Critique de film

Catwoman

"Catwoman"
affiche du film
  • Genre : Fantastique
  • Année de production : 2004
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Pitof
  • Pays d'origine : USA, Australie
  • Durée : 1h44
  • Budget : 85 millions de dollars
  • Scénariste : Bob Kane (personnages) / Theresa Rebeck, John D. Brancato, Michael Ferris, John Rogers
  • Musique : Klaus Badelt
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  • Bande annonce
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  • Casting : Halle Berry, Benjamin Bratt, Sharon Stone, Lambert Wilson, Alex Borstein
  • Récompenses : CNOMA Award du Meilleur maquillage en 2005
    Razzie Awards de la Pire actrice (Halle Berry), Pire réalisateur, Pire photographie, et Pire scénario en 2005

Patience Philips est une artiste douée, mais maladivement timide, qui se contente d'un modeste emploi de dessinatrice publicitaire au sein du conglomérat Hedare Beauty que dirigent le tyrannique George Hedare et sa femme, le légendaire top model Laurel. Cette société se prépare à lancer "LE" cosmétique miracle censé procurer aux femmes un visage et un corps à jamais immaculés.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Catwoman - Pas très châtoyant !
Par : Damien Taymans


Patience Phillips travaille comme publiciste dans une grande boîte de cosmétique qui gagne des points grâce à l’arrivée de leur nouveau produit miracle appelé Beau-Line qui permet de lifter sans se faire tirer (très avantageux pour les ménopausées ridées comme des shar peis). Alors qu’elle se tape des heures sup’, la pauvre employée découvre malencontreusement un terrible secret : l’application de ladite crème entraîne des effets secondaires pour le moins néfastes qui démolissent ni plus ni moins la tronche des quinquagénaires qui oseraient ne plus l’appliquer. Patience en sait trop, les sbires de la patronne la boîte doivent l’éliminer. Mais c’est sans compter sur un chat étrange qui lui insuffle une nouvelle vie et, du même coup, la dote de caractéristiques félines…

En ces années 2000, la mode est incontestablement aux super-héros. Relancés par le X-men de Bryan Singer, portés aux nues par les épisodes arachnophiles de Sam Raimi, les héros capés, protecteurs de la veuve et de l’orphelin, sauveurs des vieilles dames en difficulté, ont plus que jamais la cote. Mais au royaume des power rangers, tout le monde ne peut réclamer sa part du trône. Ainsi, profitant de la voie ouverte par les modèles, certains réals se sont fourvoyés en signant force adaptations indigestes de comic books au plus grand mépris des écrits originels. Daredevil ouvrait la danse, bientôt suivi de son spin-off Elektra qui en suivait un autre, celui de Catwoman, somptueuse créature féline divinement interprétée par la très sensuelle Michelle Pfeiffer lors du Batman, le défi de Tim Burton.

Réalisé par Pitof, créateur des effets spéciaux de nombre de films fantastiques français (Fantôme avec chauffeur, La Cité des enfants perdus, Didier) et réalisateur du visuellement abouti Vidocq, Catwoman fait incontestablement partie de ces coups foireux qui puent à des dizaines de kilomètres. Le costume cheappy aux allures de dominatrices sadomaso sur le retour endossé par Halle Berry (précédemment refusé par Michelle Pfeiffer), l’intégration d’un casting pour le moins hétéroclite, l’éloignement du comic originel de Bob Kane (Salina Kyle, secrétaire, devient Patience Phillips, publiciste), le pitch d’un ridicule sans nom, la réalisation amphétaminée, autant d’éléments néfastes qui sonnent le glas d’une des plus mauvaises adaptations de ces dernières années. La réhabilitation burtonnienne d’un des personnages les plus énigmatiques de la série des Batman se voit anéantie par l’amateurisme du présent métrage qui accumule les boulettes et jette de ce fait par la fenêtre les sommes colossales déplacées pour cette entreprise (la bagatelle de 85 millions de dollars).

Etonnamment, si on peut être rebuté par la mise en scène surabondante de Pitof qui recourt sans cesse à une multitude d’effets épars pour prouver son savoir-faire, il s’agit pourtant là d’une des moindres défaillances. Peu soutenue par un scénario simplifié à outrance et par un casting composé d’étoiles qui ont bien du mal à se briller en campant d’exécrables personnages tous plus indigestes les uns que les autres (Lambert Wilson écope d’un ersatz du Mérovingien de Matrix reloaded, Halle Berry ne parvient pas à atténuer son jeu entre les figures de Patience et Catwoman, Sharon n’a jamais été aussi Stone que dans ce rôle inintéressant), la réalisation du directeur de Vidocq perd toute crédibilité, incapable de sublimer le néant ni de magnifier la vacuité.

Catwoman vient contredire l’adage qui tend à populariser le fait que les chats retombent inévitablement sur leurs pattes. Couronnée d’un Razzie award bien mérité, la pauvre Halle Berry, peu à son avantage dans le genre (c’est pas elle la femme invisible dans X-men ?) remerciera avec ironie Pitof pour lui avoir offert ce rôle. A cela, une simple question qui brûle toutes les lèvres : Halle Berry lit-elle les scénars qu’on lui expédie ou, en simple parvenue plastiquée, accepte-t-elle toutes les invitations selon le nombre de zéros contenus sur le chèque ?

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