Critique de film

Maison au fond du parc (La)

"La Casa sperduta nel parco"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 1980
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Ruggero Deodato
  • Pays d'origine : Italie
  • Durée : 1h31
  • Scénariste : Gianfranco Clerici, Vincenzo Mannino
  • Musique : Riz Ortolani
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : David Hess, Giovanni Lombardo Radice, Annie Belle, Christian Borromeo, Brigitte Petronio, Marie Claude Joseph
  • Récompenses : Aucune

Deux truands, responsables d'un trafic de voitures volées le jour, violent et tuent des jeunes femmes la nuit. Quand ils croisent la route d'un groupe d'amis et les suivent dans une maison isolée au fond d'un parc, les criminels ne savent pas ce qui les attend...

Les critiques à propos de ce film

Critique de La maison au fond du parc - Carnaval holocaust
Par : Damien Taymans


Alex et son fidèle compagnon un poil handicapé Ricky, deux truands qui sont à la tête d’un trafic de voitures volées, ne se limitent pas à ces seules activités néfastes. Ponctuellement, les deux amis font mumuse avec les jeunes femmes afin de leur retirer le voile délicat qui orne leurs parties intimes. Invités dans une soirée par un couple aux ennuis mécaniques récents, les malfrats s’en donnent à cœur joie pour faire passer une mauvaise soirée aux jeunes nantis…

Quelques mois après son cinglant Cannibal holocaust, Ruggero Deodato possède quelques cartouches dont il ne sait que faire. Un zeste de budget, quelques plans d’une New York nocturne, il n’en faut pas plus au cannibal king transalpin pour refondre le tout au service d’un nouveau projet surfant sur la vague du rape and revenge mise au goût du jour par le subversif opus de Wes Craven, La dernière maison sur la gauche. En guise de viatique, Deodato débauche David Hess, révélé dans le métrage cravenien en raison de son étonnant charisme qui transpire lors de séquences jusqu’au-boutistes. Un charisme tel que l’acteur hollywoodien, fraîchement débarqué dans le monde su septième art, impose sa loi sur le tournage, adoptant des attitudes de diva et, rapport de cause à effet, effaçant du même coup par sa large envergure que ne lui envieraient aucun albatros (dixit Charles enivré dans ses fleurs du mâle) le reste d’un casting trop scolaire composé d’adeptes du surjeu et de bellissimas non tropo.

Contrairement aux messages largement séditieux distillés par l’œuvre de Craven, le métrage de Deodato se cantonne en un huis clos sinistre à l’atmosphère anxiogène minée par un fixisme longuet. La révélation cravenienne de la bestialité humaine laisse place à une maladresse téméraire opérée par un couple de bouffons versant volontiers dans la violence et le sexe à défaut de se permettre autre chose. Plus d’affrontement viscéral, plus d’instincts incontrôlables, seul subsiste l’envie de démontrer sa supériorité en s’adonnant à des jeux divers peu enclins à ravir les spectateurs bourgeois de la soirée et les spectateurs neutres de la salle de ciné. L’incommensurable soif de vengeance, pierre angulaire du rape and revenge, se transforme chez Deodato en une docilité dissidente où chaque victime, visiblement consentante, tente accessoirement une modeste rébellion. Plus proche de la mise en scène de Haneke, l’œuvre se déploie dans une inertie pompante aux antipodes de celle ancrée dans le réalisme brut de Funny games. Dès lors, lorsqu’éclate au grand jour le pot aux roses, la surprise émerge et le retour réflexif sur l’ensemble du film devient incontournable, un retour censé faire ressurgir l’éclat d’une entreprise légèrement foirée, une nouvelle plongée dans les entrailles d’un joyau de façade qui ne contient au finale pas plus de carats qu’une vulgaire Swatch enrubannée.

Mix improbable entre La dernière maison sur la gauche et Funny games, La maison au fond du parc ne se veut ni détentrice d’un message irrévérencieux (les vengeurs aussi habités ques les huitres d’Alice aux pays des merveilles) ni empreinte de réalisme (la faute à une photographie bien trop travaillée qui dénote avec le message censé déranger et à une inertie filmique chiantissime). Que reste-t-il au final ? Une atmosphère travaillée, un David Hess en grande forme et quelques rares bonnes idées, trop rares que pour marquer durablement les esprits.

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