Critique de film

8mm

"8mm"
affiche du film
  • Genre : Thriller
  • Année de production : 1999
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Joel Schumacher
  • Pays d'origine : USA, Allemagne
  • Durée : 2h03
  • Budget : 40 millions de dollars
  • Scénariste : Andrew Kevin Walker
  • Musique : Mychael Danna
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  • Bande annonce
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  • Casting : Nicolas Cage, Joaquin Phoenix, James Gandolfini, Catherine Keener, Peter Stormare, Anthony Heald, Myra Carter
  • Récompenses : Golden Trailer awards en 1999

Privé à Harrisburg, Pennsylvanie, Tom Welles mène une vie banale avec sa femme Amy et leur petite fille. Entre deux filatures pour adultère, il rêve de l'affaire exceptionnelle qui fera de lui un grand parmi les grands. Lorsqu'une richissime veuve lui demande d'enquêter sur le film 8 mm qu'elle a découvert dans le coffre de son défunt mari, Tom bascule dans un univers dont il ne soupçonnait pas l'existence. Les sévices et le meurtre de la jeune inconnue filmes sur la bobine sont-ils seulement une perverse mise en scène ou bien une terrifiante réalite?

Les critiques à propos de ce film

Critique de 8 mm - Quelques millimètres de trop...
Par : Damien Taymans


Tom Welles, détective privé apathique, accessoirement flanqué d’une femme et d’une mioche qu’il ne voit que très peu, course les réalisateurs d’un snuff-movie dans lequel une jeune ado est décédée quelques années auparavant.

A la simple évocation du nom de Joel Schumacher, les poils se dressent, les échines se recourbent chez de nombreux cinéphiles toujours pas remis de leurs précédentes désillusions, (nombreuses est-il besoin de le rappeler ?). C’est que le bougre, qui écume le tout Hollywood depuis quelques années, n’a émis que très peu de propositions intéressantes, cachant allègrement son manque de compétence filmique derrière des scénars construits découlant pour la plupart d’adaptations de romans de John Grisham (Le droit de tuer ?, Le client) ou de scénaristes confirmés. 8mm ne déroge en rien à la règle puisqu’il s’appuie sur un script signé par Andrew Kevin Walker, celui-là même qui conçut l’histoire du Se7en de Fincher. Se7en dont on sent fréquemment l’influence aussi bien sur le travail de Schumacher (les décors poisseux omniprésents) que sur la construction de l’intrigue scénaristique de son géniteur. Enquête singulière que celle menée par Tom Welles, père de famille et mari absent, qui s’enfonce de minute en minute davantage dans les gouffres infernaux d’un cauchemar indicible.

Ce cauchemar, c’est celui de la petite Mary Anne Mathhews disparue depuis une huitaine d’années qui n’a laissé pour seul témoignage que cette pellicule qui lui valut une mort atroce. Partie à Hollywood pour y entamer une carrière d’actrice, l’adolescente a cru à des rêves improbables, ceux-là même qu’on qualifie d’ « américains », sis de l’autre côté de l’Atlantique. Calvaire dont Welles endosse tous les tourments à chaque vision de ladite bobine, éprouvant une empathie sans bornes pour cette gamine dont la vie a été lâchement dérobée par une bande de psychopathes uniquement intéressés par les sommes colossales déversées pour cette entreprise. Cet étrange rapprochement entre la feue victime et le détective Welles, par le truchement d’un lien qui transgresse les lois de l’au-delà, se pose comme l’une des idées les plus intéressantes du métrage, permettant à l’oeuvre de s’éloigner de la traditionnelle ligne de conduite du vigilante conventionnel. S’engageant sur un terrain glissant, 8mm évite cependant l’écueil de la moralisation outrancière qui frappe généralement ce genre de productions qui sombrent volontiers dans la facilité en argumentant silencieusement pour la légitimité de la self-vengeance (le récent Red pour s’en convaincre). Dénué de toute volonté de psychanalyse de comptoir, le métrage excelle dans le non-dit, risquant du même coup de frustrer les nombreux spectateurs pragmatiques avides d’explications supplémentaires. En guise de justifications, 8mm se contente du silence ou de révélations floues à l’excès (comme celles d’un Machine enfin découvert). Une tournure à double tranchant tout aussi préjudiciable qu’elle atteste d’un manque crucial de "c..." de la part de Schumi et de son acolyte en raison de sa distanciation certes volontaire mais peu osée d’un sujet « chaud » et « tabou » même dans l’époque qui est la nôtre.

En dépit de son traitement quasi documentaire (les tréfonds du monde pornographique sont explorés avec un retrait journalistique) et de ses nombreuses qualités scénaristiques, 8mm pâtit pourtant du manque de psychologie de son personnage principal dont le tableau familial restera complètement inexploité. De même que l’on ne pourra que regretter la durée trop expansive d’une oeuvre qui eût aisément pu se voir amputée d’une demi-heure.

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