Critique de film

Porte des secrets (La)

"The Skeleton Key"
affiche du film
  • Genre : Fantastique
  • Année de production : 2005
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Iain Softley
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h44
  • Budget : 43 millions de dollars
  • Scénariste : Ehren Kruger
  • Musique : Ed Shearmur
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Kate Hudson, Gena Rowlands, John Hurt, Peter Sarsgaard, Joy Bryant, Maxine Barnett, Fahnlohnee R. Harris, Marion Zinser, Deneen Tyler, Ann Dalrymple
  • Récompenses : Nominé aux Saturn Awards du Meilleur film d'horreur et de la Meilleure actrice de second rôle (Gena Rowlands) en 2006

Caroline, une infirmière à domicile, est engagée pour s'occuper du mari souffrant d'une vieille femme dans leur maison décrépie située dans le delta de Louisiane. Intriguée par ce couple énigmatique, leurs comportements mystérieux et leur demeure chaotique, elle se décide à explorer la villa. Armée d'une clé passe-partout qui en ouvre toutes les portes, elle découvre une pièce cachée dans le grenier qui renferme un terrifiant secret...

Les critiques à propos de ce film

Critique de La porte des secrets - Hoodoo au bayou
Par : Damien Taymans




A l’heure où l’industrie cinématographique américaine patine dans la semoule en se concurrençant allègrement au jeu de « Qui va fournir le plus beau remake ? » et où les reprises et américanisations organisées de films niaks se compilent à la pelle, Iain Softley tente la carte du renouveau avec La porte des secrets qui surfe sur la vague de la sorcellerie (une branche traditionnelle, le hoodoo qui utilise la magie noire sans jamais flirter avec le domaine religieux à la différence du vaudou). Caroline, infirmière à domicile, décroche un emploi en Louisiane qui lui permet de déverser sur Ben, son nouveau patient, en toute impunité sa philanthropie et sa gérontophilie avancées. Mais, tout n’est pas rose pour autant. Violet Devereaux, l’épouse de Ben, conte d’inquiétantes histoires à propos de la maison qui serait habitée par l’esprit d’anciens propriétaires…

Sise dans les plus exotiques bayous de Louisiane, l’intrigue met aux prises un quatuor aux motivations diverses au sein d’une immense demeure reculée en proie aux fantômes. En guise d’incursion dans le genre fantomatique, Softley (à qui l’on doit notamment l’énigmatique K-Pax) et son scénariste Ehren Kruger (qui brilla via l’excellente adaptation du Cercle version US et Arlington road et ternit sa carrière avec les immondes scenarii de Scream 3 et Impostor) n’évitent aucun stéréotype, s’escrimant à reproduire à la lettre les composantes habituelles des œuvres de maison hantée, à savoir les portes qui claquent, les poignées qui bougent toutes seules, les planchers qui grincent, les éclairages défaillants et les apparitions furtives en arrière-plan d’ombres non-identifiables. Des reproductions conventionnelles qui enquillent davantage le métrage qu’elles ne le servent, d’autant que la thèse fantomatique est rapidement expédiée ad patres au profit d’une déviation dans le domaine de la sorcellerie qui offre une nouvelle aubaine pour le duo de faire montre de leurs connaissances dans le domaine. Sauf que, si le tandem opte pour une thèse hoodoo assez méconnue, c’est pour mieux s’acharner par la suite à décliner la croyance en autant d’artefacts devenus nauséabonds à force d’être surexploités (le fameux cercle de protection et la poussière de brique parsemée devant chaque pièce).

Bâti sur un scénar’ conventionnel que la tradition du twist final tentera désespérément de contrebalancer un peu mollement, La Porte des secrets n’en reste pas moins une œuvre honorable qui parvient de bout en bout à imposer un certain suspens en instaurant un climax éreintant, à défaut d’être anxiogène, malheureusement désamorcé par les fréquentes escapades d’une héroïne en quête d’informations. Les multiples affrontements entre la maîtresse de maison (l’excellente Gena Rowlands) et la garde-malade en herbe (au passage détruite par une relation tumultueuse nourrie avec son père récemment décédé, si ça c’est pas de l’innovation !) campée par la potiche Kate Hudson constituent l’essentiel de l’intérêt de ce métrage qui peine à sortir des sentiers battus malgré des intentions de départ fort louables.

Démarcation encourageante des habituelles relectures made in USA des films de trouille asiats et des refaisages des œuvres de genre seventies, La Porte des secrets ne constitue pas pour autant une réussite franche en raison d’un scénario paresseux balisé de bout en bout par nombre de conventions et de clichés qui aseptisent chaque moment de tension en leur conférant une dimension de prédictibilité préjudiciable.

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