Critique de film

La Conquête de la Planète des Singes

"Conquest of the Planet of the Apes"
affiche du film
  • Genre : Action, Science-fiction
  • Année de production : 1972
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : J. Lee Thompson
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h28
  • Budget : 1,7 millions de dollars
  • Scénariste : Paul Dehn, Pierre Boulle
  • Musique : Tom Scott
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Roddy McDowall, Don Murray and Ricardo Montalban, Natalie Trundy, Hari Rhodes, Severn Darden, Lou Wagner,John Randolph
  • Récompenses : Aucune

En 1990, les animaux domestiques et le personnel de service ont disparu au profit des singes-esclaves. Mais ces derniers se révoltent et prennent le pouvoir, sous l'impulsion de Caesar, le fils de Cornélius et Zira...

Les critiques à propos de ce film

Critique de La conquête de la planète des singes - Un épisode conquérant
Par : Damien Taymans


A l’instar du Secret de la planète des singes, les premières images de ce quatrième volet émanent de l’épisode précédent. L’objectif est de rappeler quelques menus faits facilitant la compréhension de l’intrigue pour pas un rond. Le couple simiesque qui a ému l’Amérique entière est dramatiquement passé de vie à trépas, laissant un orphelin baptisé Milo, en hommage à leur compagnon de route qui les a menés dans le passé. Aujourd’hui, Milo, devenu César, a la vingtaine bien faite et a connu une éducation raffinée dans la paille du cirque d’Armando. Le chimpanzé constate que le monde des hommes a transformé ses congénères en esclaves domestiqués dans le seul but de servir l’homme. Confinés dans des geôles, soumis à un conditionnement sauvage, séquestrés et torturés, les nouveaux animaux de compagnie rasent les murs dans cette Amérique totalitaire dont les méthodes s’apparentent à celles des nazis.

La conquête de la planète des singes renoue avec la fibre politique des deux premiers films. J. Lee Thompson (Les canons de Navarone, Les nerfs à vif), premier choix d’Arthur Jacobs en 1968, reprend le flambeau de cette nouvelle aventure simiesque et, avec brio, malgré un budget en constante diminution, crée un succédané convaincant de la superproduction que constituait quelques années plus tôt le premier volet. César, Spartacus simiesque, provoque la révolte des siens contre le despotisme humain : il soulève ses armées, leur donne les armes et, en grand stratège, défie les bipèdes et leurs cohortes policières. Si la saga débutait dans un apparat de western ("graffiti" comme le signalait Heston), La conquête de la planète des singes est un péplum moderne apte à attribuer au personnage de César un accessit au panthéon des gloires antiques. L’inversion des rôles préconisée par le scénariste Paul Dehn dans le précédent opus atteint son paroxysme : seul le personnage de McDonald rachète un tant soit peu une humanité antisémite (au sens étymologique du terme) par choix, lâche de confession, qui trouve dans le personnage du gouverneur la plus parfaite illustration.

Cet acte de rébellion à l’écran se veut allégorique par rapport à un contexte bien réel d’une Amérique profondément meurtrie : les émeutes raciales qui ont frappé les métropoles ont durablement marqué les esprits et le règne de la peur et de l’ostracisme que dépeint le film de Thompson fait d’autant plus écho à cette période délicate que le seul allié politique humain de César est lui-même un Noir. Un sous-texte traité avec force précautions, notamment lors du dénouement teinté d’espoir quant à al possibilité de cohabitation entre les deux races dominantes de la planète.

Frôlant à certains moments la démagogie, forçant à certains égards un peu trop le manichéisme (en calquant certains éléments du régime nazi), La conquête de la planète des singes évolue idéologiquement sur le fil. Qu’importe puisque cette troisième séquelle est indubitablement l’œuvre la plus convaincante depuis le mètre-étalon de Schaffner : mieux construit et plus vraisemblable que le deuxième volet, plus caustique et spectaculaire que le troisième volet, La conquête de la planète des singes aura enfanté, avec César (auquel Roddy McDowall prête ses traits, après avoir interprété Cornélius à deux reprises), d’un nouveau digne représentant de l’espèce simiesque.


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