Critique de film

Chambre 1408

"1408"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Spectres, fantômes et esprits
  • Année de production : 2007
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Mikael Hafström
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h34
  • Scénariste : Stephen King, Matt Greenberg, Scott Alexander, Larry Karaszewski
  • Musique : Gabriel Yared
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : John Cusack, Samuel L. Jackson, Mary McCormack, Kim Thomson
  • Récompenses : Nominé aux Teen Choice Awards 2007 comme Meilleur Film d'Horreur
    Fantastic's Award du Meilleur film de fantômes (2007)

Bien qu'il soit un auteur réputé de romans d'épouvante, Mike Enslin n'a jamais cru aux fantômes et aux esprits. Pour lui, la vie après la mort n'est que pure invention, et il a passé suffisamment de temps dans des maisons hantées et des cimetières pour le vérifier... En travaillant sur son dernier ouvrage, il découvre l'existence d'une chambre, la 1408 du Dolphin Hotel, où se sont produites de nombreuses morts inexpliquées et souvent violentes. Malgré les mises en garde du directeur de l'hôtel, Enslin décide d'y passer une nuit.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Chambre 1408 - Toc ! Toc ! Toc ! Ghost Room service... puis-je entrer ?
Par : Gore Sliclez




Mike Enslin, un écrivain raté, fuyant son passé (la mort de sa fille) et ses espoirs de carrière, rédige désormais des guides touristiques spécialisés dans les établissements hantés et sillonne le pays à la recherche de nouvelles demeures. Ne croyant pas aux fantômes il est cependant un jour intrigué par un appel anonyme suggérant la chambre 1408 de l’hôtel Dolphin à New York. Celle-ci, condamnée au public, fut le lieu de nombreuses morts violentes relatées en partie à Enslin par un directeur d’hôtel bien ennuyé. L’écrivain, malgré les nombreuses mises en garde, décide de prendre le pari de rester une heure dans la chambre au péril de sa vie…

Il n’y a pas que les Français et les Espagnols que l’on vient débaucher pour s’attaquer au marché des States. Mikael Hafström, auteur d’un Derailed (2004) plutôt sympa, hérite pour son deuxième film US d’une adaptation d’une nouvelle de Stephen King. Excusez du peu ! Quand on connaît la pression et les difficultés hors normes que connurent bon nombre de réalisateurs avant lui pour transposer à l’écran une histoire d’un maître incontesté du genre...

Heureusement, le Suédois peut se reposer en partie sur les frères Weinstein (toujours aussi inspirés) et la présence d’un John Cusack au casting pour se munir d’un maximum de chances de réussite.
Ce qui frappe d’emblée le spectateur c’est cette ambiance étrange, un peu onirique, un peu surannée, admirablement entretenue. Certes on y retrouve tous les poncifs du genre : les portes qui claquent, la télé qui s’allume (celle-là, si on ne la pas fait cent fois au ciné, hein !) les fantômes qui passent et repassent en transparence, les pleurs de l’enfant perdu ou encore ces murs qui saignent… mais l’abord est bien différent que les classiques déjà vu et revus. La succession nerveuse et crescendo de scènes montrant les tentatives désespérées de fuites, de contacts extérieurs, de changements soudains de décors (un comble quand on sait que toute l’histoire se passe dans une seule et unique pièce) ou de conditions climatiques, vous retourne allègrement sans vous donner la possibilité de souffler quelque peu.

Le regard terrifié d’un Cusack se rendant compte soudainement que plus rien n’est du jeu et qu’il devient victime d’un piège effrayant, est un grand moment de tension qui fait basculer le film dans l’angoisse pure.
Parfois brouillonne et illisible, la mise en scène est malgré tout astucieusement dirigée et nous fait penser irrémédiablement à certains passages d’un Shining (1980) par ce côté old fashion de l’hôtel et cette impression dérangeante d’effluves anciennes comme maintenues en suspension et terriblement menaçantes. Un poids du passé qui écrase l’atmosphère malgré une vision ordonnée et proprette d’une chambre anodine, la 1408. Soudain, celle-ci semble le centre de l’Enfer, isolée, éloignée, perdue, le tout comme dans un cauchemar éveillé ou dans les pensées surréalistes d’un esprit malade et retors.

Accumulant les twists aux réussites aléatoires, Chambre 1408 est malheureusement parfois trop long et répétitif dans ses développements que pour être excellent, mais renoue par bonheur avec l’angoisse pure tout en offrant à John Cusack la possibilité d’exprimer tout le talent d’un acteur décidément trop discret. Film inégal, nerveux et déjanté, le réal n’a pas oublié cependant le plus important peut-être : nous faire peur…


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