Critique de film

La Chambre des morts

"La Chambre des morts"
affiche du film
  • Genre : Thriller
  • Année de production : 2007
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Alfred Lot
  • Pays d'origine : France
  • Durée : 1h55
  • Scénariste : Alfred Lot (scénario), Franck Thilliez (roman)
  • Musique : Nathaniel Mechaly
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Mélanie Laurent, Eric Caravaca, Gilles Lellouche, Jonathan Zaccaï, Céline Sallette
  • Récompenses : Prix Lumiere du Meilleur scénario en 2008

En pleine nuit, au beau milieu d'un champ d'éoliennes, deux informaticiens au chômage renversent un homme surgit de nulle part. A ses côtés, un sac rempli de billets. Voleur ? Trafiquant ? Peu importe. Deux millions d'euros, là, à portée de main. Aucun témoin. Que faire ? Appeler la police ou profiter de l'occasion? Vigo et Sylvain ne tardent pas à se décider. Le lendemain, dans un entrepôt à quelques mètres des lieux de l'accident, la police retrouve le corps de Mélodie, une fillette aveugle. Et si l'argent était destiné à payer sa rançon ? L'assassin a-t-il vu les chauffards ? Puis une autre gamine est kidnappée. Diabétique cette fois-ci. Ses heures sont comptées. Et la panique commence à s'installer chez les policiers de Roubaix, peu équipés pour élucider de tels crimes. Aidée du lieutenant Norman, un collègue très prévenant, Lucie, une jeune brigadier de 26 ans, va participer à sa première grande enquête...

Les critiques à propos de ce film

Critique de La Chambre des morts - Silence of the monkeys
Par : Damien Taymans


Il est indéniable que le cinéma français se montre assez représentatif dans le genre du film policier. Cependant, ce penchant devient de plus en plus péjoratif dans la bouche de cinéphiles qui comparent bien souvent le polar cinématographique hexagonal aux séries neuneus quotidiennement distillées à la téloche. A côté des films qui arborent un style télévisuel indigeste de sorte à se voir transformés en un épisode de Julie Lescaut de deux heures (quelle horreur !), existent quelques polars dont la noirceur n’a d’égal que leur talent à poursuivre une intrigue probante et surprenante. Ces exemples, peu nombreux, s’érigent comme les derniers porte-paroles d’un genre trop souvent écorné par les trop nombreuses productions du petit écran. A l’instar des Rivières pourpres, de Ne le dis à personne ou encore du Couperet, La Chambre des morts tente de se faire une place au panthéon des polars fransquillons.

Deux chômeurs, Sylvain et Vigo, s’offrent un tour de manège gratis en faisant éclater le compteur kilométrique de leur BM. Pourtant, au milieu de cette course folle se dresse une silhouette que les deux chauffards ne peuvent éviter. Le cadavre gît sur le sol, une valise remplie de deux millions d’euros (à peine le smic d’Euromillions) à côté de lui. Décidés à empocher l’argent, les deux comparses cachent le corps, non sans avoir effacé leurs traces au préalable. Le lendemain, le cadavre d’une petite gamine aveugle est découvert par la police. L’argent dérobé était en réalité la rançon permettant la libération de la petite fille…

Tirée du roman éponyme de Franck Thilliez, l’histoire de La Chambre des morts prend ses racines dans le département du Nord-Pas-de-Calais, territoire brumeux aux accents mélancoliques, reflet géographique de l’intrigue dramatique qui se trame. Désireux d’une rupture avec les habituels polars aux enquêtes classiques, Alfred Lot mélange habilement le thriller avec le film intimiste par le biais de séquences se focalisant sur le personnage torturé de Lucie impeccablement interprété par la jeune Mélanie Laurent. Faisant son chou gras du politiquement correct dans lequel le panorama cinématographique français est depuis trop longtemps baigné, Lot ne lésine pas sur les images brutes, proposant bon gré mal gré une masturbation féminine, des fillettes handicapées emprisonnées et des opérations illicites sur des petits singes bien affectueux.

La mise en scène naturaliste de Lot permet de coller au plus près de la faune hétéroclite qui parsème le métrage, transformant chaque personnage en un chaînon essentiel de l’intrigue quel que soit le rôle qu’il y joue. Ainsi, le métrage convole d’individus en individus pour en butiner certains moments de vie. En résulte un découpage abrupt aux consonances sérielles qui nuit gravement à la cohérence de l’ensemble miné par un montage abscons et une pluralité de situations diverses.

Les emprunts maladroits de Lot au Silence des agneaux de Demme orienteront le film vers un dénouement quasiment semblable à celui du modèle évoqué (la jeune recrue, le serial-killer, la descente de la police en parallèle à l’avancée de Lucie au sein de cette antre baroque), substituant du même coup le polar au serial killer sans que la tension instaurée dans l’œuvre de Demme ne s’en ressente pour autant, le sentiment d’urgence à peine effleuré semblant depuis longtemps peu crédible.

La Chambre des morts s’appuie essentiellement sur son héroïne évoluant dans cette atmosphère glauque superbement dessinée. La tentative d’américanisation flagorneuse à défaut d’être efficace nuit considérablement à ce film qui semble reléguer ses origines au caniveau en essayant de se dresser maladroitement comme un calque de ses modèles.

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