Critique de film

Deliver us from Evil

"Deliver us from Evil"
affiche du film
  • Genre : Thriller - Vigilante
  • Année de production : 2009
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Ole Bornedal
  • Pays d'origine : Danemark, Suède, Norvège
  • Durée : 1h40
  • Scénariste : Ole Bornedal
  • Musique : Johan Liljedal, Stefan Nilsson
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Lasse Rimmer, Lene Nystrøm, Fanny Bornedal, Pernille Vallentin, Jens Andersen, Bojan Navojec, Mogens Pedersen,...
  • Récompenses : Meilleur acteur de second rôle (Jens Andersen) et Meilleure actrice de second rôle (Pernille Vallentin) aux Bodil Awards 2010
    Prix Spécial du Jury International à Fantasporto 2010
    Meilleure actrice de second rôle (Pernille Vallentin) au Robert Festival 2010
    New Visions Award au festival de Sitgès 2009

Au Danemark, dans un petit village, un camionneur fonce sur une petite vieille sur la route. Au lieu dâ

Les critiques à propos de ce film

Critique de Deliver us from Evil - Le Mal à l’état brut
Par : Quentin Meignant




Après avoir méritoirement glané une mention spéciale lors du BIFFF 2008 à l’occasion de la diffusion de son excellent The Substitute, alias Vikaren, Ole Bornedal revint lors de la 28ème édition du festival bruxellois pour présenter sa nouvelle merveille : Deliver us from Evil. Forte d’une réputation à toute épreuve et de récompenses remportées à Sitgès et à Fantasporto, la bande ne pouvait qu’attirer un public toujours friand des réalisations du cinéaste danois. Tranchant carrément avec le caractère surnaturel de son métrage précédemment diffusé à Tour & Taxis, Deliver us from Evil prend place dans une petite ville danoise où un camionneur fonce sur une petite vieille sur la route. Au lieu d’appeler la police, il enlève la motocyclette et déplace le corps sur le bord de la route. Lorsque le mari se rend compte que sa femme a été tuée, il entre dans une fureur noire et entreprend, avec ses amis, de la venger. Sa cible, c’est l’étranger et sa famille. Il n’a aucune preuve tangible mais fonce tête baissée comme un taureau dans une arène…

Lorgnant de manière très visible dès les premiers instants vers le cinéma américain des années 70, Deliver us from Evil commence sur les chapeaux de roues, Bornedal faisant preuve d’une froideur infinie dès les premiers plans. Ceux-ci, mettant en scène la mort accidentelle d’une des protagonistes, véritable nœud de l’histoire savamment distillée par ailleurs, font véritablement office de rampe de lancement idéale à une œuvre qui prouvera, tout au long de son déroulement, le savoir faire de son metteur en scène au niveau montage.

D’une banale histoire de vengeance, style rape and revenge, Ole Bornedal parvient en effet à tirer la quintessence, ne se laissant guère aller à quelque complaisance et en enfonçant le clou, tant au niveau de la viscéralité que de la nervosité de son ensemble. Transformant petit à petit son thriller en fable sociale à part entière, le cinéaste nordique livre une critique sociétale aussi intelligente que réussie qui amène le spectateur à découvrir les différents effets psychologiques de groupe dans des contrées inconnues de tous. Clouant au pilori les pensées racistes extrêmement répandues dans les endroits reculés du monde (l’action pourrait se dérouler de manière identique dans tous les pays du monde), Bornedal fait monter son ensemble en pression par l’entremise de dialogues marquants et, surtout, par une violence accrue dans la seconde partie.

Evoquant un certain Straw Dogs par sa qualité et son traitement particulier, Deliver us from Evil demeure une réussite tant sur le fond que sur la forme. Le métrage, qui pourrait être qualifié de meilleur film de Bornedal, ce qui n’est déjà pas rien, peut en tout cas se targuer d’être efficace et ce, pour n’importe quel type de public.


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