Critique de film

Emergo

"Emergo"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2011
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Espagne
  • Durée : 1h20
  • Musique : Víctor Reyes
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  • Bande annonce
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  • Récompenses : --

Une équipe de parapsychologues se propose d'étudier une série de phénomènes anormaux se produisant dans un appartement nouvellement occupé. Des appels téléphoniques sans tonalité, des ombres mystérieuses, des émissions inexplicables de lumière, des objets volants, des explosions d’ampoules sont quelques-uns des événements auxquels ils seront confrontés pendant leurs différentes étapes d'enregistrement avec leur technologie dernier cri : caméras infrarouges, photographies numériques, enregistrements psycho-phoniques, détecteurs de mouvement et modulateurs de champs magnétiques… Les tentatives du groupe à communiquer avec l'inconnu vont s’avérer de plus en plus dangereuses, au fur et à mesure qu’elles approchent un point de non-retour.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Emergo - Un rollercoaster efficace
Par : Damien Taymans




Versé à juste titre dans la catégorie Point of View au dernier festival de Neuchâtel, Emergo devait se coltiner l’étiquette du found footage minimaliste (pléonasme ?) à tendance spectrale avec son lot d’illustres inconnus venus jouer les personnages au visage tordu par les crispations, elles-mêmes quasi invisibles en raison de l’extrême frénésie d’un metteur en scène parkinsonien. A force d’amalgames, le genre finit par se voir synthétisé en une seule formule fixe réductible : celle de l’hystérie de la mise en scène agitée, des acteurs tout aussi remuants et de la promotion outrancière vantant les mérites de cette nouvelle formule de la peur. Pourtant, il suffit de mettre en regard le troisième épisode des franchises Rec et Paranormal activity pour mettre à mal toute volonté d’étiquetage : quand ce dernier s’entête à reproduire un processus émoussé (un cadre fixe captant des apparitions n’ayant que trop tardé à pointer le bout de leur nez), l’essai espagnol convie dès la première bobine le spectateur au sein des infectés et abandonne la caméra-témoin après dix minutes pour épouser de nouveau une mise en scène traditionnelle. Les deux œuvres représentent en quelque sorte à leur façon les limites du documenteur qu’un autre Ibère, Carles Torrens, va contribuer à exploser.

Scénarisé par Rodrigo Cortes, le réal de Buried, Emergo est l’une des rares incursions dans le domaine (avec le récent V/H/S) à lui redonner un nouveau souffle. Passé une demi-bobine liminaire présentant les personnages en présence et les tenants et aboutissants de l’expérience qui va suivre, la pellicule s’enflamme et aspire littéralement le voyeur (le terme aura rarement été aussi adéquat) dans un train fantôme grandeur nature flanqué d’une série d’effets sonores et visuels favorisant une immersion menant tout droit à la terreur. La tension constante est soutenue par la diversité des canaux utilisés par les parapsychologues qui truffent l’appartement d’une multitude de caméras de surveillance et d’autres processus technologiques (caméras infrarouges, photographies numériques, enregistrements psycho-phoniques, détecteurs de mouvement et modulateurs de champs magnétiques) destinés à capter chaque intervention de l’entité malfaisante.

Emergo est de loin le plus digne représentant "found footage" du film d’épouvante de ces trois dernières années. Voletant d’une séquence de trouille (l’effet stroboscopique rappelle celui d’un certain Shutter) à quelque discussion surréelle entre un père et sa gamine un brin rebelle, le récit absorbe le spectateur dans un tourbillon de sensations, le contraignant in fine à se méfier de chaque nouveau plan. Cerise sur la gâteau, le film propose un rebondissement scénaristique plutôt intéressant, chapeau !


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