Critique de film

Farmhouse

"Farmhouse"
affiche du film
  • Genre : Thriller, Horreur
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : George Bessudo
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h32
  • Scénariste : Daniel P. Coughlin, Jason Hice
  • Musique : Mark Petrie
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Steven Weber, William Lee Scott, Kelly Hu, Jamie Anne Allman, Drew Sidora
  • Récompenses : Prix de l'horreur au festival de Phoenix en 2008

Un jeune couple, Chad et Scarlet, souhaite prendre un nouveau départ afin d'oublier un passé douloureux. Mais, à la suite d'un accident de voiture, ils se retrouvent au milieu de nulle part. Par chance, ils se réfugient dans une ferme des alentours où un étrange couple les accueille et leur offre l'hospitalité pour la nuit. Le piège vient juste de se refermer sur eux...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Farmhouse - La ferme se rebelle
Par : Damien Taymans


Un an après avoir fait son incursion dans le cinéma horrifique avec le très moyen Lake dead, film sélectionné par le dernier After dark horrorfest, George Bessudo revient avec un deuxième long métrage naviguant dans des eaux semblables. Pourtant, Farmhouse, contrairement à la précédente œuvre du cinéaste, s’expatrie quelque peu des redondances clichesques du genre survival pour s’immiscer sur un terrain davantage glissant – car moins balisé – en l’occurrence celui du thriller horrifique. Dotée d’un casting peuplé d’habitués du genre (Jamie Anne Prey 4 Me Allan, William Identity Lee Scott, Steven The Shining Weber, la sublime Kelly X-men 2 Hu), l’œuvre s’imbrique dans un rendu certes conventionnel mais jubilatoire en se basant sur l’éternelle opposition des dominateurs omnipotents et décérébrés et des dominés angelots sans pour autant devenir un récit à suspense insipide aux effets aseptisés, le réal s’escrimant au contraire à perturber quelque peu les cartes dont il dispose en cours de jeu.

Un couple apparemment fragile quitte son domicile conjugal pour tenter un nouveau départ, n’hésitant pas pour le coup à refiler l’entièreté de leurs meubles à leurs voisins. En partance pour leur nouvelle vie, les deux tourtereaux subissent un accident de voiture en plein désert qui les contraints à quérir une aide extérieure. Au loin, une ferme aux illuminations salvatrices. D’autant que les propriétaires de l’habitation campagnarde, un couple bien sous tous rapports, hébergent les accidentés pour la nuit et leur promettent de contacter un garagiste à l’aube. Chad et Scarlett ne savent pas qu’en acceptant l’hospitalité gracieusement offerte par les viticulteurs, ils vont au devant de graves ennuis…

L’intérêt réside spécifiquement dans les motivations des tortionnaires qui prennent un malin plaisir à mettre au pilori les deux victimes non consentantes qui ne saisissent aucunement la raison de ces agissements. Subtilement, Bessudo parsème çà et là son intrigue de flashbacks propices à assurer une meilleure compréhension autant chez le spectateur que chez des torturés toujours en quête d’explications et de légitimations des meurtrissures dont ils sont victimes. Endettés par la négligence de Chad, désespérés par la perte précoce de leur enfant unique, les deux époux tentent vainement de lutter et de comprendre les causes de cet acharnement de la part d’inconnus qui ne semblent n’avoir qu’un seul objectif : tuer à petit feu leurs proies afin de leur faire encourir un maximum de souffrances avant que la Camarde libératrice ne surgisse. Un but qui appelle des moyens divers et variés destinés à martyriser les amants tant psychologiquement (Chad, les mains liées, doit sauver sa femme qui a la tête plongée dans une bassine d’eau) que physiquement (la râpe à fromages pour excorier les genoux de Scarlett), quitte à éliminer tout obstacle qui entraverait leur dessein funeste...

Seulement, si l’intrigue trouve assez rapidement son rythme de croisière au fil des talures perverses qui se déversent à une cadence infernale (l’énucléation d’Alan en close-up profite des soins méticuleux des Drac Studios), le récit fonce tête baissée vers un point de non-retour fâcheux qui atténue considérablement la qualité scénaristique de l’ensemble. S’essoufflant sur la durée, le métrage devient la victime de la vague des torsions twistiennes : Farmhouse offre un dénouement ni-figue ni-raisin sis quelque part entre Dead End, dont il n’atteint jamais l’efficacité, et Phénomène, dont il se veut le digne héritier de l’effet grotesque involontaire.

Annihilant d’un simple coup de baguette magique le mince intérêt qui subsistait dans son métrage par le truchement de cette énième facétie hollywoodienne devenue un lieu commun, Bessudo et son compère scénariste Coughlin, déjà coupable du méfait organisé qu’était Lake dead, signent un deuxième ratage filmique que seul Weber et son surjeu vicelard vient contrebalancer.


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