Critique de film

Bedevilled

"Kim Bok-nam salinsageonui jeonmal"
affiche du film
  • Genre : Thriller horrifique
  • Année de production : 2010
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Yang Chul-soo
  • Pays d'origine : Corée du Sud
  • Durée : 1h55
  • Budget : 700.000 Dollars
  • Scénariste : Kwang-young Choi
  • Musique : Tae-seong Kim
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Yeong-hie Seo, Seong-won Ji, Min Je, Min-ho Hwang, Ji-eun-i Lee, Jeong-hak Park
  • Récompenses : Grand Prix du Jury au Festival de Gerardmer 2010

Bedevilled suit Hae-won, une belle trentenaire célibataire qui travaille dans une banque à Séoul. Elle mène une vie bien remplie jusqu’à ce qu’elle assiste à une tentative de meurtre. Au même moment, la situation se complique dans sa vie professionnelle et elle est forcée à prendre des vacances. Elle part à « Moodo », une petite île sous-développée, où, petite, elle était venue rendre visite à ses grands-parents et où elle s’était liée d’amitié avec une fille, Bok-nam. En arrivant sur l’île, Hae-won est choquée de voir tout le monde traiter Bok-nam comme une esclave. Etant quasiment la seule jeune fille sur l’île, elle est l’objet sexuel des hommes et une main d’œuvre gratuite pour les femmes. Elle supplie Hae-won de l’aider à s’échapper, mais Hae-won reste indifférente, ne voulant s’impliquer dans une situation compliquée...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Bedevilled - Tout le monde il est (pas) beau
Par : Quentin Meignant




Auréolé du Grand Prix du Festival de Gerardmer, lors duquel il a devancé le déjà cultissime I saw the Devil, Bedevilled constituait le film choc de la Fantastic Night du BIFFF 2011. Si, clairement, le métrage de Yang Chul-soo n’avait nullement sa place durant cette séance chahutée, il ne manque pas grand-chose à l’œuvre pour obtenir le statut de film culte. Bedevilled s’intéresse au destin d’Hae-won, une belle trentenaire célibataire qui travaille dans une banque à Séoul. Elle mène une vie bien remplie jusqu’à ce qu’elle assiste à une tentative de meurtre. Au même moment, la situation se complique dans sa vie professionnelle et elle est forcée à prendre des vacances. Elle part à « Moodo », une petite île sous-développée, où, petite, elle était venue rendre visite à ses grands-parents et où elle s’était liée d’amitié avec une fille, Bok-nam. En arrivant sur l’île, Hae-won est choquée de voir tout le monde traiter Bok-nam comme une esclave. Etant quasiment la seule jeune fille sur l’île, elle est l’objet sexuel des hommes et une main d’œuvre gratuite pour les femmes. Elle supplie Hae-won de l’aider à s’échapper, mais Hae-won reste indifférente, ne voulant s’impliquer dans une situation compliquée...

Largement inspiré du classique Hanyo, aka The Housemaid, qui a déjà connu un remake à succès l’an passé, Bedevilled pourrait sans doute être perçu comme un énième film de vengeance à la coréenne. Mais Yang Chul-soo fait preuve d’une certaine malice dès les premières scènes, instillant une grande dose de poésie et de lyrisme à l’ensemble. Parvenant à jongler avec les codes les plus classiques de ce genre de film, le cinéaste, après une introduction rapide et ultra-convaincante, offre au spectateur des séquences à couper le souffle en y faisant cohabiter plusieurs sentiments, plusieurs émotions.

Du drame le plus émouvant au bonheur en passant par la nostalgie et la peur, Bedevilled allie plus de cordes qu’il n’en faut à son arc pour livrer un ensemble du plus bel effet, encore renforcé par un véritable travail de fond sur la photographie. Totalement abouti de ce point de vue-là, l’œuvre bénéficie par ailleurs d’un montage plutôt nerveux à certains moments, outil d’un savant dosage dans la terreur. Celle-ci se développe par ailleurs avec brio tout au long de l’ensemble, Yang Chul-soo évitant le piège du manichéisme forcé en donnant à chacun de ses personnage un grain de folie et de méchanceté. Même l’héroïne, campée à merveille par Ji Seong-won, bénéficie de ce traitement on ne peut plus original.

Bénéficiant de séquences d’une violence indicible, Bedevilled est sans aucun doute l’une des plus grosses claques cinématographiques de cette année. Si le métrage reste dans l’ombre du grand I saw the Devil, malheureusement sorti en même temps, l’industrie horrifique coréenne a encore de beaux jours devant elle et s’est même trouvé un nouveau fer de lance : Yang Chul-soo.


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