Critique de film

Last house on Dead end street

"Last house on Dead end street"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 1977
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Roger Watkins
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h18
  • Budget : 1500 dollars
  • Scénariste : Roger Watkins
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Roger Watkins, Ken Fisher, Bill Schlageter, Kathy Curtin, Paul M. Jensen, Pat Canestro, Steve Sweet, Edward E. Pixley, Nancy Vrooman, Suzie Neumeyer
  • Récompenses : Aucune

Terry Hawkins, réalisateur de porno underground, vient tout juste de sortir de prison pour possession de drogue. Dégoûté par le monde qui l'entoure, il décide de délaisser le spectacle du sexe pour celui de l'horreur et de réaliser le film "le plus violent du monde". Il recrute alors une bande d'amis pour des tournages très particuliers qui vont de la torture au meurtre face caméra. A la fois réalisateur, producteur et directeur photo, Hawkins devient également juge, jury et bourreau. La plongée dans l'horreur la plus abjecte devient inéluctable...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Last house on Dead End street - Le glauque à l’état pur
Par : Chroniqueurs




Par Nicore

Film maudit, qui fut même un temps considéré comme perdu à jamais, Last house on dead end street mérite bien sa réputation sulfureuse due aussi bien à son sujet délicat (les snuff-movies) pour lequel il fait figure de précurseur qu’à son traitement "underground" et jusqu’au-boutiste terriblement sordide et glauque dans l’agencement de la violence. Le script suit les méfaits d’un réalisateur peu scrupuleux qui, pour réussir à innover, se met avec quatre acolytes à filmer des "snuff-movies".

Clairement divisé en deux parties, le métrage s’attache dans son entame à présenter son personnage principal, Terry Hawkins, un jeune délinquant qui exprime son anticonformisme en voix-off lors de l’introduction avant de décider de se lancer dans la réalisation de films d’un genre nouveau, espérant ainsi répondre aux attentes de deux producteurs pervers lassés des bandes érotiques amatrices softs. Les dits métrages édulcorés sont d’ailleurs présentés pour l’occasion via deux exemples languissants et assez risibles par leur timidité érotique. Notre homme s’entoure alors de quatre individus d’horizons différents qui ne sourcillent pas à l’idée de mutiler et de tuer pour les besoins de films amateurs, laissant au contraire se déverser leurs penchants sadiques et pervers. Cette première partie permet également au réalisateur Roger Watkins d’avancer des séquences bizarres, comme pour présenter cette demoiselle, femme du producteur au visage peint de noir, qui se fait violemment fouetter par un bossu lors d’une soirée donnée chez son mari.

Le métrage trouve son apothéose dans son second acte qui voit Terry et sa bande commencer à filmer des snuffs. Après avoir étranglé un aveugle attaché, les malfrats se lancent dans le quadruple meurtre des deux producteurs et de leurs compagnes, donnant au passage l’occasion à Roger Watkins de nous offrir une longue et réputée séquence terriblement graphique (la seule véritablement gore du film) et répugnante tout en restant réaliste, au cours de laquelle une des jeunes femmes se fait méchamment taillader le visage avant de se faire couper les jambes à la scie pour finalement être éviscérée. Les autres meurtres, s’ils sont bien moins graphiques, n’en sont pas pour autant bien fous et déviants (le pied d’une biche détourné dans un but inavouable ou encore la perceuse) et laissent complètement ressortir la folie homicide furieuse d’un groupe manipulé par Terry, même s’il semble perdre plus ou moins le contrôle de la situation. Ne se contentant pas uniquement de suivre les agissements malsains de ses personnages, le cinéaste leur attribue un caractère perturbant, carrément malsain et surréaliste, avec notamment le port de masques intrigants qui cachent le faciès des protagonistes lors de leurs méfaits, amplifiant ainsi le caractère glauque entourant le métrage.

Cet aspect de l’oeuvre est d’ailleurs bien présent, même en amont dans l’intrigue, avec par exemple cette scène réelle (donc "snuff"…) suivant l’égorgement d’une vache dans un abattoir) tout en se manifestant par les penchants pervers de ces deux producteurs toujours avides de sensations nouvelles (et on peut les comprendre devant la niaiserie des films proposés…). Tout comme il investit la seconde partie du métrage de manière encore renforcée par une image sale et granuleuse pour suivre ce mélange de violence gratuite et de gore sordide franc et ouvertement choquant pour cette fameuse séquence de démembrement innovante et magnifiée par la mise en scène de Roger Watkins qui donne véritablement une ampleur dramatique et troublante à cette longue scène au cours de laquelle les assassins seront avancés de manière impactante et formellement convaincante, renvoyant directement au chef-d’œuvre de Stanley kubrick, Orange mécanique avec le même charisme évocateur et perturbant.

Les personnages restent pour la plupart délimités par leurs états d’âme et leurs penchants sadiques, à l’exception de Terry qui se trouve un peu plus approfondi, tandis que le métrage bénéficie d’une interprétation adaptée à la folie du propos pour mettre en avant les visages hallucinés des protagonistes. La mise en scène de Roger Watkins qui se montre quand même parfois hésitante parvient véritablement à donner un impact profond à ses séquences "chocs", grâce notamment à des angles de prises de vue impactants (les vues en plongée sur la "table d’opération"). Les effets spéciaux, soutenant un glauque omniprésent, s’avèrent extrêmement réalistes pour leur part.

Last house on dead end street se montrera digne de sa réputation d’oeuvre glauque aussi bien par sa scène "culte" que par son ambiance poisseuse, parfois sadique et perverse !


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