Critique de film

La Dernière vague

"The Last Wave"
affiche du film
  • Genre : Thriller fantastique
  • Année de production : 1977
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Peter Weir
  • Pays d'origine : Australie
  • Durée : 1h46
  • Scénariste : Peter Weir, Tony Morphett, Petru Popescu
  • Musique : Charles Wain
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Richard Chamberlain, Olivia Hamnett, David Gulpilil, Frederick Parslow, Nandjiwarra Amagula
  • Récompenses : Nominé comme meilleur réalisateur et meilleur film fantastique aux Saturn Awards 1980
    Meilleur Photographi (Russel Boyd) et Meilleure bande son à l'Australian Film Institute 1978
    Prix Spécial du Jury au Festival d'Avoriaz 1978
    Meilleur acteur (Richard Chamberlain ) au Festival de Sitges 1982

En quelques jours, l'Australie est frappée par plusieurs phénomènes atmosphériques étranges. David Burton y voit là les raisons rituelles d'un crime perpétré par des aborigènes.

Les critiques à propos de ce film

Critique de La dernière vague - Weir, master and commander !
Par : Quentin Meignant




Peter Weir est connu des cinéphiles contemporains pour avoir proposé à un large public les excellents Thruman Show et Master and Commander. Néanmoins, c’est dans un tout autre genre et à une toute autre époque que s’est tout d’abord distingué le réal australien. En effet, aux prémices de sa carrière, ce dernier se livra à quelques élucubrations fantastiques originales qui le rendirent célèbre. Après l’insolite Les voitures qui ont mangé Paris qui révélèrent toute l’originalité de son travail, Weir remporta un franc succès avec le très stylé et envoûtant Pique-nique à Hanging Rock. Porté aux sommets du box-office australien et encensé par la critique internationale, le cinéaste des antipodes s’attela alors à La dernière vague qui constitua la confirmation de son indiscutable talent. Encensée par la critique internationale, nominée aux Saturn Awards dans les catégories meilleur film fantastique et meilleur réalisateur et couronnée à Avoriaz et Sitges, l’œuvre du cinéaste reste à l’heure actuelle son plus grand succès. Des phénomènes atmosphériques hors du commun se manifestent en Australie. Ils seraient annonciateurs d’un prochain cataclysme selon les aborigènes du pays. David Burton, avocat, y voit alors une raison suffisante pour défendre des aborigènes qui ont perpétré un crime rituel.

Tout au long de sa carrière, Peter Weir fit preuve d’un certain mysticisme et d’un attachement fort à la cause aborigène, parsemant ses films d’éléments culturels troublants et assez significatifs, mais jamais le réalisateur n’avait donné une telle valeur à son sujet de prédilection. Citée explicitement dans le pitch et omniprésente dès l’entame du métrage, la peuplade autochtone acquiert, dans La dernière vague, une importance capitale. Dès lors, comme lors de ses œuvres précédentes, Weir emmène le spectateur dans un monde surréaliste où tradition et modernité font bon ménage.

Sans jamais se départir d’un mysticisme totalement prégnant et faisant preuve d’une certaine inventivité dans le traitement des nombreux plans fixes, Weir attache une importance particulière au développement de la puissance de l’ensemble. Ainsi, l’impact apporté au récit par une chose aussi courante que l’eau offre un spectacle profond et touchant, y ajoutant de plus une beauté formelle de qualité supérieure. Près de 21 ans avant Tsai Ming-liang et son étonnant The Hole (aka Dong), c’est une véritable chape de plomb qui tombe sur l’œuvre, rendant l’ambiance lourde et obnubilante, traumatisante et attachante. Sans avoir l’air d’y touche, Weir développe donc une véritable œuvre puissante et profonde qui prend aux tripes jusqu’à un final apocalyptique étourdissant.

Sans jamais que le film ne déprécie, Peter Weir parvient à en ralentir le rythme et à installer une ambiance phénoménale, à l’image de son œuvre toute entière. La dernière vague est bien plus que la consécration d’un cinéaste, elle constitue surtout une œuvre de choix difficilement égalable dans son domaine, et d’ailleurs jamais égalée jusque là. Rendre diabolique l’eau, symbole de la vie, tenait véritablement de la gageure, mais Weir est un dieu du cinéma et a déchaîné la tempête dans nos esprits !

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage