Critique de film

Momie aztèque (La)

"La Momia azteca"
affiche du film
  • Genre : Fantastique- Momies
  • Année de production : 1957
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Rafael Portillo
  • Pays d'origine : Mexique
  • Durée : 1h20
  • Scénariste : Guillermo Calderón, Alfredo Salazar
  • Musique : Antonio Díaz Conde
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Ramón Gay, Rosa Arenas, Crox Alvarado, Luis Aceves Castañeda, Jorge Mondragón, Arturo Martínez,...
  • Récompenses : Aucune

Le Dr Almada, scientifique réputé, présente sa dernière avancée à un congrès de médecins. Selon ses théories fumeuses, l'hypnose permettrait de remonter le temps et de retrouver ses vies passées. Le docteur se heurte à l'incrédulité de son auditoire et se voit contraint de donner des preuves de ce qu'il avance. En se portant volontaire, sa fiancée Flora, se retrouve plongée aux temps des Aztèques. Malheureusement, une vieille malédiction va se réveiller. De plus, un mystérieux individu masqué, nommé la chauve-souris, espionne les travaux du docteur.

Les critiques à propos de ce film

Critique de La momie aztèque - Popoca se réveille...
Par : Quentin Meignant


Ce film est avant tout à voir comme une curiosité. Hybride entre le film de gangster, de savant fou et fantastique, La momie aztèque n’en reste pas moins le premier grand film de genre mexicain. Sans pouvoir rivaliser avec les grosses cylindrées américaines, Rafael Portillo a fait ce qu’il pouvait avec ses petits moyens financiers.

Le film créa une véritable sensation au Mexique, peu habitué à ce genre de métrage. Portillo, alors peu habitué à la réalisation, apporta tout le savoir faire qu’il avait emmagasiné dans les studios hollywoodiens, pour lesquels il travaillait souvent en tant que monteur dans les 40’s.

C’est sans doute pour cela que le film commence "à l’américaine". Fort ancré dans les polars noirs de l’époque, La momie aztèque commence à la façon d’un film de gangster : par une fusillade entre le méchant savant-fou surnommé Chauve-souris et des policiers clairement disposés à tuer.

« Oulà !, vous dites-vous, il en faut du courage pour voir pareille bêtises ! » Eh bien, pas tant que ça finalement, vous répondrai-je. Le film n’est pas trop long (1h20) et recèle pas mal de scènes qui, sans être palpitantes ni de grande qualité, font montre d’une certaine maîtrise dans le chef du réalisateur.

Ainsi, la captivante séance d’hypnose, qui permet à l’héroïne de voyager dans ses vies antérieures, donne un réel plus à l’aventure. On sait dès lors que cette dernière est lancée, et de quelle manière ! Rarement une séance d’hypnose (opération qui n’est pas vraiment palpitante) n’avait tenu autant en haleine. Malgré un noir et blanc pas toujours de bonne qualité, Portillo parvient à jouer avec son décor et à nous proposer une hypnose plus vraie que nature (malgré les clichés du genre) !

Par contre, là où le bât blesse affreusement point de vue décors, c’est au niveau de la reconstitution du temple aztèque ! Jamais dans l’histoire du cinéma un décor n’avait été aussi pauvre et l’on se surprend même à décrocher complètement du film par la faute de ce simple manque de créativité (et de moyens).

De plus, la scène de présentation du temple (et donc de l’histoire de la création de la momie) est bien trop longue et monotone que pour susciter un quelconque intérêt. On pourrait néanmoins avancer que les amateurs des rites aztèques s’y retrouvent, tout en se rendant bien compte que le manque d’originalité des costumes est aussi un grand frein à cette reconstitution.

Là où le film devient très intéressant, c’est dans l’élaboration de la personnalité des divers protagonistes, véritable cheval de bataille dePortillo. Entre Pinacate, véritable couillon aux dialogues savoureux (« -Tu es un homme, oui ou non ? - Non, je suis une souris ! »), et le docteur Chauve-souris, savant-fou qui s’avère être un Fantomas avant l’heure (il dispose d’une véritable milice et de gadgets à tomber par terre), Portillo nous régale et prend visiblement son pied à nous faire découvrir tant de personnages qui sortent totalement des sentiers battus.

Arrive alors Popoca, la momie, toujours prête à estourbir quelques êtres humains pour récupérer ce que les scientifiques lui ont dérobé. Cette momie arrive sans aucun doute un peu trop tard dans le film et plombe carrément l’ambiance d’un film qui, jusque là, était un simple polar passable aux réminiscences fantastiques.

Nous entrons alors dans une phase que Portillo essaie de faire passer comme horrifique mais qui prête clairement à sourire. Popoca est plus un mort-vivant qu’une momie (Aaaaah ! Rien ne vaut Prem de Dans les griffes de la momie, de John Gilling, d’un point de vue esthétique ) et déambule un peu partout sans jamais impressionner. Fort mal maquillé, ce revenant ne sert pas à grand chose et, hormis des grognements (mais pourquoi est-il si méchant ?) plutôt efficaces, nous laisse clairement sur notre faim.

Le dénouement est quant à lui totalement nul, avec l’arrestation d’un docteur Chauve-Souris que l’on imaginait tout de même un peu plus maléfique que cela et qui déçoit par son manque de résistance. Il est donc plutôt dommage de constater que Portillo a quelque peu bâcler la fin d’une histoire finalement attachante malgré ses énormes défauts.

Il est donc clair que La momie aztèque n’est pas le film mexicain du siècle, mais elle n’en reste pas moins une curiosité savoureuse, surtout de par ses défauts. A voir au deuxième (voire vingtième) degré, La momie aztèque est une oeuvre historique qui en fera sourire plus d’un.


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