Critique de film

Clash of the Ninjas

"Clash of the Ninjas"
affiche du film
  • Genre : Action
  • Année de production : 1986
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Hong Kong
  • Durée : 1h30
  • Musique : Kuang-Hua Tseng
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Un gang sévit à Hong Kong et se spécialise dans le trafic d'organes. Les futures victimes s'évadent mais des hommes se lancent à leur poursuite.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Clash of the Ninjas (Clash Commando) - 2 pour le prix d’1 !
Par : Fred Pizzoferrato

Le film de ninja connut son heure de gloire dans les vidéoclubs des années 80, véritables repères de productions bis souvent ultra fauchées et ringardes. Maitre du genre, Godfrey Ho proposa ainsi des dizaines de séries Z débiles en opérant sa fameuse méthode du « 2 en 1 » : il récupère des films asiatiques oubliés, en isole les scènes de bastons et les entrelarde de séquences sans aucun lien jouées (le mot est sans doute abusif) par une poignée de has-been, souvent américains. Une grande partie du temps de projection consiste par conséquent en d’interminables coups de téléphone qui résument l’action (à quoi bon ? tout le monde s’en tape !) afin de permettre à des personnages venus de films différents de coexister.


Réalisé (ou plutôt bricolé) en 1986, Clash of the Ninjas constitue un « bon » exemple des procédés utilisés par la compagnie Filmark (de Thomas Tang) dans l’art de mélanger deux métrages pour accoucher d’un tout…forcément pataud et incompréhensible. Cependant, dans ses grandes lignes, Clash of the Ninjas demeure étonnamment cohérent, à condition, bien sûr, de ne pas s’appesantir sur les détails d’un scénario (écrit par un dénommé Kurt Spielberg. Si !) de toutes manières ridicule et sans intérêt. Autrement dit, on comprend plus ou moins l’argument de ces combats folkloriques entre guerriers vêtus de costumes multicolores : une traditionnelle rivalité fratricide entre les deux disciples d’un grand maître assassiné.

Deux amis, élèves de Kinta, un maître Ninja, ont suivis des chemins divergents : Roy a tué son maitre après avoir tenté d’abuser de sa compagne. Il est devenu le chef d’un clan mafieux agissant de manière internationale. Tony, pour sa part, a rejoint les forces de l’ordre mais dissimule à ses collègues sa véritable nature de… Ninja. Un jour les deux anciens disciples se retrouvent face à face, dans deux camps opposés…les ninjas vont devoir s’affronter !

Clash of the Ninjas débute de la pire manière par un affrontement incompréhensible et illisible qui se déroule dans une obscurité quasi-totale. En bref, on ne voit rien, on ne comprend rien, on ne sait pas qui sont les « bons » et les « gentils » et on n’a aucune idée pourquoi tout ce petit monde se tape joyeusement dessus. La suite, heureusement, prendra place dans la lumière, permettant au spectateur d’admirer cette évidente perle de cinémathèque.


Si les Ninjas interviennent peu durant la première heure (ils se contentent, souvent, de se dissimuler au fond de l’image et s’intègrent mal aux bastons sans doute récupérées d’un film chinois oublié), ils s’en donnent cependant à cœur joie dans la dernière bobine. Affublés de tenues grotesques, nos combattants de l’ombre usent de tous leurs gadgets légendaires (bombes miniatures, écrans de fumées, lance-flammes, shurikens, etc.) et autres pouvoirs magiques (téléportation, transformation, dédoublement) dans un duel martial complètement hystérique et jouissif. Ce grand moment de n’importe quoi justifie, quasiment à lui seul, la vision d’un long-métrage sinon un peu trop sage et languissant pour contenter le « nanardeur » aguerri.
Le casting, de son côté, manque de valeurs sûres du « ninja movie ». Nulle trace, ici, de Richard Harrison ou de Hwang Jang Lee, à la place il faudra se contenter de Paulo Tocha, alias Bruce Stallion, alias Paul Torcha, lequel entretient, jusque sur le visuel de la jaquette, une très vague ressemblance avec Sylvester Stallone.

Déjà aperçu dans Silver Dragon Ninja , Ninja Terminator et autre Ninja Dragon, le comédien, accessoirement authentique champion de Muay Thai, arbore, durant toutes ses scènes, une expression unique et joue incroyablement mal, notamment dans une désastreuse séquence pseudo érotique au potentiel comique indéniable. Le précocement décédé Louis Roth (1947 – 1994), vu dans pas mal de productions hongkongaises, campe, pour sa part, son adversaire, forcément moustachu et ricanant. Tous les acteurs, probablement déjà piteux dans la version originale, voient en outre leur performance « sublimée » par des doubleurs en roue libre qui les affuble de tics de langages et d’accents caricaturaux à souhait. De grands moments de rigolades plus ou moins volontaires.

Sans être aussi déjanté et jusqu’au-boutiste que Flic ou Ninja ou Ninja Terminator, cette obscure production hongkongaise demeure un moment sympathique pour les amateurs de cinéma joyeusement ringard à la débilité assumée. Si certaines longueurs empêchent d’emporter l’adhésion, le final anthologique (rarement aura-t-on vu plus crétin) devrait amuser les plus indulgents, avec une bière et du popcorn bien sûr.


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