Critique de film

Cell Phone

"Cell Phone"
affiche du film

Clay Riddell, dessinateur de bandes-dessinées, est témoin d’une scène de carnage à l’aéroport de Boston : tous ceux qui se servent de leur téléphone portable se transforment instantanément en zombies sanguinaires. Il rejoint alors un groupe de survivants et part, avec Tom McCourt, à la recherche du signal à l’origine de ce chaos.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Cell Phone - On passe dans un tunnel
Par : Damien Taymans

Les portables connaissent un développement technologique sans précédent. Jugez plutôt : entre l’achat des droits du best-seller de Stephen King, Cellulaire, et sa sortie officielle, il s’est écoulé pas moins de six versions de l’Iphone (rien que ça !). D’ici à là, le projet racheté par Dimension Films et confié dans un premier temps à Eli Roth s’est mué et a vu toutes les personnalités attachées sauter progressivement de l’appareil (du producteur aux scénaristes). La version finale est chapeautée par Richard Saperstein, déjà en poste sur les adaptations de Chambre 1408 et The Mist, qui confie le script à Adam Alleca (La Dernière Maison sur la Gauche) et Stephen King lui-même et la réalisation à Tod Williams qui a fait ses armes sur le navrant Paranormal Activity 2. Et pour rester en terrain conquis, les deux comédiens principaux de Chambre 1408 reprennent du service : John Cusack et Samuel L. Jackson partagent l’affiche de ce qui restera une mièvre adaptation d’une des œuvres les plus faibles de King.

Après une séquence d’intro qui introduit directement le récit dans le registre de l’horreur et pose les balises nécessaires à l’apocalypse promise, le scénario se paume complètement, expédiant les enjeux dramatiques et sacrifiant les personnages sur l’autel de quelques scènes d’attaques zombiesques. Car de morts-vivants, il en question du début à la fin du métrage, sans que cette infection qui gangrène peu à peu l’humanité par le truchement des ondes ne soit jamais expliquée ou justifiée. Désireux de livrer un condensé ramassé façon Reader’s Digest de sa brique, Stephen King réduit au strict minimum narratif son histoire et expurge le traitement de tous les développements des êtres qui parcourent des kilomètres pour retrouver les leurs et découvrir le phénomène auquel ils sont confrontés. C’est que le romancier, habitué à voir ses œuvres adaptées sur des formats plutôt longs (la mini-série reste le mètre-étalon), fonce aveuglément (sans mauvais jeu de mots) vers l’essentiel, propulsant ses héros en enquêteurs de haut standing. Deux ou trois indices leur suffisent à échafauder des théories capillotractées, ce qui permet à l’intrigue d’avancer vers un autre carrefour, sans le moindre égard pour la crédibilité.

A mesure que les scènes s’enchaînent à ce rythme effréné, le sous-texte (l’inhumation progressive de la communication par l’excès de smartphone qui conduit à une déshumanisation) s’efface, ne laissant qu’un ensemble de péripéties vaguement reliées au déroulement parfois grotesque (la mise à mort des "phoneurs" sur le terrain de foot, la séquence finale). Cell Phone restera sans doute l’une des pires transpositions kingiennes au cinéma, accusez réception de ce naufrage.


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