Critique de film

Emanuelle et les derniers cannibales

"Emanuelle e gli ultimi cannibali"
affiche du film
  • Genre : Erotique, Aventures, Horreur - Cannibales
  • Année de production : 1977
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Joe D'Amato
  • Pays d'origine : Italie
  • Durée : 1h25
  • Scénariste : Romano Scandariato, Joe D'Amato
  • Musique : Nico Fidenco
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Laura Gemser, Gabriele Tinti, Nieves Navarro, Donald O'Brien, Percy Hogan
  • Récompenses : Aucune

Travaillant dans un hôpital psychiatrique, Emanuelle découvre un étrange signe tribal tatoué sur le ventre d'une jeune fille. Cette dernière pourrait bien avoir été en contact avec une tribu de mangeurs d'hommes, pourtant supposés disparus de la région. Intriguée, Emanuelle décide de se rendre dans la forêt amazonienne pour y percer le mystère. Elle va y découvrir que les cannibales sévissent toujours, avides de chair fraîche et de boyaux fumants.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Emanuelle et les derniers cannibales - Anthropophahges nymphomaniaques
Par : Quentin Meignant




Emmanuelle fait partie de ces prénoms synonymes de sexe et d’érotisme à l’écran. Perverses devant l’éternel, les aventures sexuelles de la belle ont été déclinées à toutes les sauces et mélangées à tous les genres cinématographiques au fil des 70’s. Incarné par différentes actrices, le personnage est encore pour beaucoup l’objet de fantasmes d’une incroyable véhémence, surtout auprès des spectateurs dont elle a bercé la jeunesse. Pour ceux-là, Joe D’Amato fait carrément office de pape. En effet, le regretté réalisateur italien, auteur du célèbre Blue Holocaust, était considéré comme un véritable expert en la matière, lui qui passa quelques années à mettre en boîte toutes sortes de productions érotiques labellisées Emanuelle. Alors que son précédent Emanuelle et Françoise tournait plus autour du thriller horrifique, Emmanuelle et les derniers cannibales se concentre plutôt sur un récit d’aventures érotiques et tropicales. Travaillant dans un hôpital psychiatrique, Emanuelle découvre un étrange signe tribal tatoué sur le ventre d’une jeune fille. Cette dernière pourrait bien avoir été en contact avec une tribu de mangeurs d’hommes, pourtant supposés disparus de la région. Intriguée, Emanuelle décide de se rendre dans la forêt amazonienne pour y percer le mystère. Elle va y découvrir que les cannibales sévissent toujours, avides de chair fraîche et de boyaux fumants.

Avec une entame originale pour un film de cannibales (pour une fois, la recherche de disparus est évitée), Emanuelle et les derniers cannibales se positionne dans l’optique d’une quête sociologique assez charmeuse. Malgré une bande originale disco criarde et irritante, le récit initié par la très belle Emanuelle semble tenir la route et paraît même réfléchi. Les atouts physiques évidents de la sculpturale Laura Gemser, qui incarne l’héroïne, provoquent eux aussi un certain intérêt tant la belle évolue de manière gracieuse dans de magnifiques plans de New York. Ces séquences laissent hélas place à d’innombrables scènes érotiques qui, certes, étaient attendues, mais apparaissent à l’écran comme d’énormes délires pervers et injustifiés. Néanmoins, l’immense plaisir éprouvé par le réal à filmer ces séquences et la grande qualité de cadrage et de mise en scène de celles-ci (on comprend mieux pourquoi D’Amato s’est ensuite recyclé dans le porno) tendent à prouver que l’œuvre va se livrer comme un modèle du genre.

Mais la multiplicité des scènes érotiques et leur étalement dans le temps nuisent petit à petit au déroulement de l’ensemble. Après moults séances de baise, le cinéaste se décide enfin à filmer ce pour quoi il a aussi touché un cachet : un film d’aventure avec un tant soit peu d’action. Malheureusement, mis à part quelques serpents se baladant sur la pellicule de manière particulièrement retorse, D’Amato peine à émettre le moindre moment d’action valable. Les protagonistes se lancent alors dans une course contre la mort extrêmement pauvre en sang mais toujours plus riche en sexe. Sans imagination, D’Amato se permet même quelques simplifications scénaristiques pour s’offrir un final d’une facilité hallucinante qui rend tout ce qui précède totalement inutile. Dès lors, hormis une séquence de cannibalisme et un viol qui n’en est pas vraiment un, les cannibales du réal paraissent bien ternes et surtout totalement décérébrés. Pathétiques, ils ne constituent que la mise en images d’à priori surannés depuis des siècles.

Les préjugés étant de plus au programme, Emanuelle et les derniers cannibales ne représentent guère mieux qu’un piètre divertissement adressé avant aux amateurs de scènes un peu chaudes. Sans jamais verser dans le gore ni faire montre d’inventivité au niveau de l’aventure même, Joe D’amato ne peut que sauver les meubles avec son talent de metteur en scène X reconnu dans le monde entier. Cela fait tout de même bien peu pour un film de cannibales…

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage