Critique de film

La Mouche noire

"The Fly"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Monstres
  • Année de production : 1958
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Kurt Neumann
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h34
  • Budget : 700 000 dollars
  • Scénariste : George Langelaan (roman) / James Clavell (scénario)
  • Musique : Paul Sawtell
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Vincent Price, David Hedison, Patricia Owens
  • Récompenses : Nominé à l'Hugo Award du Meilleur film dramatique (1959)

Suite à une négligence, un savant se retrouve, le temps d'une expérience, enfermé dans une machine à désintégrer en compagnie d'une mouche. Le résultat de l'expérience qu'il effectuait sur lui-même est qu'il se retouve moitié homme, moitié mouche.

Les critiques à propos de ce film

Critique de La mouche noire - Neumann’s land
Par : Damien Taymans




Hélène Delambre prévient son beau-frère en pleine nuit : elle vient de commettre l’irréparable en assassinant son propre mari (qui est le frère de celui qu’elle appelle, suivez un peu !). Après lui avoir écrasé la tête sous une presse, Hélène avoue avoir commis le meurtre de son regretté époux. Le crime parfait ? Certainement pas. Mais pourquoi donc Hélène a-t-elle assassiné celui qu’elle aimait ? Et pourquoi avouer ce crime aux autorités ? Et pourquoi accourt-elle au cul de toutes les mouches qui frôlent son espace vital ? Autant de mystères qui seront soulevés lors de l’étrange histoire de la veuve…

Basée sur une nouvelle de Geroges Langelaan parue dans la revue Playboy (à l’époque, y avait pas que de la fesse) en 1957, La mouche noire s’est hissée au fil du temps au rang de classique indétrônable. Ce statut, le métrage l’a incontestablement acquis dans sa poursuite d’un thème contemporain au moyen d’une narration originale. Alors que la fin des années 50 voit émerger nombre d’œuvres fantastiques et science-fictionnelles abordant de plein front les exagérations auxquelles nous mène la science (L’homme qui rétrécit), le métrage de Neumann se démarque de ses contemporains pseudo-scientifiques en adoptant une narration plus alambiquée, semblable à celles utilisées dans les nouvelles d’Edgar Allan Poe.

Dès lors, au lieu de tenter d’époustoufler les spectateurs par le biais d’effets spéciaux devenus indigestes (rappelons les monstres de Corman qui constituaient le seul attrait de ses œuvres), Neumann parie sur une horreur davantage atmosphérique sans pour autant être suggestive. Le réalisateur effectue un tour de force en présentant d’emblée le dénouement morbide qui touche André Delambre. Son sort funeste découvert, il faudra au spectateur patienter quelques minutes avant de découvrir les raisons de cet assassinat par le truchement du récit sous forme de flash back de la meurtrière. Exit le sensationnalisme habituel de ce genre d’œuvres. La mouche noire présente une intrigue embourgeoisée et affinée, à l’instar du couple phare : le savant fou a troqué sa blouse blanche pour un complet, sa chevelure hirsute pour une raie au milieu et sa folie dévastatrice pour un scientisme plus maniéré et élaboré.

Le dénouement n’en sera que plus marquant. Après avoir recouru à maints artifices pour susciter l’interrogation (André enfermé dans son labo, les lettres écrites qu’il glisse sous la porte, son visage recouvert par un voile noir), Neumann découvre enfin le visage du chercheur pris à son propre piège et accentue la terreur du spectateur en adoptant le point de vue de la créature qui prend la forme d’une multivision de son épouse hurlant d’effroi.

Malgré les répétitions qui entachent le métrage (les expériences du savant, tirées en longueur ou la course après la mouche à tête blanche faite de trop nombreuses péripéties), La mouche noire est incontestablement un classique à dévorer, ne serait-ce que pour les deux scènes traumatisantes qui le composent. Le métrage connaîtra, après deux suites peu avantageuses, un remake par David Cronenberg qui élèvera le thème au panthéon des métamorphoses horrifiques.


Oeuvres liées :

Le retour de la mouche (1959)
La malédiction de la mouche (1965)
La Mouche (1986)
La mouche 2 (1989)

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