois).

D’un point de vue purement visuel, nous ne pouvons passer à côté de la petite révolution annoncée par Peter Jackson qui a défrayé la chronique bien avant la sortie du film : la technologie des fameuses 48 images par secondes. Si vous avez la possibilité de visionner le film en bénéficiant de ce procédé dans des conditions optimales, foncez ! Si ce n’est pas le cas, privilégiez une projection classique sans la 3D et vous passerez un excellent moment. Regarder le film en 3D sans le procédé HFR48 ne vous apportera rien, et même pire : cela dénaturera l’expérience (un peu comme regarder un film étranger doublé en français, quoi). Par contre, opter pour le HF48 (qui n’est accessible qu’en 3D d’ailleurs) c’est choisir une immersion totale dans le film de Jackson. Après un petit temps d’adaptation il est vrai troublant, l’œil s’habitue et l’on est alors littéralement ébloui par la netteté presque surnaturelle de l’image, la fluidité des mouvements de caméra et la lisibilité ahurissante des plans, même dans les atmosphères les plus obscures. Pas de flous superflus, pas de superpositions foireuses d’images, mais juste un relief propre et éclatant comme on en a jamais vu jusqu’ici. L’expérience, déjà fort plaisante, n’en devient alors que plus intense et unique. Mais quel que soit le type de visionnement choisi, Le Hobbit restera un spectacle total offert comme un prestigieux cadeau à tous les cinéphiles qui n’ont pas oublié d’apprécier les bons gros divertissements de qualité. Une fois de plus, merci pour ce préciiiiieux Monsieur Jackson !

Malgré une impression de déjà-vu, on replonge avec un immense plaisir en Terre du Milieu avec un Peter Jackson toujours aussi généreux et talentueux aux manettes. Si, de prime abord, cette première partie des aventures du Hobbit s’avère moins profonde que les péripéties de La Communauté de l’anneau, les bases sont néanmoins bien posées pour s’étoffer, on n’en doute pas, dans les deux volets qui suivront. Rendez-vous est d’ores et déjà pris l’année prochaine pour la suite…mais si on y retournait en attendant ?


Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage