Critique de film

Headspace

"Headspace"
affiche du film
  • Genre : Fantastique - Pouvoirs paranormaux
  • Année de production : 2005
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Andrew van den Houten
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h30
  • Scénariste : Steve Klausner, Troy McCombs, William M. Miller
  • Musique : Ryan Shore
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Olivia Hussey, William Atherton, Sean Young, Marc Margolis
  • Récompenses : aucune

Lorsque le beau et intelligent Alex Borden se mesure à un grand maître d'échec, son intellect commence à grandir de plus en plus, et avec lui viennent des visions de cauchemars. Il revoit tour à tour son frêre disparaître, son père l'abandonner et sa mère assassinée. Tandis que les maux de têtes intenses se multiplient, une étrange vague de meurtres sévit dans son quartier...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Headspace - Lynch du pauvre
Par : Damien Taymans


Au moment où tous ses congénères commencent à voir leurs facultés mentales s’affaiblir, au point de devoir s’acheter le fameux programme du docteur Kawachimachin, Alex Borden ne cesse, de jour en jour, d’être de plus en plus intelligent. Capable de résoudre des problèmes mathématiques complexes en un tournemain, de surpasser Kasparov aux échecs et de lire La Bible en vingt-deux secondes, Alex, qui acquiert les facultés d’un Einstein en devenir, sombre dans le même temps dans une folie de plus en plus grave, se croyant poursuivi par un monstre énorme qui lui en veut ainsi qu’à ses proches…

Après un premier court remarqué (Inherent Darkness and Enlightement) réalisé à un âge précoce, Andrew van den Houten traîne sa bosse dans le milieu du cinéma en produisant trois courts-métrages. Finalement rattrapé par son inexorable envie de devenir réalisateur, il se lance dans un projet de long métrage en 2004 avec Headspace via sa boîte de production Modernciné. A la tête d’un casting attractif où figurent pêle-mêle Olivia Black christmas Hussey, William Ghostbusters Atherton, Mark The Pit and the Pendulum Margolis, Udo Suspiria Kier, Larry Fessenden (future réalisateur de Wendigo) et la scream queen Dee Wallace Stone aperçue dans La colline a des yeux et Critters, van den Houten livre une oeuvre décalée à l’image du scénario fou bâti par Troy McCombs. Suivant les errements d’un héros torturé par l’arrivée de nouveaux dons qu’il n’exploite jamais et qui l’amènent inexorablement vers une folie sans retour possible, le scénar’ rappelle vaguement les thématiques explorées par un certain Carpenter dans son Antre de la folie. Une évocation d’autant plus idoine que le cinéaste débutant reçut l’étiquette élogieuse de digne successeur de Big John lors de son passage à divers festivals.

Pourtant, si son œuvre se pose comme une investigation quasi similaire qui conduit un personnage esseulé vers l’aliénation mentale sur un chemin jalonné de nombre de confrontations avec une créature monstrueuse, la comparaison s’arrête là, le présent métrage n’atteignant ni la qualité filmique ni scénaristique de l’œuvre carpentérienne. Au contraire, à l’instar de son héros, l’œuvre traîne-t-elle lamentablement ses frêles os dans des registres mal cloisonnés et se brûle-t-elle les plumes en n’investissant jamais totalement le terrain de l’horreur. A l’inverse, le tandem à l’origine de l’histoire préfère une tournure plus dramatique leur permettant d’explorer dans un sens comme dans l’autre la personnalité torturée de leur protagoniste. Alex et son enfance douloureuse, Alex et ses terreurs nocturnes, Alex et ses illusions. Diffusés en filigrane sous couvert de l’éternelle interrogation de la véracité de ses visions ou déversés sous forme de flash-back éthérés, les multiples traumas du héros sont réduits à l’état de poussières psychologiques qui n’amènent jamais la moindre empathie d’autant qu’ils ne servent en rien à la résolution du mystère planté dès l’entrée. Car, après une scène marquante qui se ponctue sur un éclat sanguinolent, le métrage n’offre plus vraiment rien d’intéressant et se limite plutôt à saupoudrer l’ensemble tantôt de l’apparition saugrenue d’une créature impossible à identifier tantôt de séquences érotiques ridicules qui desservent l’intrigue et plombent toute potentialité anxiogène.

Pour soutenir l’intérêt de l’assistance et s’écarter des sentiers battus et rebattus, Andrew van den Houten se plaît à cultiver des mystères évidents (l’identité du frère d’Alex saute aux yeux) et ne livre aucune clé pour résoudre l’interrogation fondamentale de l’œuvre (réalité ou fiction ?). Une œuvre expérimentale en somme, tâtonnement instinctif d’un cinéaste en devenir qui aspire plus à surprendre qu’à séduire. Headspace en devient en fin de compte un Lynch du pauvre qui se cantonne à accumuler les effets mais n’en procure aucun…


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