Critique de film

Baby blood

"Baby blood"
affiche du film
  • Genre : Horreur, Gore
  • Année de production : 1990
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Alain Robak
  • Pays d'origine : France
  • Durée : 1h22
  • Scénariste : Alain Robak, Serge Cukier
  • Musique : Carlos Acciari
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Emmanuelle Escourrou, Christian Sinniger, François Frappier, Rémy Roubakha, Alain Chabat, Jean-Yves Lafesse
  • Récompenses : Aucune

La jeune maitresse du directeur d'un cirque itinérant s'ennuie et attend qu'il lui arrive quelque chose dans la vie. Cela ne tarde guère car une drôle de chose s'insinue dans son ventre. Yanka est enceinte d'un petit être très exigeant qui parle, qui a faim et soif de sang !

Les critiques à propos de ce film

Critique de Baby blood - Allô maman, ici bébé
Par : Damien Taymans




Certaines œuvres horrifiques françaises se disputent le titre de première œuvre gore tricolore. Ainsi, les prétendants au titre sont nombreux et l’étiquette goresque devient rapidement un fourre-tout au sein duquel vient se greffer tout et n’importe quoi. Le pitoyable La Revanche des mortes-vivantes mentionne ce statut sur son affiche sans prêter attention aux nombreux films sanglants qui l’ont précédé (Les Raisins de la mort, La nuit de la mort, …). Baby blood, sans avoir la prétention de revendiquer un tel titre peut en tout cas se targuer d’être le premier métrage frenchy à suivre le précepte jouissif du gore pour le gore…

Un tigre vient d’être capturé dans un cirque tenu par un macho sans scrupules qui humilie sa compagne autant qu’il le peut. Le lendemain, la bête féroce est retrouvée déchiquetée dans sa cage sans qu’on sache ce qui en est la cause. De son côté, Yanka, la maîtresse du patron-dompteur (de fauves et de sa femme) se retrouve avec un bébé dans le ventre qui réclame son lot de sang humain pour pouvoir grandir convenablement. De sa voix de stentor, il commande à sa mère de tuer des hommes pour qu’il puisse terminer sa croissance…

Contrairement à ce que pourraient laisser croire les quelques lignes que j’ai usées pour bâtir le synopsis, le scénario est aussi mince qu’un ticket de métro. Le décor planté, le reste du métrage ne consiste plus qu’en une course-folle opérée par Yanka à l’encontre des représentants de la gent masculine afin de rassasier au mieux le monstre qu’elle porte dans son ventre. Adoptant la trame simpliste du road movie conventionnel, Baby blood emplit son heure et demi règlementaire à l’aide de rencontres infortunées et de mésaventures inintéressantes, devenant une œuvre répétitive à la limite d’être ennuyeuse.

Pourtant, les pérégrinations de Yanka ont quelque chose de profondément jubilatoire du fait qu’elles présentent un double intérêt. Le gore en est un et pas des moindres. Omniprésent et réellement jouissif, le côté sanglant du métrage en fait d’emblée une œuvre à part puisqu’elle répond à une tendance en vogue pour toute une série d’amateurs d’un cinéma Z parfois rapidement qualifié d’underground sous prétexte qu’il ne se résume qu’en effusions de sang et démembrements volontairement exagérés. L’exagération n’est pas absente du métrage d’Alain Robak, déclinant son appétit sanglant en autant de geysers d’hémoglobine ou de giclades sanguinolentes, recourant même à une introspection du corps de Yanka pour satisfaire complètement les désirs carnassiers des spectateurs. En marge de ces boucheries volontairement outrancières subsiste un intérêt tout particulier à l’égard de la relation maternelle que nourrit Yanka vis-à-vis de son immaculée conception. Le rejetant dans un premier temps, la mère par interim se laisse finalement guider par la voix d’un nouveau maître, forcément masculin, qui lui dicte les faits et gestes à accomplir pour assouvir son appétit insatiable.

Forte de ce lien non-ombilical qui la réunit à cet être qu’elle tend à aimer et à défendre, Yanka se venge grâce à ces ordres contre les pires représentants de la race masculine. Camionneur qui ne pense qu’au sexe (et hop, une p’tite apparition de Jean-Yves Lafesse), pervers à tête de bite (du fait de sa calvitie semblable en-dessous et au-dessus de la ceinture), sportifs enclins à l’orgie, autant dire que la route de la jeune mère est jalonnée de nombreux personnages machos négatifs sur lesquels la donzelle aura le plaisir de faire passer les foudres de sa colère afin d’alimenter son nourrisson.

Du gore pour du gore, telle est la recette de ce Baby blood, une recette foncièrement réductrice mais tellement jubilatoire qu’on en redemande volontiers.

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