Critique de film

Chronicle

"Chronicle"
affiche du film
  • Genre : Type Documentaire, Fantastique - Pouvoirs paranormaux
  • Année de production : 2012
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Max Landis
  • Pays d'origine : USA, Angleterre
  • Durée : 1h24
  • Budget : 12 millions de dollars
  • Scénariste : Max Landis, Josh Trank
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  • Bande annonce
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  • Casting : Michael B. Jordan, Michael Kelly, Alex Russell, Dan DeHaan
  • Récompenses : --

Après avoir été en contact avec une mystérieuse substance, trois lycéens se découvrent des super-pouvoirs. La chronique de leur vie qu’ils tenaient sur les réseaux sociaux n’a désormais plus rien d’ordinaire… D’abord tentés d’utiliser leurs nouveaux pouvoirs pour jouer des tours à leurs proches, ils vont vite prendre la mesure de ce qui leur est possible. Leurs fabuleuses aptitudes les entraînent chaque jour un peu plus au-delà de tout ce qu’ils auraient pu imaginer. Leur sentiment de puissance et d’immortalité va rapidement les pousser à s’interroger sur les limites qu’ils doivent s’imposer… ou pas !

Les critiques à propos de ce film

Critique de Chronicle - Adolescence troublée
Par : Samuel Tubez




Premier long métrage écrit et réalisé (avec la contribution au scénario de Max - fils de John - Landis) par le nouveau-venu Josh Trank (la série The Kill Point), Chronicle est le nouveau found footage movie à la mode. Les détracteurs du procédé peuvent continuer à faire la grimace, les amateurs de superpouvoirs et de science-fiction, eux, pourraient par contre bien apprécier cette excellente surprise.

Si l’histoire de Chronicle ne brille pas par son originalité et que son déroulement n’a rien de réellement surprenant, le film compense par une caractérisation des personnages salvatrice qui nous faire suivre avec beaucoup d’intérêt les pérégrinations de ces trois jeunes adultes, nous faisant partager leurs sentiments les plus enjoués comme les plus sombres. Ainsi, lors d’une soirée bien arrosée, ceux-ci vont s’approcher d’un peu trop près d’une sorte de météorite et, suite à ce contact, vont se voir pourvu de pouvoirs télékinésiques. D’abord amusés par ces nouvelles capacités, ils vont au fur et à mesure tenter de les maîtriser mais, bien sûr, les choses vont dégénérer…

C’est bien connu, jouer aux divinités, ça découle toujours sur des problèmes cataclysmiques. L’exemple le plus révélateur (et de loin le personnage le plus intéressant du métrage) est ici Andrew, ce personnage interprété par le jeune Dane DeHaan (vu brièvement dans les séries New York Unité Spéciale et True Blood) qui, rejeté de tous, partage son quotidien entre une mère malade et un père alcoolique. Se trouvant grâce à ces pouvoirs une réelle identité sociale, le jeune homme, auparavant introverti, laissera peu à peu ces nouvelles capacités prendre le dessus, ces dernières devenant l’incarnation de ses frustrations les plus terribles. Et, même si en cours de route Andrew trouve l’amitié auprès de ses acolytes (car le film est aussi le beau et intime récit d’une amitié naissante), son basculement est inévitable et risque bien d’en mettre plus d’un à genoux. Ainsi le climax, qui convoque la puissance enragée d’un certain Tetsuo dans Akira, s’avère d’une intensité folle et devient tout à fait éprouvant. Alors oui, au passage Josh Trank use et abuse du procédé de journal de bord filmé caméra au poing (ou plus exactement dans la plupart des cas, en lévitation), nous faisant perdre nos repères et en multipliant avec malice les points de vue. Mais plus qu’un effet de mode, ce concept tient quasi-parfaitement la route tout du long (hormis peut-être lors de la scène de la clinique). Et ça, ce n’est pourtant pas toujours les titres les plus prestigieux en la matière qui peuvent s’en targuer (au hasard Cloverfield et ses cameramen amateurs capables de continuer à shooter tout en jouant aux funambules).

Allégorie du mal-être adolescent, Chronicle n’est certainement pas la première réflexion sur l’adolescence dopée aux superpouvoirs. Pourtant, son pessimisme et son regard plus sombre que la « normale » (hollywoodienne s’entend) lui font passer du statut de divertissement à la mode à celui d’œuvre cinématographique bien ancrée dans son époque. Quant au procédé de found footage, derrière son apparente roublardise, il ne fait au final qu’affirmer le côté humain de l’histoire.


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