Critique de film

Incroyable Alligator (L')

"Alligator"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Animaux tueurs
  • Année de production : 1980
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Lewis Teague
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h31
  • Scénariste : John Sayles, Frank Ray Perilli
  • Musique : Craig Hundley
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Robert Forster, Robin Riker, Michael V. Gazzo, Dean Jagger, Sydney Lassick,...
  • Récompenses : Nominé au Saturn Award du Meilleur Scénario 1981

A la fin des années 1960, un couple achète, pour faire plaisir à leur petite fille, un bébé alligator. Mais ces parents se lassent vite de cet animal, et le père le balance dans les toilettes du domicile familial avant de l'expédier, d'un coup de chasse d'eau, dans les égouts de Chicago. Les années passent... Des hommes commencent à disparaître dans les égouts, dont on ne retrouve plus que des morceaux déchiquetés. Le policier David Madison mène l'enquête...

Les critiques à propos de ce film

Critique de L’incroyable Alligator - Chicago en eaux troubles
Par : Quentin Meignant


Pur produit de la firme New World Picture chère à Roger Corman, Lewis Teague prit son indépendance peu après son excellent travail dans la seconde équipe de La Course à la Mort de l’An 2000. Le cinéaste se signala par diverses petites productions passées plutôt inaperçues avant de s’attaquer à L’incroyable Alligator, métrage d’un genre fortement en vogue à l’époque, les animaux tueurs à tendance mutante. Si ce type de cinéma n’est pas du style à engranger une foule de récompense, son Incroyable Alligator fait rapidement le tour des festivals les plus prisés et, mieux encore, est nominé aux Saturn Awards dans la catégorie du meilleur scénario. Basé sur une idée de départ de Franck Ray Perilli développée par la suite par John Sayles (Piranhas), L’incroyable Alligator prend place dans la grande ville de Chicago, où un couple acquiert un bébé alligator pour faire plaisir à leur fils. Le père de famille se débarrasse bien vite du saurien à coups de chasse d’eau et l’animal atterrit directement dans les égouts pollués de la ville. Bien des années plus tard, des hommes disparaissent et sont retrouvés affreusement mutilés.

Dès le premier plan, Lewis Teague parvient à traduire au mieux le caractère énigmatique de l’animal mis à l’honneur par son film. Usant d’image documentaires en très gros plans sur l’œil d’un alligator, le cinéaste instaure une tension là où, pourtant, le spectateur n’assiste qu’à la visite d’un zoo (qui bien entendu dégénère). Dès lors, malgré l’usage de prothèses plastique arborant d’emblée le manque de moyens de l’œuvre, L’incroyable Alligator démarre tambour battant, faisant preuve d’un humour assez macabre, mais surtout, ne s’éternisant pas sur un flash-back un peu inintéressant. Le métrage entre en effet assez rapidement dans le vif du sujet et met en avant ses originalités scénaristiques.

Là où nombre d’œuvres de cette époque se bornaient à mettre en scène les méfaits d’un animal ultra-violent, L’incroyable Alligator se décline tout d’abord comme un ensemble écologiste, une véritable critique d’être humain et des effets de sa science sur son environnement. Cet élément habilement développé suffit à lui seul à justifier les massacres perpétrés par le gigantesque saurien, qui n’aura de cesse de démantibuler un maximum d’hommes sous l’œil expert de Lewis Teague. Ce dernier ne laisse en effet passer aucune occasion de montrer ses qualités de metteur en scène, faisant rapidement oublier le manque de moyens par un montage totalement efficaces. Si le « monstre » ne se laisse qu’entrevoir, son efficacité n’est nullement remise en question tant le cinéaste parvient à jongler entre les différents plans, le paroxysme de l’horreur étant atteinte avec le dépeçage sanguinolent d’un jeune enfant. Dès lors, hormis une propension un peu trop flagrante à s’intéresser aux aventures et autres frasques d’un policier (incarné avec classe par Robert Forster), le métrage suit son cours agité jusqu’à un final empli de suspense.

Bien plus que n’importe quel autre film traitant de gigantesques sauriens, L’incroyable Alligator parvient à justifier son propos par un véritable contenu et une réflexion sociologique assez poussés. Sans sombrer dans un quelconque intellectualisme, l’œuvre de Lewis Teague laisse aussi entrevoir quelques belles réussites visuelles malgré un budget plus que réduit.


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