Critique de film

4bia

"See Prang"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Banjong Pisanthanakun, Paween Purikitpanya, Youngyooth Thongkonthun, Parkpoom Wongpoom
  • Pays d'origine : Thailande
  • Durée : 2h00
  • Scénariste : Banjong Pisanthanakun, Paween Purikitpanya
  • Musique : Terdsak Chanpan, Hualampong Riddim
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Laila Boonyasak, Pongsatorn Jongwilak, Maneerat Kham-uan
  • Récompenses : Aucune

Une fille solitaire entreprend une relation par le biais d’un message SMS pendant qu’elle se remet d’un grave accident de voiture. Une jeune victime d’intimidation se venge grâce à la magie noire. Quatre amis se font peur avec des histoires terrifiantes de revenants, alors qu’ils font du camping dans la jungle. Une hôtesse de l’air doit escorter le corps d’une princesse en visite, qui est rapatrié vers sa terre natale pour y être inhumé. Quatre réalisateurs, quatre histoires. Bienvenue dans l’univers de 4BIA

Les critiques à propos de ce film

Critique de 4 BIA - Quatre histoires de l’au-delà
Par : Quentin Meignant






Le cinéma de genre thaïlandais prouve depuis une petite décennie qu’il n’a rien à envier à celui de pays où l’industrie cinématographique est pourtant bien plus développée. Emergeant du marasme asiatique ambiant, la Thaïlande propose même chaque année quelques perles, consacrant au passage des réalisateurs qui, petit à petit, se font un nom (souvent compliqué à épeler d’ailleurs) sur la scène internationale. Alors que Banjong Pinsanthanakun et Parkpoom Wongpoom (Shutter, Alone) représentent les fers de lance de cette industrie montante, ils ont décidé avec leur mentor, Youngyooth Thongkonthun, et l’inexpérimenté Paween Purikitpanya de créer une anthologie horrifique intitulée 4 BIA, qui n’a pas tardé pas à s’imposer comme numéro un du box-office national. A l’image des 3 extrêmes, 4 BIA se veut donc être une compilation de ce que le cinéma de genre thaïlandais peut proposer de mieux à des spectateurs toujours plus nombreux.

Le premier segment, intitulé Happiness et signé Thongkonthun, narre l’histoire d’une jeune femme solitaire qui reçoit un message texte d’un homme sur son cellulaire. Elle s’éprend rapidement de lui et passe ses journées à lui envoyer des messages. Lorsqu’elle se rend compte qu’elle converse en fait avec un fantôme, son idylle prend une tout autre tournure. Se rapprochant d’œuvre telles que La mort en ligne ou encore Phone, le segment de Thongkonthun offre quelques belles sueurs froides et ce malgré l’absence totale de dialogues et l’inefficacité du style « film d’écran » qui représentent un certain handicap. Le cinéaste parvient à faire oublier celui-ci par une mise en scène astucieuse et une photographie irréprochable. La tension monte graduellement jusqu’à une explosion poétique finale hors du commun, un climax qui masque une lenteur scénaristique pourtant omniprésente.

Après ce premier segment réussi, le second, Tit for Tat, des œuvres de Paween Purikitpanya, retrace la vengeance d’un étudiant qui est la cible des moqueries et des tortures de ses camarades. Il fait appel à un esprit vengeur pour éliminer ses ennemis, un esprit ne recule devant rien. Tranchant singulièrement au niveau du rythme et du style avec son prédécesseur, Tit For Tat revêt tout d’abord un aspect choquant. Utilisant des couleurs vives et présentant une violence graphique assez impressionnante, le second segment étonne dans sa première partie. Malheureusement, après quelques mise à mort aux relents gore plutôt sympathiques, la machine de Purikitpanya se grippe et laisse le spectateur face à un scénario limité et à des créatures franchement peu crédibles. Heureusement, un final à l’esthétique passable et à l’imaginaire écoeurant vient sauver un ensemble plutôt faiblard.

Les ados violents et écervelés de Purikitpanya laissent alors place à ceux, gentiment décérébrés, de Pisanthanakun et de son troisième segment intitulé In the middle. Ceux-ci partent en randonnée en kayak. Tout se passe à merveille jusqu’au moment où le bateau chavire et que l’un des marins d’eau douce disparaît dans les flots. Les trois survivants sont alors persuadés que ce dernier va venir les hanter durant une nuit sous tente des plus agitées… Habitué à concevoir des bandes horrifiques efficaces, Pinsathanakun change ici de registre pour instiller à son In the Middle un caractère délirant. Personnages hauts en couleurs légèrement fêlés cohabitent avec l’aspect parodique des plus vieilles légendes thaïlandaises, débitées çà et là par les antihéros. Le scénario, amusant de bout en bout, offre de plus quelques surprises qui renforcent encore l’intérêt de l’ensemble. Dès lors, si In the Middle tient plus de la comédie, le cinéaste parvient à faire preuve d’une vraie originalité et propose un twist final ravageur tant pour l’esprit que pour les zygomatiques.

Enfin, Last Fright, de Parkpoom Wongpoom propose au spectateur de finir sur une note d’effroi, revisitant au passage la mythologie des ghosts thaïlandais. Ce quatrième et dernier segment se déroule dans un avion en plein vol où une hôtesse doit servir la princesse d’un pays lointain. Elle lui sert un produit auquel elle est allergique et la princesse ne tarde pas à succomber. Comble de malchance, c’est l’hôtesse elle-même qui va devoir s’occuper du corps durant son rapatriement. A peine dans l’avion, le fantôme de la princesse débarque pour se venger… Après une charmante première partie mettant en présence deux actrices très douées, le métrage de Wongpoom plonge vers le monde ultra-balisé des fantômes asiatiques. Dès lors, le cinéaste se borne à reprendre les différents éléments du genre et à les appliquer, avec une certaine maladresse, à son œuvre. En découle un nombre incalculable d’inepties qui, au fil du temps, rendent ce Last Fright inutile et irritant. Une bande-son sursaturée et un final qui tombent à plat viennent parachever le moins bon épisode de ce 4 BIA.

Avec une grande réussite et deux segments passables, 4 BIA fait plus que remplir son rôle de divertisseur des foules. Sans exceller à aucun moment, cette compilation permet de se rendre compte de l’avancée d’un cinéma thaï jamais à court d’idées nouvelles.

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