Critique de film

La Fiancée de Frankenstein

"Bride of Frankenstein"
affiche du film
  • Genre : Fantastique, Horreur
  • Année de production : 1935
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : James Whale
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h15
  • Budget : 397 000 dollars
  • Scénariste : William Hurlbut, John L. Balderston (scénario) / Mary Shelley (roman)
  • Musique : Franz Waxman
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  • Bande annonce
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  • Casting : Boris Karloff, Colin Clive, Valerie Hobson, Elsa Lanchester, Ernest Thesiger
  • Récompenses : Nominé à l'Oscar du Meilleur son en 1936

Devant les menaces du Docteur Pretorius le Docteur Frankenstein est obligé de fabriquer une compagne au monstre qu'il a crée et qui sème la terreur dans toute la région. Mais la créature prend peur en voyant le monstre. Celui-ci, fou de désespoir, détruit le laboratoire, ensevelissant ainsi sa fiancée et le Docteur Pretorius.

Les critiques à propos de ce film

Critique de La fiancée de Frankenstein - Et Dieu créa la femme...
Par : Damien Taymans


Non, la créature bâtie par les mains de Frankenstein n’est pas morte dans l’incendie du moulin. Elle est bien vivante et continue de hanter les alentours du village à la recherche de victimes et … d’une amie. Car derrière cette masse de chairs bat un cœur prêt à aimer si on lui cède une fiancée, une vraie, de celles qui font battre la chamade d’un seul coup de cils. Mission que veut accomplir le ténébreux docteur Pretorius qui rêve secrètement de construire une nouvelle race par l’union de ces deux êtres monstrueux…

Suite aux succès phénoménaux de Dracula et de Frankenstein, Universal se lança dans un nouveau projet horrifique rassemblant les deux icônes que sont Lugosi et Karloff. Une séquelle frankensteinienne qui ne verra jamais le jour au profit d’un retour aux sources littéraires avec cette Fiancée de Frankenstein. Pour introduire son intrigue et stigmatiser le retour aux sources livresques, James Whale a la brillante idée d’introduire le récit via une présentation de son auteure, Mary Shelley, qui nous conte de sa propre bouche (fort jolie d’ailleurs) la suite des aventures de la créature de Frankenstein. Une créature bizarrement absente, du moins dans la première partie du métrage où elle ne surgit que pour se délivrer des décombres du moulin afin d’attaquer les parents de la petite noyée du premier opus. Ensuite, le monstre laisse la place à l’énigmatique docteur Pretorius, rôle qui devait initialement revenir à Lugosi dans la séquelle d’origine. Excentrique et exubérant, Pretorius se pose comme le pendant obscur d’un Frankenstein plutôt timoré qui n’éprouve plus aucune passion pour la science depuis ses précédentes mésaventures. Il est aussi le pion majeur du nouvel échiquier de James Whale qui, suite aux pressions des studios afin qu’il reprenne en main cette suite, obtint carte blanche pour ce nouvel opus qu’il a peaufiné méticuleusement, le créant à son image.

Car, entretemps, Karloff et Whale se sont retrouvés sur Une étrange soirée, thriller acerbe baigné dans un humour noir propre au cinéaste. Verve humoristique, délires fantasmagoriques (les miniatures dans les bocaux présentées par Pretorius), La Fiancée de Frankenstein s’écarte providentiellement du pourtant magnifique premier épisode pour imposer sa propre force centrée sur un alliage foutrement réussi de l’humour et des frissons, à l’instar du récent Homme invisible du même Whale. Autre énorme changement : la créature quitte son mutisme pour s’essayer à quelques balbutiements enfantins (« Amie… ») avant de finalement prononcer des phrases complètes (à l’image de Conchita, ma concierge, mais c’est une autre histoire…). Lentement, la monstruosité évolue tout en conservant ses interrogations naïves. Davantage humanisé que dans le film de 1931, le colosse bricolé prend conscience de ses propres envies et semble même être capable de distinguer le Bien du Mal, ne cédant plus pour l’heure aux instincts carnassiers qui étaient les siens, s’aidant pour cela de la parole toute neuve qu’il vient d’acquérir et qui lui permet d’extérioriser son moi profond (« Seul. Mal. Ami. Bien. »).Et puis, en guise de nouvelle attraction, il y a la fameuse fiancée du monstre (campée par la sublime Elsa Lanchester), féminisation répugnante de la créature qui, instinctivement, s’en échappe à la simple vue de sa laideur dans une séquence éminemment tragique contrastant avec la légèreté des scènes précédentes.

La fiancée de Frankenstein s’inscrit dans la liste très select des séquelles qui dépassent leur modèle. A l’instar de la créature qu’il met en scène, le métrage évolue vers d’autres cieux, qu’ils soient humoristiques ou horrifiques pour atteindre un stade de perfection filmique (la mise en scène de Whale est grandiose) et scénaristique (des rebondissements à la pelle qui présentent autant une créature anthropomorphe que déshumanisée et oscillent continuellement entre humour noir et terreur glaciale) rarement égalé.

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