Critique de film

I Am Not a Serial Killer

"I Am Not a Serial Killer"
affiche du film
  • Genre : Thriller
  • Année de production : 2016
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Irlande, Grande-Bretagne
  • Durée : 1h44
  • Musique : Adrian Johnston
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses :

Dans une petite ville enneigée, un adolescent vivant dans un crématorium et convaincu, au fond de lui, d’être voué à un destin de serial killer, se lance sur les traces d’un tueur sanguinaire. Cette quête mènera à un jeu pervers entre le jeune homme terrifié par ses pulsions et un vieillard qui cache un très lourd secret.

Les critiques à propos de ce film

Critique de I Am Not a Serial Killer - Dexterminé
Par : Damien Taymans

John Cleaver est un adolescent particulier. Quand ses coreligionnaires scrutent les formes de la gente féminine et devisent sur les bienfaits de la masturbation en milieu aquatique, John préfère investiguer sur les serial killers, dépiauter leur bio et pointer les points communs qu’il possède avec eux. Car, c’est une évidence, John est un sociopathe qui tente de survivre dans un monde normé. Et ce n’est pas les lavements opérés sur des cadavres en compagnie de sa mère dans l’entreprise funèbre familiale qui risque d’arranger les choses. Ni la quantité de macchabées qui parsèment les rues de sa petite ville...

Billy O’Brien avait effectué des débuts très encourageants dans le monde de l’horreur avec l’intriguant Isolation et ses vaches mutantes avant de s’immerger dans l’actioner sci-fi avec Scintilla (toujours inédit sous nos latitudes). I Am not a Serial Killer aborde une horreur plus insidieuse, plus pernicieuse tout en flirtant avec l’un des fantasmes de l’Irlandais : les créatures mutantes, les êtres hybrides, les entités protéiformes. Epousant au plus près le récit adapté d’un bouquin ricain signé Dan Wells (celui-ci est le premier de la John Cleaver Trilogy, déjà devenue hexalogie), le film nous convie, dans sa première partie, dans un drame intimiste destinée à explorer la psyché tourmentée de l’anti-héros. Convaincu de posséder toutes les aptitudes pour devenir un psychopathe, John Cleaver (l’excellent Max Records qui a bien grandi depuis Max et les Maximonstres) est le souffre-douleur des têtes brûlées du bahut et s’évertue à paraître courtois quand ses instincts lui dictent de planter l’énergumène qui le torture.

Dans cette quête initiatique à la découverte de son propre moi, le jeune garçon se prend une belle branlée psychanalytique de son surmoi sitôt qu’il se trouve confronté à un tueur en série, un vrai, qui dézingue à tout-va pour assurer sa propre survie. Si I Am Not a Serial Killer adopte de prime abord les atours d’un Dexter, il se débarrasse rapidement de ses oripeaux pour laisser s’installer une horreur sourde qui phagocyte peu à peu une bourgade des plus sinistre tout droit sortie d’un roman de Stephen King. Une pure horreur lovecraftienne mise en boîte par un Billy O’Brien très appliqué qui convoque Carpenter et Cronenberg pour composer une atmosphère résolument anxiogène qui ne se relâche que lors d’un dernier acte convaincant.

I Am Not a Serial Killer séduit par son mélange des tons et des genres, par la réalisation sobre et efficace d’O’Brien et l’incroyable puissance de ses comédiens (Max Records et Christopher Lloyd excellent dans ce registre). Espérons que John Cleaver ait encore de beaux jours devant lui sur grand écran...


Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage