Critique de film

Eat

"Eat"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h32
  • Musique : Jimmy Weber
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

A trente ans, l’actrice Novella McClure n’a plus vraiment la cote. Essuyant refus sur refus dans les castings, elle développe une névrose qui la pousse à consommer sa propre chair…

Les critiques à propos de ce film

Critique de Eat - Y a un peu plus, je vous l’mets ?
Par : Damien Taymans




En guise de clôture pour la nuit du fantastique, les programmateurs du BIFFF ont eu le bon mauvais goût de taper dans le trashouille et de convier le public, dans la foulée du traditionnel petit déjeuner, à un banquet des plus sanglant. Mais pas de ces festins sanguinolents arrosés de quelques litrons de raisiné. Pas même une indigeste festoyance à tendance cannibale. Jimmy Weber, pour son premier film, s’attèle à définir le menu peu ragoutant de l’auto-anthropophagie. Celle à laquelle s’applique la plantureuse Novella McClure, actrice ratée qui traîne son croupion d’audition en casting dans Los Angeles et se voit constamment refusée. Il faut dire qu’avec son physique de porno star sur le retour, son nom désuet, son entrée dans la trentaine et son inénarrable faculté de déclamer du Shakespeare d’une voix monocorde, la starlinette intéresserait davantage les moguls de chez Dorcel pour une production à bas coût (parce qu’à Bakou, c’est trop habillé) que les jurés d’Incroyables talents. Et alors que n’importe quelle femme dans sa situation s’auto-mutilerait à coups de cutter ou deviendrait esclave de son frigidaire, Novella joint l’utile à l’agréable et fait passer cette tension en goûtant sa propre chair.

Parce que la bougresse ne se contente pas d’une onycophagie passagère, elle commence lentement à ressentir un certain plaisir à s’entamer la peau à coups de quenottes, d’autant que ça ne se lit pas trop sur les courbes de son IMC. Il est vrai qu’avec deux ou trois orteils de moins, il devient difficile de se déplacer sans claudiquer mais si c’est le prix à payer pour rester zen, svelte et à peu près castable (tant qu’y a pas de scène de fétichisme) ?

Vu l’heure tardive à laquelle la bobine est projetée, nul doute que les estomacs ont morflé devant cet étalage vomitif de barbaque qui n’échappe jamais à quelques plans bien appuyés sur les morceaux en lambeaux, sur ces réjouissances voraces qui déciment le corps de l’actrice. Jimmy Weber s’en donne à cœur joie, optant pour une dynamique narrative assez rythmée qui laisse peu de répit à l’assistance et entretient le dégobillage potentiel en plongeant de plus en plus âprement dans le découpage anatomique et les détails croustillants. Le cahier des charges gore se remplit à mesure que l’intérêt de la bande s’étiole. Car, en termes d’enjeux dramatiques et psychologiques, Eat abat ses cartes de manière trop putassière, trop ostentatoire pour qu’on ne s’y laisse prendre et on se retrouve à attendre la prochaine séquence gerbante selon le plan machiavélique établi par le scénariste/réalisateur.

Au final, Eat est une pure péloche gorasse qui a le mérite d’échapper quelque peu à la tradition du film de cannibales. Une sorte de Starry Eyes version 2.0 qui verse dans le malsain et l’ignominie pour arroser ponctuellement l’assistance de galons d’hémoglobine.


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