Critique de film

Justine de Sade

"Marquis de Sade: Justine"
affiche du film
  • Genre : Aventures
  • Année de production : 1969
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Jesus Franco
  • Pays d'origine : Italie, Allemagne de l'Ouest
  • Durée : 1h30
  • Scénariste : Harry Alan Towers, Marquis de Sade (roman)
  • Musique : Bruno Nicolai
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Klaus Kinski, Romina Power, Maria Rohm, Rosemary Dexter, Carmen de Lirio, Akim Tamiroff, Gustavo Re, Mercedes McCambridge, Serena Vergano,...
  • Récompenses : Aucune

A la mort de leurs parents, Justine et Juliette se voient livrées à elles-mêmes. Sans argent, Juliette décide bien vite de vendre son corps tandis que Justine découvre avec peine la sauvagerie du monde extérieur. Un long chemin de perversion l'attend alors...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Justine de Sade - Pauvre Marquis
Par : Quentin Meignant




Jess Franco nous a toujours habitué à mettre en scène des histoires pseudo-érotiques à deux sous où règne une perversion plutôt minime. Avec des œuvres aussi variées qu’Ilsa, ultimes perversions, Les avaleuses, Sadomania ou Une vierge chez les morts-vivants, le réalisateur espagnol a exploré le domaine de fond en comble.

Aussi, ce n’est pas vraiment une surprise de retrouver Franco aux manettes d’une adaptation d’un roman du Marquis de Sade : « Justine ou les malheurs de la vertu ». Pour cette première adaptation (d’autres suivront, comme Eugénie ou Eugénie, histoire d’une perversion), le cinéaste s’entoura de l’une de ses égéries, en la personne de Maria Rohm, et de Klaus Kinski, star reconnue dans le monde du cinéma de genre.

Tout ce petit monde encore aidé par le tout grand Jack Palance pouvait donc donner lieu à une agréable adaptation bien dérangeante comme il faut. Hélas, c’est bien mal connaître Franco : le bonhomme, habitué à jouer avec la censure, édulcore toujours un peu (trop) ses œuvres afin que celles-ci soient tout de même distribuées.

Pourtant, tout commence plutôt bien avec la vision du Marquis de Sade en train d’écrire, en prison, les aventures de Justine, jeune fille perdue dans un monde fait de perversion. Le marquis, interprété à merveille par Klaus Kinski, donne véritablement une impression de folie au début du film.

Cette entame prometteuse est encore soutenue par une bande originale torturée juste ce qu’il faut pour faire ressortir toute la puissance d’un décor gothique plutôt bien réussi. Les visions de femmes nues et attachées avec du sang coulant sur leur poitrine a quelque chose d’excessivement dérangeant qui promet vraiment beaucoup.

Hélas, dès les séquences suivantes, on ne peut que déchanter : la présentation de ce décor d’époque et de la prude Justine tourne au grandguignolesque à cause d’une mise en scène calamiteuse et d’acteurs amateurs particulièrement mauvais.

Un humour de très mauvais goût vient encore saupoudrer l’abject ensemble, à tel point qu’on a l’impression de se retrouver face à un Fernandel totalement raté. A la différence qu’ici, Franco nous assomme par des dialogues d’une lourdeur incroyable qui plombent totalement le propos.

Même les aventures perverses de Juliette (Maria Rohm) en pâtissent et le peu que Franco veut bien nous montrer du physique attrayant de l’actrice est directement gâché par les défauts scéniques de l’ensemble.

Le fond musical se transforme alors en une sorte de bande originale de L’aile ou la cuisse, appuyée par la démarche farfelue des protagonistes. Il faut dire que les pauvres acteurs n’ont pas dû bénéficier de beaucoup de conseils tant ils paraissent perdus au milieu des costumes et décors d’époque.

Ces derniers sont quant à eux passables et l’on reconnaît bien la patte de Franco qui prend souvent plus garde à la forme qu’au fond, mais ce n’est hélas pas encore assez que pour trouver un seul aspect vraiment positif à ce Justine de Sade

De montages incompréhensibles en séquences d’une longueur infernale en passant par une mise en scène de plus en plus chaotique, on sent que Franco va tout droit dans le mur jusqu’à un final où… effectivement, il se chope le mur !

Bref, Justine de Sade est un des films les plus limités de la filmographie de Franco, ce qui n’est pas peu dire ! En essayant de livrer une œuvre rafraîchissante, le réalisateur espagnol s’est lamentablement planté… Ce film rejoint les daubes du même genre : à la poubelle ! Le pauvre Marquis doit se retourner dans sa tombe...

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