Critique de film

Godzilla Tokyo SOS

"Gojira tai Mosura tai Mekagojira: Tôkyô S.O.S. "
affiche du film
  • Genre : Fantastique, Science-fiction
  • Année de production : 2003
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Masaaki Tezuka
  • Pays d'origine : Japon
  • Durée : 1h31
  • Scénariste : Masaaki Tezuka, Masahiro Yokotani
  • Musique : Michiru Ôshima
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Noboru Kaneko, Miho Yoshioka, Mitsuki Koga, Masami Nagasawa, Chihiro Otsuka
  • Récompenses : Aucune

Un an après la défaite de Godzilla aux mains de MechaGodzilla, le Japon répare Kiryu (le nom donné à Mechagodzilla) et s'apprête à reconstruire la ville détruite. Le grand-père d'un des hommes de maintenance du robot est visité par les shojibin, les petites jumelles qui parlent au nom de Mothra, de vieilles connaissances puisqu'il les a rencontrées il y a 43 ans. Elles rappellent que Kiryu est bâti sur le squelette du Godzilla original et que ses os devraient reposer en paix. Si les autorités s'entêtent à utiliser le robot, Mothra ne viendra pas les aider si Godzilla refait surface et pourrait même devenir ennemie de l'humanité.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Godzilla Tokyo SOS - Trois monstres, trois fois plus de dégâts
Par : Fred Pizzoferrato


Le lézard atomique de la Toho, héros d’une trentaine de longs métrages, a connu trois périodes distinctes au cours de sa carrière cinématographique longue de plus de 50 ans. La première, la plus longue, est nommée "Ere Showa" et commence logiquement avec le Godzilla originel (tourné en 1954) pour se terminer une vingtaine d’années plus tard avec MechaGodzilla contre-attaque menaçant des débuts cède ainsi la place à un gentil "Casimir" devenu ami des enfants et protecteur d’un Japon régulièrement menacé par des créatures folkloriques et des extra-terrestres conquérant.

Godzilla, pourtant le monstre favori des Japonais, va alors connaître une décennie de sommeil avant que la Toho ne décide de relancer la machine en produisant une suite directe de Godzilla en 1984. Simplement titré Godzilla (ou parfois Le retour de Godzilla ou Godzilla 85), le métrage tente de revenir aux sources en proposant un monstre à nouveau dangereux qui détruit Tokyo plutôt que de combattre d’autres créatures gigantesques. Ce sera le début de ce que l’on nomme "l’ère Hensei" ou encore la "Versus Serie". Le succès public modeste et une critique généralement désastreuse feront reculer les producteurs qui ne persévèreront pas dans cette voie plus "adulte". Ces réactions tièdes encourageront en effet la Toho à revenir, cinq ans plus tard, à des métrages plus distrayants et spectaculaires pour une suite de titres au cours desquels Big G affronte de nouveaux ennemis (Biollante, Destoroyah) et ses plus fameux adversaires (Mothra, Ghidorah, Rodan, MechaGodzilla…) dans des modernisations des anciens métrages. La compagnie s’offre finalement un coup marketing en tuant le monstre à l’occasion de son quarantième anniversaire dans l’efficace Godzila contre Destoroyah.

La troisième période de la vie de Godzilla commence à l’an 2000 (et sera opportunément nommée "Millenium" ou "X") avec un métrage justement intitulé Godzilla 2000. Contrairement aux deux séries précédentes, les films qui composent la "millenium" n’ont pas de continuité entre eux : chacun se veut une sorte de suite du Godzilla de 1954 situé dans une réalité alternative. Toute règle ayant une exception Tokyo SOS est pourtant la séquelle directe du précédent, Godzilla X MechaGodzilla tout en se référant également au premier Mothra réalisé trente ans plus tôt. Le scénario n’est évidemment pas d’une grande originalité mais s’avère sympathique en reprenant nombre d’éléments capables de faire plaisir aux fans du gros lézard. Jugez plutôt.

Le robot MechaGodzilla, alias Kiryu, a été précédemment construit en se basant sur le squelette du véritable Godzilla. Endommagé par son combat avec Big G, le robot est hors d’usage, son canon principal ayant été détruit. Mais, dans le même temps, les Fées qui parlent pour signifier la volonté de Mothra viennent trouver un scientifique. Elles lui apprennent que les os de Godzilla doivent être rendus à l’océan, faute de quoi le Japon subira la colère de Mothra. Alors que les discussions battent leur plein, le cadavre de la monstrueuse tortue Kamoebas est découvert échoué sur une plage. Il apparaît évident que le responsable de cette mort est Godzilla, lequel se manifeste en détruisant tout sur son passage. Mais Mothra décide d’arrêter le lézard géant et part l’affronter au cours d’un combat spectaculaire. Malheureusement, Mothra ne parvient pas à le vaincre. Le robot Kiryu entre alors en action et s’allie à Mothra, aidée par ses deux rejetons, des larves déjà redoutables.
Pour le plaisir des admirateurs de la grosse bestiole, Gozilla Tokyo SOS constitue une spectacle divertissant et bourrin qui ne se prive pas de quelques références en forme d’appel du pied aux inconditionnels de la saga. La plus évidente est le retour de Hiroshi Koizumi, l’acteur reprenant le même rôle de linguiste qu’il tenait plus de trente ans plus tôt dans Mothra. Mais la vedette du film est cette fois son petit neveu, lequel construit le fameux signe cabalistique pour appeler la mite (j’ai dit mite avec un "m") géante à l’aide de table d’école. Une belle séquence fort bien pensée même si le gamin, comme souvent dans les films de monstres nippons, s’avère un peu exaspérant.

Autre constante de la franchise, Tokyo SOS prend un certain temps pour mettre en place la situation et se révèle un peu languissant durant sa première partie. Heureusement, le métrage étant une suite directe du précédent, le cinéaste peut se permettre de ne pas trop faire traîner les choses et d’en arriver plus rapidement à l’action. La première demi-heure reste cependant un peu verbeuse mais sans devenir trop ennuyeuse pour autant. Ensuite, le film entre réellement dans le vif du sujet et se permet près de trois quarts d’heure de bastons diverses et variées. Les effets spéciaux sont de fort bonne qualité et les scènes de destruction spectaculaires à souhait, faisant de Tokyo SOS un grand divertissement bourrin et régressif largement réussi. Dommage que le scénario paraisse un peu trop déjà-vu et se contente de recycler de manière assez lourde et mécanique des idées déjà développées dans de trop nombreux épisodes antérieurs de la saga. Les personnages, peu développés, ne facilitent pas l’identification du spectateur, d’autant que le réalisateur hésite sur celui qui doit incarner le véritable héros de l’histoire : est-ce le vieux savant, son neveu, le gamin, le pilote héroïque,… A qui est censé revenir notre sympathie ? On l’ignore même si, bien sûr, les personnages humains demeurent secondaires face aux véritables vedettes du film : Godzilla, Mothra et MechaGodzilla.
Les vingt dernières minutes, pour leur part, jouent la carte de l’héroïsme viril et terminent le métrage sur un climax classique et légèrement décevant. Mais, dans l’ensemble, Tokyo SOS atteint son but, celui de divertir un large public.

Godzilla Tokyo SOS constitue un spectacle léger et sans prise de tête. Si il ne s’élève pas au niveau des meilleurs épisodes de la série, il se situe néanmoins dans une très honnête moyenne et saura contenter les fans du monstre vert.

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