Critique de film

Cargo

"Cargo"
affiche du film
  • Genre : Science-fiction
  • Année de production : 2009
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Ivan Engler, Ralph Etter
  • Pays d'origine : Suisse
  • Durée : 2h00
  • Budget : 4,5 millions de francs suisses
  • Scénariste : Arnold Bucher Ivan Engler Patrik Steinmann Johnny Hartmann Thilo Röscheisen
  • Musique : Fredrik Strömberg
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  • Bande annonce
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  • Casting : Martin Rapold, Michael Finger, Claude-Oliver Rudolph, Yangzom Brauen, Pierre Semmler, Maria Boettner, Regula Grauwiller, Anna-Katharina Schwabroh
  • Récompenses : Mention spéciale au BIFFF 2010

Depuis l'effondrement de la Terre et de son système écologique, les hommes vivent dans de petites stations spatiales surpeuplées. Le seul espoir est RHEA, une planète paradisiaque à cinq années lumière de la Terre. A bord du vaisseau Kassandra, tout l'équipage est plongé dans un profond cryo-sommeil à l'exception d'une jeune doctoresse. Au fil de ses gardes, elle a de plus en plus la sensation de ne pas être la seule éveillée…

Les critiques à propos de ce film

Critique de Cargo - Pas arrivé à bon port...
Par : Quentin Meignant


Mention Spéciale du Jury 7ème Parallèle lors du BIFFF 2010, Cargo se distingue comme l’un des seuls films de SF suisses de l’histoire, preuve que les Helvètes eux aussi chérissent un genre qui a trop peu connu de sommets dans leur pays. Premier long-métrage du duo de cinéastes Ivan Engler et Ralph Etter, le premier s’étant néanmoins distingué en 2000 avec l’excellent court Nomina Domini, le film a bénéficié du travail de sept scénaristes avant de voir le jour, preuve du sérieux d’une entreprise qui peina pourtant à voir le jour. Cargo prend place dans un univers où la Terre a été rendue inhabitable par les exactions humaines. Depuis, ceux-ci vivent dans de petites stations spatiales surpeuplées. Le seul espoir est RHEA, une planète paradisiaque à cinq années lumière de la Terre. A bord du vaisseau Kassandra, tout l’équipage est plongé dans un profond cryo-sommeil à l’exception d’une jeune doctoresse. Au fil de ses gardes, elle a de plus en plus la sensation de ne pas être la seule éveillée...

Alors que les surprises SF se multiplient, tant au niveau des simili-blockbusters (l’indétrônable District 9) que des œuvres plus modestes (l’excellent Moon), Cargo, en plus de représenter à lui seul le savoir-faire de son pays, se devait de tenir la dragée haute aux grosses cylindrées d’un genre semblant connaître une seconde jeunesse. C’est donc avec un certain souci de l’esthétique que le film débute, les deux cinéastes faisant preuve d’une sens assez poussé des décors leur permettant de donner de la profondeur à leur image malgré un manque apparent de moyens.

Ces excellentes intentions se retrouvent malheureusement rapidement sapées par l’incapacité des comédiens à rendre leurs mornes dialogues crédibles, l’action de Cargo versant petit à petit dans un ennui fort prégnant. Déblatérant sans cesse de manière presque incompréhensible sur une intrigue mal ficelée, les différents protagonistes ne livrent que fort peu de séquences rythmées, ces rares dernières se révélant de toute manière totalement inattractives. A ce titre, les bonnes impressions visuelles laissées par l’entame de l’œuvre disparaissent au profit de scènes brouillonnes enchaînant les inserts foireux à grande vitesse. La qualité formelle s’en ressentant bien entendu immédiatement, les cinéastes parachèvent l’ensemble par l’entremise d’un scénario ultra-référentiel tournant petit à petit au n’importe quoi le plus total. A mi-chemin entre Creature (pour son côté low budget décérébré censé singer Alien) et Matrix (pour le fond trop référentiel de son intrigue), Cargo acquiert au film de son déroulement le statut d’un mauvais épisode de Derrick saupoudré d’un romantisme aussi inopérant que ridicule.

Trop long, trop lent, Cargo, hormis une bonne dizaine de minutes d’entame passables, fait étalage de tous les clichés d’un sous-genre dans lequel il s’avère totalement inutile. Si le fait que la Suisse ait enfin pu offrir un film de SF a quelque chose de sympathique, Ivan Engler et Ralph Etter n’étaient sans doute pas les hommes de la situation.

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