Critique de film

Route (La)

"The Road"
affiche du film
  • Genre : Science-fiction, Horreur
  • Année de production : 2009
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : John Hillcoat
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h59
  • Scénariste : Joe Penhall, Cormac McCarthy
  • Musique : Nick Cave, Warren Ellis
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Viggo Mortensen, Charlize Theron, Guy Pearce, Garret Dillahunt, Robert Duvall, Molly Parker, Michael K. Williams, Kodi Smit-McPhee, Brenna Roth,...
  • Récompenses :

Le monde a été dévasté suite à une explosion nucléaire. Les rares survivants étant devenus des cannibales affamés, un père tente par tous les moyens de mettre son fils à lâ

Les critiques à propos de ce film

Critique de La Route - Marche ou crève
Par : Samuel Tubez


La fin du monde sur grand écran, c’est le top du top vous dira Roland Emmerich. On peut se lâcher à tout faire péter sans se soucier un instant du facteur humain. Heureusement pour nous, spectateurs consciencieux, la fin du monde c’est aussi l’occasion pour d’autres réalisateurs moins opportunistes de fouiller dans les méandres de chaque être pour en faire ressurgir les parts les plus sombres. L’adaptation de The Road de Cormac McCarthy (Méridien de sang, No country fot old men) est bien sûr de cet acabit.

Du jour au lendemain, le monde tel qu’on le connaît a changé. La faune et la flore ont disparus, les immeubles se sont effondrés et la terre a brûlé. Les derniers survivants rôdent à la recherche de la moindre nourriture, allant même jusqu’à l’extrême pour survivre. Au cœur de ce paysage dévasté où l’humanité est redevenue pure barbarie, un père et son jeune fils errent, poussant devant eux un caddie contenant les vestiges de leur vie antérieure. Voulant rejoindre la côte, le père s’efforce de rester debout pour son enfant, sa seule lueur d’espoir dans ce monde apocalyptique des plus alarmistes.

A la fin de The Road de John Hillcoat (The proposition, toujours pas sorti par ici), on a bien conscience que l’apocalypse, ça n’a rien de fun. Ici, nulle baston cool à la Mad Max ni explosions spectaculaires ne viennent sauver le spectateur de cette noirceur terrifiante et inéluctable qui imprègne la pellicule. La beauté surgit parfois de quelques plans de paysages dévastés où plane la magnifique musique de Nick Cave, mais elle est sombre, toujours sombre. En guise de frissons : une plongée dans une cave jonchée de corps agonisants. L’instant émotion : un père qui apprend à son fils comment se suicider. Tétanisant. Une telle noirceur nous projette à mille lieues du tout-venant hollywoodien, et c’est tant mieux. Même la belle gueule de l’excellent Viggo Mortensen (ainsi que celle de Guy Pearce) en pâtit. L’acteur trouve d’ailleurs ici l’un de ses rôles les plus forts en endossant le rôle de ce père protecteur au destin funèbre. Oserez-vous vous rendre dans une salle obscure pour partager sa tristesse et son parcours désenchanté ? Je l’espère, parce que Avatar c’est bien, mais il y a d’autres films remarquables qui sortent et ce serait dommage de les laisser filer…

Malgré son rythme lent et la quasi-absence de scène d’action, les plus sensibles (et les plus ouverts) traverseront cette Route les larmes aux yeux et le cœur palpitant, à l’image de son émouvant interprète principal. Pas besoin de budget faramineux pour surprendre ou bouleverser, quand on fait de l’art, c’est avant tout le talent qui doit primer. Et The Road n’en manque pas, que ce soit devant ou derrière la caméra.


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