Critique de film

L'Etrange créature du lac noir

"Creature from the black lagoon"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Monstres
  • Année de production : 1954
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Jack Arnold
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h19
  • Scénariste : Harry Essex, Maurice Zimm, Arthur A. Ross
  • Musique : Henry Mancini, Hans J. Salter, Herman Stein
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Richard Carlson, Julie Adams, Richard Denning, Antonio Moreno, Nestor Paiva
  • Récompenses : Aucune

Une équipe de paléontologues traque une étrange créature en Amazonie jusqu'au fond du lagon où elle vit.

Les critiques à propos de ce film

Critique de L’étrange créature du lac noir - Vive les monstres Universal !
Par : Quentin Meignant




Dans le panel glorieux des monstres créés par les studios Universal (L’homme invisible, Le loup-garou, la créature du Dr. Frankenstein, Dracula,…), il en existe un qui a moins marqué les annales du cinéma que ses immenses prédécesseurs. Il s’agit de L’étrange créature du lac noir qui vit le jour en 1954, après le véritable âge d’or des monstres en tous genres. Le postulat de départ du métrage, fortement influencé par les découvertes biologiques de l’époque (la découverte du coelacanthe que l’on croyait disparu depuis des millénaires), a pourtant de quoi interpeller. La découverte du fossile d’un homme poisson, véritable cousin de l’homme, pousse des scientifiques à s’engager en pleine jungle. Ils sont loin de se douter qu’une autre créature, bien vivante, les guette et tombe peu à peu amoureuse de l’une des aventurières.

Ce scénario, largement inspiré de La belle et la bête et du mythe fantastique de King Kong, revisite donc les plus grands succès du cinéma fantastique d’un autre temps en les plaçant dans un décor exotique hautement appréciable. Le dépaysement est de mise dès les premiers instants du film par le biais d’une photographie de qualité, objet de toute l’attention de William E. Snyder. Nous proposant un lac noir d’une beauté sans pareil et une grotte dépouillée de tout élément mettant en valeur la puissance de la créature, ce dernier offre au réalisateur, Jack Arnold, tout le loisir de nous offrir une œuvre d’exception.

Et c’est donc sans aucun problème que le cinéaste s’exécute. Alternant entre de majestueux plans larges et des gros plans déroutants de la main du monstre tentant de s’emparer des humains, Arnold parvient à ménager surprises et sursauts sans aucun problèmes. Sans nous dévoiler de suite la physionomie de son monstre, il parvient d’emblée à le rendre effrayant. C’est ainsi que, lorsqu’on découvre la créature tout entière (un homme dans un costume de monstre très basique), on se rend compte que la puissance qui se dégage de celle-ci est bluffante. Les gestes du monstre et la capacité d’Arnold à nous proposer un montage rythmé permettent au film à ne pas sombrer dans un ridicule pourtant presque inévitable.

Mais en plus de ces énormes qualités scéniques, les thèmes abordés par le réalisateur viennent encore ajouter de la profondeur à l’œuvre. Les intrications entre le romantisme transpirant de la pellicule dès les premiers moments et la thèse écologiste se révèlent alors. Tout en gardant son statut de monstre, la créature devient émouvante jusqu’à un final grandiose à la mise en scène exceptionnelle.

Suivant une ligne de conduite plutôt originale, L’étrange créature du lac noir monte en puissance pour s’imposer comme le chef-d’œuvre qu’il est. Rarement dans l’histoire du cinéma une créature avait autant ému. Avec ce film Jack Arnold a créé un véritable mythe, hélas trop souvent éclipsé par les autres légendes des studios Universal.


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