Critique de film

Frankenhooker

"Frankenhooker"
affiche du film
  • Genre : Epouvante, comédie
  • Année de production : 1990
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Frank Henenlotter
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h25
  • Budget : 2 500 000 dollars
  • Scénariste : Frank Henenlotter & Robert Martin
  • Musique : Joe Renzetti
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : James Lorinz, Patty Mullen, Joanne Ritchie, Judy Grafe, Joseph Gonzalez,...
  • Récompenses : aucune

Pour ressusciter sa fiancée déchiquetée par une tondeuse à gazon, Jeffrey Franken, un jeune scientifique bien azimuté, procède à la plus macabre des reconstitutions chirurgicales. Il récupère les abats et organes des prostituées qu’il assassine pour reconstruire le corps de la défunte autour de sa tête récupérée lors du drame. Opération délicate qui se solde par la naissance d’une créature incontrôlable avide de sexe et de sang…

Les critiques à propos de ce film

Critique de Frankenhooker - La prostituée de Frankenstein
Par : Samuel Tubez








Entre Basket case 2 et 3, Frank Henenlotter s’attaquait en 1990 au célèbre mythe de Frankenstein en se penchant du côté de sa célèbre fiancée, ici constituée de morceaux de prostituées défoncées au crack ! Depuis ce Frankenhooker (traduisez littéralement « Frankenpute »), Mary Shelley n’a pas cessé de se retourner dans sa tombe !

Après Basket case et Brain Damage, Frank Henenlotter marque une fois de plus les annales du cinoche fantastique avec un sujet aussi déjanté que subversif. Transformant une gentille garden party en bain de sang dès son ouverture, le réalisateur ne cessera durant le long métrage de plonger de plus en plus dans le trash et le loufoque. Le héros, Jeffrey Franken (!), ayant perdu toute notion du bien et du mal suite au décès de sa dulcinée Elizabeth Shelley (!!), va basculer dans l’univers underground de sa ville (juste par-delà le pont qui sépare les beaux quartiers de ceux mal famés) et ainsi définitivement en faire partie (voir la transformation finale). Dès lors, la drogue, les prostituées et les macs ne cesseront d’envahir l’écran, jusqu’à littéralement nous exploser à la face ! Il faut voir cette scène où les péripatéticiennes, complètement défoncées au crack spécial de Jeffrey, explosent dans la chambre d’un hôtel complètement miteux pour le croire ! Frankenhooker, c’est comme cela tout du long, un film fou voguant constamment entre comédie et horreur. Appuyé par des environnements naturels (la 42ème rue, ses magasins, ses Sex shops et son ambiance glauque à souhait !) ou factices (le labo du jeune savant) du plus bel effet ainsi que par des maquillages rocambolesques signés Gabe Bartalos (Brain Damage, Leprechaun), le spectacle est volontairement moins grave et donc plus délirant que sur les précédentes œuvres d’Henenlotter. Néanmoins, le cynisme ambiant est toujours bel et bien présent et le réal n’hésite jamais au passage à régler ses comptes avec une Amérique trop clean (la scène d’introduction en étant l’exemple le plus flagrant, mais aussi ses plongées effroyables dans les recoins les plus sombres où l’on baise et se défonce au crack). Une récréation joliment trash et totalement réjouissante donc, pour le réalisateur issu de l’underground new-yorkais qui réalisait à l’époque son film le plus aisé, financièrement parlant. Depuis, Henenlotter n’a plus retrouvé de telles conditions et a amèrement accouché d’un Basket case 3 pitoyable. Mais son come-back avec l’audacieux Sex addict est là pour nous prouver que le réal possède toujours une verve provocatrice des plus tranchantes.

Le roi du gore underground se lâche dans ce délire loufoque rendant un hommage on ne peut plus déviant au mythe créé par Mary Shelley. Baignant dans le mauvais goût et la bouffonnerie assumée, Frankenhooker est une de ces bandes rares appartenant à son époque qu’il faut réhabiliter d’urgence, sous peine de passer à côté de ce qui se faisait de mieux quand les vrais auteurs de bis underground avaient encore droit de cité au sein du genre qui nous intéresse ici.


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