Critique de film

Balada Triste

"Balada triste de trompeta"
affiche du film
  • Genre : Drame, comédie
  • Année de production : 2010
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Alex de la Iglesia
  • Pays d'origine : Espagne
  • Budget : 7 millions d'Euros
  • Scénariste : Alex de la Iglesia
  • Musique : Roque Baños
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  • Bande annonce
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  • Casting : Carlos Areces, Carolina Bang, Antonio de la Torre, Manuel Talaffé, Manuel Tejada, Alejandro Tejerías, Enrique Villén, Gracia Olayo, Santiago Segura, Paco Sagárzazu,...
  • Récompenses : Lion d'Argent à la Mostra de Venise 2010

Dans l’enceinte d’un cirque, les singes crient sauvagement dans leur cage tandis qu’à l’extérieur, les hommes s'entre-tuent sur la piste d’un tout autre cirque : la guerre civile espagnole. Recruté de force par l’armée républicaine, le clown Auguste se retrouve, dans son costume de scène, au milieu d’une bataille où il finira par perpétrer un massacre à coup de machette au sein du camp national. Quelques années plus tard, sous la dictature de Franco, Javier, le fils du clown milicien, se trouve du travail en tant que clown triste dans un cirque où il va rencontrer un invraisemblable panel de personnages marginaux, comme l’homme canon, le dompteur d’éléphants, un couple en crise, dresseurs de chiens mais surtout un autre clown : un clown brutal, rongé par la haine et le désespoir, Sergio. Les deux clowns vont alors s’affronter sans limite pour l’amour d’une acrobate, la plus belle et la plus cruelle femme du cirque : Natalia.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Balada triste de trompeta - Triste clown tueur
Par : Samuel Tubez


C’est en fanfare que s’est ouvert le 29ème BIFFF grâce à la présentation en avant-première du nouveau film d’Alex de la Iglesia : Balada triste de trompeta. Un retour à un cinéma plus déjanté et plus proche de ses débuts (Action mutante et Le jour de la bête en tête) mais avec néanmoins toute la maestria que le cinéaste a su acquérir au fil des années. Un petit régal.

Espagne, 1937. Pendant la guerre civile, un clown est enrôlé de force par l’armée, alors en manque de chair à canon. Emprisonné puis tué, il laisse un fils, Javier. Des années plus tard, sous le régime de Franco, Javier est embauché dans un cirque pour y jouer le rôle du clown triste. Très vite, il tombe amoureux de Natalia, trapéziste canon et compagne de Sergio, le clown joyeux du cirque, qui est en réalité une véritable raclure. L’affrontement va être dantesque ! (autrement dit : ça va chier !)

Après le très classe (mais un peu trop sage) Crimes à Oxford, Alex de la Iglesia revient en force avec ce film mêlant histoire d’amour et de vengeance, le tout sur fond de guerre civile. Dans Balada triste de trompeta, le héros se fait brutaliser et humilier pour ensuite revenir scarifié et prêt à en découdre. Mordant à pleine dents dans les travers de son pays, le réalisateur du Crime farpait a cependant l’intelligence de ne pas plomber l’ambiance avec ses considérations politiques, laissant la parabole en toile de fond, insidieusement présente comme le sont les problèmes de chaque société. Sans retenue, il nous lâche ses personnages déjantés (quelle magnifique intro mettant en scène Santiago Segura charclant à tout va), enchaîne les scènes dérangeantes (sexe sauvage, humain réduit à l’état d’animal) et assure une mise en scène stylisée (le final, riche en idées visuelles flamboyantes, en fait d’ailleurs peut être un peu trop). Vous l’aurez compris, Balada triste de trompeta est aussi généreux que déjanté, aussi violent dans ses images que virulent dans sa critique politique et aussi drôle que sexy (sûr qu’on reparlera de la belle Carolina Bang, qui figurera d’ailleurs dans le prochain film du cinéaste).

Récompensé à deux reprises au dernier Festival de Venise (prix du scénario et de la mise en scène remis par Quentin Tarantino – tout s’explique !), Balada triste de trompeta est un joli bordel parfaitement maîtrisé dont on se délecte de bout en bout. A la fois brûlot politique et comédie romantico-gore, Alex de la Iglesia nous prouve qu’il n’a rien perdu de son mordant. Mais ça, on n’en doutait pas une seconde !


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