Critique de film

Dans les griffes de la Momie

"The Mummy's shroud"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Momies
  • Année de production : 1967
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : John Gilling
  • Pays d'origine : Angleterre
  • Durée : 1h30
  • Scénariste : Anthony Hinds, John Gilling
  • Musique : Don Banks
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : André Morell, John Phillips, David Buck, Elizabeth Sellars, Maggie Kimberly, Michael Ripper
  • Récompenses : Aucune

Dans les années 20, une expédition archéologique menée par Sir Basil Walden recherche la sépulture du pharaon Kah-To-Bey. Après une tempête de sable, l'équipe découvre enfin la dépouille royale. Mais, une fois ramenée et exposée au musée, la momie revient à la vie gràce au pouvoir magique de son suaire. L'ancien pharaon va alors châtier ceux qui ont osé violer sa sépulture...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Dans les griffes de la momie - Dans les caves de la Hammer
Par : Quentin Meignant




L’année 1966 fut faste pour John Gilling qui sortir deux films qui firent la gloire de la Hammer : La femme reptile et L’invasion des Morts-Vivants (une des seules incursions de la société de production anglaise dans le petit monde des zombies).

L’ami John allait-il encore faire si bien en 1967 ? En tout cas, la Hammer ne l’a pas aidé avec un budget qui semble bien ridicule au vu des images de Dans les griffes de la Momie. Ce film aurait pu lancer pour de bon la carrière d’un réalisateur qui nous a prouvé, hélas, toutes ses limites ! Il faut néanmoins avouer que le concept de la momie n’a jamais réellement affolé les foules. Sans doute est-ce le côté trop « réel » du mythe qui est en cause, mais toujours est-il que faire un film sur le sujet ne présente que très peu d’intérêt.

Pourtant, le scénario, écrit en collaboration avec Anthony Hinds, n’est pas à proprement parler mauvais, loin s’en faut ! Tous les ingrédients sont là pour faire monter une angoisse qui, hélas, retombe bien vite à cause d’une mise en scène plus qu’approximative. Il est dommage de constater une telle désinvolture dans des effets spéciaux qui ne ressemble aucunement au style Hammer.

Gilling a sans doute voulu bâcler trop vite une œuvre qui aurait mérité bien mieux. Ainsi, des scènes d’une bonne qualité sadique sont tout de même présentes : la séquence où le photographe meurt brûlé par son dissolvant a quelque chose de profondément choquant. Celle où ce petit benêt de Longbarrow perd la vie est par contre un bel exemple de bâclage : une superbe chute ponctuée de trois gouttes de sang s’échappant dans un filet d’eau, c’est un peu maigre pour étancher la soif du spectateur ! Il vaut mieux ne même pas parler du reste des scènes violentes car elles brillent par une absence criante de mise en scène.

Hormis ces énormes défauts, force est d’admettre que, comme d’habitude, la Hammer a bien fait les choses ! Les décors sont d’une incroyable finesse de même que la photographie signée Arthur Grant. Les scènes dans le désert sont d’une grande beauté et donnent un ton d’authenticité au début du métrage. Ces moments initiaux sont d’ailleurs tournés sous forme de documentaire historique.

Le grand point fort du film est le maquillage de Prem la momie ! George Partleton a fait des miracles et jamais une momie aussi authentique n’a été vue dans l’histoire du cinéma. Chaque détail du costume et du maquillage ont été étudiés jusqu’au plus petit grain de sable. Les gros plans des yeux de ce revenant vengeur sont tout bonnement affolants grâce à ce style imprimé par un maquilleur de qualité.

Les acteurs remplissent quant à eux parfaitement leurs rôles en interprétant des personnages pourtant parfois proches du critique de boulevard. John Philips, dans le rôle de Stanley Preston et Michael Ripper, dans le rôle de Longbarrow, donnent une touche amusante à des personnages hauts en couleur. Ces personnalités sont en fait les archétypes de membres de cette société victorienne que la Hammer aime tant railler ! Ainsi, Stanley Preston est le portrait craché du petit bourgeois anglais étriqué qui prend ces « sauvages » d’étrangers pour des animaux à son service. On retrouve donc là le bon goût de la société de production qui ne manque pas une occasion d’asticoter nos amis les puissants !

Cela reste moyen et cela ne fera pas date mais ça se laisse voir sans aucun problème. Dommage que Gilling ait quelque peu bâcler l’œuvre. Bref, un film où on retrouve par moment le style de la société de production anglaise mais c’est hélas insuffisant pour en faire un mythe ! Un film à aller chercher…dans les caves de la Hammer !

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