Critique de film

Rose de Fer (La)

"La Rose de Fer"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Psychologique
  • Année de production : 1973
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Jean Rollin
  • Pays d'origine : France
  • Durée : 1h26
  • Scénariste : Tristan Corbière (Poème), Jean Rollin, Maurice Lemaître
  • Musique : Pierre Raph
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Françoise Pascal, Hugues Quester, Nathalie Perrey, Mireille Dargent, Michel Delesalle, Jean Rollin
  • Récompenses : Aucune

Lors d'un mariage , l'un des invités et une demoiselle sortent et se parlent. Ils se donnent un rendez-vous pour le jour suivant. Le lendemain, ils se retrouvent et vont se promener dans le cimetière voisin . Après avoir fait l'amour dans un tombeau, ils remontent à la nuit tombée. Ils se perdent alors dans le cimetière pendant que la folie les guette...

Les critiques à propos de ce film

Critique de La Rose de Fer - La folie poétique de Rollin...
Par : Quentin Meignant


Jean Rollin… Ce simple nom suffit à faire rêver certains, à faire se hérisser les poils d’autres ou encore à provoquer une vraie foire d’empoigne au sein des critiques ! En effet, quoi qu’on en dise, le réalisateur français ne laisse personne indifférent.

Souvent qualifié d’ « artisan » du cinéma de genre, l’ami Jean n’hésite jamais à lancer un pavé dans la marre et, malgré de très petits budgets, il parvient toujours à créer le débat, à surprendre son public…

Nombreux sont les critiques qui, depuis 1968 (année de sortie du Viol du Vampire), disent ne pas comprendre le cinéaste et donc ne pas l’apprécier. Certes, Rollin n’est pas le réalisateur le plus compréhensible de sa génération et il faut parfois s’armer de patience pour comprendre un traître mot de ce qui se passe sous nos yeux,…

… Mais il n’en reste pas moins l’un des plus grands artisans du genre en France. Il mérite donc tout à fait qu’autant de gens s’attardent à ses œuvres, même si, parfois, ce n’est pas de gaieté de cœur !

La Rose de Fer ne fait en tout cas pas exception à la règle et Rollin nous le fait sentir dès le départ : de longs plans fixes d’une femme qui découvre une rose de fer sur une plage, le tout sur une musique douce mais inquiétante, voici ce qui nous est proposé d’entrée de jeu.

Cette scène à la photographie particulièrement magnifique fait d’emblée acquérir au film la dimension poétique que recherchait Rollin. Eloignant petit à petit sa caméra de l’actrice, il parvient à nous donner une impression de tranquillité, de soulagement, notamment par une plongée somptueuse, visiblement prise d’une falaise…

Il enchaîne ensuite par une multiplication de plans de quartiers défavorisés pris en plein brouillard. C’est sans aucun doute sa manière à lui de nous replacer devant la dure réalité, celle du quotidien, celle qui nous éloigne du moment de pérennité précédent.

Tout au long du film, Rollin ne cessera de nous faire éprouver ces sentiments divers. En marchant sur le fil séparant bonheur et malheur, liberté et emprisonnement, il parvient à nous faire chavirer en pleine folie, en même temps que ses personnages.

Tout d’abord, il nous présente l’irrévérence des vivants, cette liberté totale qu’éprouvent les jeunes des 70’s par rapport à toutes les règles de la société : on pique-nique sur une tombe puis on fait l’amour à l’intérieur, le tout sans trop s’en faire.

Pendant ce temps, Rollin nous propose un défilé complètement incompréhensible de personnages tels qu’un clown ou un homme vêtu de fourrure, qui n’ont rien à faire là mais qu’il a décidé d’introniser dans son scénario. C’est un grand classique pour le réalisateur qui n’en est pas à son premier coup du genre, ayant même multiplié ce type d’apparitions dans Requiem pour un Vampire.

Mais voilà, sur ces entrefaites, la nuit est tombée, empêchant totalement nos deux héros de sortir du cimetière. C’est alors que le thème même du film se fait jour en même temps que des dialogues de plus en plus poétiques : « Je préfère l’amour de la vie à l’amour de la mort » est sans aucun doute le thème principal du début des errances du couple dans le cimetière.

Néanmoins, petit à petit, Rollin inverse totalement les codes de son film et ses personnages acquièrent tous les deux des caractères opposés : l’homme, ancien poète, a peur de la mort, tandis que la femme qui se transforme en poétesse qui voit la liberté dans la mort.

Ceci donne lieu à des scènes qui, si elles ne sont pas vraiment efficaces, sont d’une poésie rare, remettant totalement en question les thèses de la première partie. C’est à ce moment d’ailleurs que l’on constate réellement la qualité exceptionnelle des dialogues, tandis que la sublime Françoise Pascal prouve indéniablement qu’elle possède un immense talent.

Son interprétation de la scène d’amour (quel pervers je fais !) est proprement…. excitante tandis que sa déclamation du poème de Tristan Corbière est d’une grâce qui émeut immanquablement.

Malgré ces indéniables qualités, La Rose de Fer ne plaira bien entendu qu’à très peu de monde, comme tout film de Jean Rollin qui se respecte… La bande son est sans doute l’une des plus exécrable de l’histoire tant les défauts d’enregistrement sont nombreux. Les bruits de fond sont assourdissants alors que les dialogues sont à peine audibles.

Bref, les fans d’action ou d’horreur doivent absolument s’abstenir face à une telle œuvre. Par contre, les cinéphiles et les amateurs de cinéma d’auteur trouveront leur bonheur dans cette Rose de Fer décidément bien plus profonde qu’il n’y paraît ! Un bon Jean Rollin, ça fait plaisir parfois…

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