Critique de film

La Bataille de la Planète des Singes

"Battle for the Planet of the Apes"
affiche du film
  • Genre : Action, Science-fiction
  • Année de production : 1973
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : J. Lee Thompson
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h33
  • Budget : 1,8 millions de dollars
  • Scénariste : Pierre Boulle, Paul Dehn, John William Corrington, Joyce Hooper Corrington
  • Musique : Leonard Rosenman
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Roddy McDowall, Claude Akins, Natalie Trundy, Severn Darden, Lew Ayres, John Huston, Paul Williams, Austin Stoker
  • Récompenses : Aucune

Sur la Terre dominée par des singes, Caesar, pacifique, doit affronter le général gorille Aldo. Mais une autre menace fait son apparition : des mutants commandés par le gouverneur Kolp.

Les critiques à propos de ce film

Critique de La bataille de la planète des singes - La guerre des mondes
Par : Damien Taymans


Jack Lee Thompson, après avoir conquis la planète des singes, se lance dans l’ultime bataille qui doit affronter deux clans des bipèdes qui dominent la nature : les singes et leurs descendance humaine. Le budget étant une nouvelle fois revu à la baisse, le déluge d’effets pyrotechniques espéré n’aura pas lieu. La saga sent le sapin, financièrement et narrativement. L’histoire tend en effet à boucler définitivement la boucle en se focalisant sur l’affrontement tant attendu et annoncé depuis le premier volet. D’un côté, César a érigé une nouvelle forme de civilisation où humains et singes cohabitent, pour reprendre le cri d’amour du crapaud. Mais dans cet Eden autarcique subsistent des impies qui préfèrent au credo soixante-huitard son contraire, à savoir "Faites la guerre, pas l’amour". A la tête de ce schisme, Aldo et sa tripotée de potes gorilles qui montent au créneau et réclament des armes. De l’autre côté, stagnant dans la Cité interdite (à savoir les vestiges de la métropole de l’épisode précédent, décimée par la bombe atomique), les derniers représentants humains désirent éradiquer de la surface terrestre toute bête à poil et reprendre ainsi le contrôle de leur planète chérie.

Pour parvenir à la bataille évoquée dans le titre, Paul Dhen (encore lui !) tisse, sans la moindre inspiration, un récit liminaire d’une heure dont la seule légitimité repose sur la présentation des deux camps en présence. Le manichéisme demeure roi : César, sage parmi les sages, est assisté de son ami-philosophe Virgil qui prodigue de précieux conseils au régent et parsème sa route de mille et une pensées fleuries tandis que le félon Aldo fomente dans son coin, détruit le bâtiment scolaire de fortune érigé par les hommes de la communauté et va même jusqu’à blesser Cornélius, l’héritier du trône. Élagué de toute équivocité potentielle, débarrassé de ses sous-texte sociologico-antrhopologico-politiques, La bataille de la planète des singes sonne le glas d’une franchise de moins en moins lucrative qui peine désormais à s’extraire du carcan oppositionnel érigé durant les quatre premiers épisodes.

Faisant suite à l’épisode le plus caustique (et l’un des plus réussis) de la saga, La bataille de la planète des singes est une œuvre de pur divertissement, aseptisée au maximum, dont l’objectif est de clore l’exploitation simiesque par l’incontournable guè-guerre. Or, le tableau de l’affrontement lui-même manque de couleurs : une trentaine de comédiens à peine, perdus dans l’immensité de décors que Thompson s’échine à balayer, au gré d’une mise en scène frénétique en guise de cache-misère, font la nique aux superproductions en repassant à l’écran pour figurer la multitude et en s’employant au mieux à rendre cette pétarade sensationnelle. Cet ultime volet pâlot scelle le sort d’une franchise désormais condamnée à revenir à ses origines pour susciter l’intérêt...


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