Critique de film

Blair Witch

"Blair Witch"
affiche du film

James et un groupe d'amis décident de s'aventurer dans la forêt de Black Hills dans le Maryland, afin d'élucider les mystères autour de la disparition en 1994 de sa sœur, que beaucoup croient liée à la légende de Blair Witch. Au départ, les jeunes étudiants s'estiment chanceux en tombant sur deux personnes de la région qui leur proposent de les guider à travers les bois sombres et sinueux. Mais tandis qu'ils s'enfoncent dans la nuit, le groupe est assailli par une présence menaçante. Peu à peu, ils commencent à comprendre que la légende est bien réelle et bien plus terrifiante que ce qu'ils pouvaient imaginer...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Blair Witch - Gerbe des bois
Par : Samuel Tubez




Exit Blair Witch 2 : Le Livre des ombres, cette nouvelle plongée dans la forêt de Black Hills fait suite au film de 1999 en réitérant le procédé du found footage mais en laissant les commandes à un nouveau réal qui monte, Adam Wingard (You’re Next, The Guest). Sous le regard des réalisateurs initiaux, tout de même, puisque Eduardo Sanchez et Daniel Myrick veillent au grain aux postes de producteurs exécutifs.

On suit ainsi James, bien décidé à retrouver sa sœur disparue en 1994 dans la fameuse forêt hantée. Muni de caméras portables, il part avec trois de ses amis, le groupe étant bientôt rejoint par deux autres jeunes de la région qui leur proposent de les guider. Et voilà tout ce beau monde jeté une fois de plus entre les mains de la sorcière de Blair…

Quoi d’autre ? Pas grand-chose, le film reprenant bien trop à l’identique les passages obligés hérités du premier film, transformant cette suite en une succession de « déjà-vu » (de là à le qualifier de remake caché, il n’y a qu’un tout petit pas). Mais avant cela, il faudra tout de même avaler une première grosse incohérence puisque, cela ne vous aura certainement pas échappé, le frangin part à la recherche de sa sœur plus de vingt ans après sa disparition. Et il ne veut pas simplement comprendre ce qu’il s’est passé puisqu’il a carrément l’espoir, tout du long, de la retrouver en vie ! Cette longue période est entièrement assumée puisque nous voyons de très brèves images des recherches qui n’ont menées à rien et, époque contemporaine oblige, les randonneurs ne tournent plus en 16 mm mais utilisent des caméras frontales ainsi qu’un drone (très mal exploité, soit dit en passant). On pourrait éventuellement justifier cette énormité par la présence d’une dimension parallèle esquissée dans le récit par le scénariste (et fidèle collaborateur d’Adam Wingard) Simon Barrett, mais cette composante est trop peu développée que pour nous convaincre. Scénario et utilisation du found footage incohérente (vas-y que je te multiplie les plans sans me soucier si ça colle vraiment à la position de mes caméras), personnages absolument pas caractérisés (un frère, très con donc, et sa copine blanche, un couple afro et deux autochtones bizarres, c’est à peu près tout ce qu’on saura d’eux !), ce Blair Witch démarre franchement très mal.

La suite ne fera pas mieux. Adam Wingard n’exploite jamais pleinement le potentiel de ses caméras et préfère accumuler à la place des images illisibles et à ce point agitées qu’elles ne font que provoquer des haut-le-cœur. D’un point de vue purement cinématographique, le réalisateur de You’re Next nous avait tout de même habitué à mieux. Peut-être que les amateurs de found footage apprécieront (mais il y en a-t-il encore vraiment ?) car, niveau tension, le réal’ déclare avoir voulu marcher sur les traces de Massacre à la tronçonneuse en « passant constamment d’une situation effrayante à une autre plus terrifiante encore ». Mouais…tout ça ressemble davantage à un discours marketing bien rôdé qui nous prendrait pour des ânes car devant un tel bordel, difficile d’éprouver le moindre frisson, la moindre angoisse, si ce n’est celle de ne pas trouver les toilettes tout de suite en sortant pour aller déposer sa gerbe.

Quasi remake du film original, ce Blair Witch accumule les incohérences et ne fait preuve d’aucune inventivité dans sa mise en scène pour renouveler le frisson d’antan. Un remake fainéant et opportuniste qui se cache une fois de plus derrière une suite aux saveurs pseudo-nostalgiques. Sans intérêt.


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