Critique de film

Les Yeux de Julia

"Los Ojos de Julia"
affiche du film
  • Genre : Thriller horrifique
  • Année de production : 2010
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Guillem Morales
  • Pays d'origine : Espagne
  • Scénariste : Oriol Paulo, Guillem Morales
  • Musique : Fernando Velázquez
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Francesc Orella, Boris Ruiz, Daniel Grao, Belèn Rueda, Lluís Homar, Clara Segura, Andrea Hermosa, Julia Gutiérrez Caba, Dani Codina,...
  • Récompenses :

Julia est une femme souffrant d’une maladie de dégénérescence des yeux, dont la sœur jumelle, déjà aveugle, est retrouvée morte pendu dans son sous-sol. Julia, certaine qu’il s’agit d’un meurtre, mène l’enquête et suit la trace d’une mystérieuse et invisible présence. Alors qu’elle s’approche de la vérité, Julia perd de plus en plus la vue, et les morts se multiplient…

Les critiques à propos de ce film

Critique de Julia’s Eyes - La clairvoyance de Morales
Par : Quentin Meignant




Présenté au BIFFF 2011 dans le cadre de la compétition Méliès, Julia’s Eyes faisait office de véritable favori. En effet, issu de l’écurie Del Toro, la célèbre boîte de production Rodar Y Rodar, qui nous avait déjà proposé il y a quelques années le fabuleux Orphelinat, le métrage de Guillem Morales avait toutes les chances de décrocher la récompense et, si ça n’a finalement pas été le cas, force est de constater que l’œuvre fait néanmoins preuve d’une belle inventivité. Déjà auteur, en 2004, du très appréciable El habitante incierto, hélas encore inédit chez nous, Morales se devait en effet de ne pas simplement répéter les techniques scénaristiques de ses glorieux pairs. Julia’s Eyes a pour héroïne une femme souffrant d’une maladie de dégénérescence des yeux, dont la sœur jumelle, déjà aveugle, est retrouvée morte pendu dans son sous-sol. Julia, certaine qu’il s’agit d’un meurtre, mène l’enquête et suit la trace d’une mystérieuse et invisible présence. Alors qu’elle s’approche de la vérité, Julia perd de plus en plus la vue, et les morts se multiplient…

Inventif, c’est justement ce que le métrage de Morales est. Mélangeant les sous-genres et les codes, le cinéaste parvient à emmener le spectateur dans les recoins d’un thriller époustouflant et à la tension bluffante. Empruntant beaucoup au fantastique et, notamment, aux films de fantômes classiques venus d’Espagne, Julia’s Eyes se mue par la suite en giallo du plus bel effet, Morales se permettant même de rendre hommage au Ténèbres d’Argento, le temps d’une séquence inoubliable.

Mais la véritable force de Julia’s Eyes réside dans son héroïne, campée par l’exceptionnelle Belen Rueda, tout simplement parfaite dans ce rôle, car sa cécité grandit parallèlement à l’angoisse développée dans le film. Aimant à développer une certaine subjectivité dans la peur, Morales parvient donc à tenir le spectateur en haleine avec un traitement assez novateur au niveau de l’ambiance. Alternant en effet poésie et tension, Julia’s Eyes parvient à jongler avec tous les codes pour devenir une œuvre unique qui lui vaudra sans doute le statut de culte d’ici quelques années.

Véritable baffe tant au niveau de l’esthétique que des divers sous-genres exploités (et respectés), Julia’s Eyes peut se targuer d’être une réussite totale, nouvelle confirmation de la puissance et de la facilité d’évolution du cinéma ibère. Evitant avec succès le piège de la resucée, Guillem Morales crée une œuvre à l’ambiance unique et peut compter sur une actrice tout simplement grandiose.


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