Critique de film

Atrocious

"Atrocious"
affiche du film
  • Genre : Thriller horrifique
  • Année de production : 2010
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Fernando Barreda Luna
  • Pays d'origine : Espagne, Mexique
  • Durée : 1h15
  • Scénariste : Fernando Barreda Luna
  • Musique : Óscar Grau, Jaime Puig
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Rafael Amaya, Jose Masegosa, Chus Pereiro, Cristian Valencia
  • Récompenses : Aucune

En avril 2010, la police espagnole fait un rapport suite à la découverte de 37 heures d'enregistrement vidéo qui éclairent d'une lumière nouvelle une affaire de meurtre particulièrement atroce. Sur les images on y découvre une famille dans sa maison de vacances, où les jumeaux Cristian et July Quintanilla passent leur temps à enquêter sur une légende urbaine locale terrifiante. Alors que leur enquête avance, des événements étranges se produisent jusqu'à un point de non retour...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Atrocious - Le docu m’enterre
Par : Damien Taymans




"Plus angoissant qu’Insidious, plus pervers de Subconscious..." (Amazon) mentionnera probablement dans quelques mois la pochette de ce DTV en puissance qui s’infiltre à son tour dans le créneau du documenteur. Atrocious, réalisé par l’ibérique Fernando Barreda Luna, illustre que la tendance du found footage a atteint le point de non-retour et que le genre, pressuré jusqu’au noyau par une foule de vidéastes, a désormais livré tout son jus. A telle enseigne que chaque nouvelle livraison semble s’adonner à la sur-référence. De ce millésime, on ne retiendra in fine que The Troll hunter d’André Ovredal, seule création un tant soit peu originale qui s’extirpait avec brio du bestiaire traditionnel (démon, sorcière, morts-vivants, fantômes) en mettant en scène des trolls monumentaux. Présenté à juste titre comme le cadet de Paranormal activity, Atrocious suit deux adolescents, July et Christian, qui s’auto-proclament investigateurs dans le domaine de l’étrange. Caméra greffée à l’épaule, frère et sœur enquêtent à Sitgès sur une légende locale et parcourent de part en part un labyrinthe géant en quête de sensations fortes.

À l’instar de ses pairs, Atrocious s’ankylose durant son premier acte dans la description lénifiante de deux ados qui s’emmerdent royalement dans leur maison de campagne et témoignent l’un après l’autre de leurs découvertes journalières. Après visite intégrale dudit labyrinthe, exploration d’une cave mystérieusement fermée à clé, séquence émotion durant laquelle le rejeton coupe du bois en compagnie de son père, un drame se produit : le clébard est introuvable. Peut-être parce qu’il trouve le temps long également, allez savoir. Toujours est-il que les enquêteurs en herbe trouvent là matière à alimenter leurs fantasmes nocturnes qui se déploient en déambulations sous la lune dans un dédale noyé dans les ténèbres. Sauf que le spectateur, privilégié, assiste à tout grâce à l’infra-rouge que les deux jeunes ont le bon goût d’activer.

De bobine en bobine, Atrocious se rapproche davantage du Projet Blair witch et de ses désorientations crépusculaires ponctuellement marquées par des faits inexplicables. Pour l’heure, la brume se dissipe totalement lors du dernier acte sur-explicatif qui s’exerce même à clarifier les ellipses de l’ensemble. Un retour en arrière opportun puisque le spectateur, noyé dans le tourbillon d’images floues qui s’enchaînent en cascade, n’a identifié aucun des événements survenus aux héros pour lesquels il n’éprouve déjà plus la moindre empathie.

Nouveau coup dans l’eau pour cet essai en caméra subjective se bornant à recycler tous les ingrédients du found footage tels que déclinés dans le film de Sanchez et Myrick. Moins putassier qu’un Grave encounters, moins amateuriste que The speak, Atrocious tire son épingle du jeu en se contraignant au classicisme du genre. Une décalque pas trop honteuse, en somme...


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