Critique de film

3 extrêmes

"Saam Gaang yi, Three... extremes"
affiche du film
  • Genre : Thriller - Thriller horrifique
  • Année de production : 2005
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Takashi Miike, Park Chan-Wook, Fruit Chan
  • Pays d'origine : Japon, Corée du Sud, Hong Kong
  • Durée : 2h05
  • Scénariste : Haruko Fukushima, Lilian Lee, Park Chan-Wook, Bun Saikou
  • Musique : Kwong Wing Chan, Kôji Endô
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  • Bande annonce
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  • Casting : Miriam Yeung, Bai Ling, Tony Leung Ka-Fai, Lee Byung-Hun, ...
  • Récompenses : Meilleure Actrice (Ling Bai) au Golden Horse Festival 2004
    Nominé comme Meilleur Réalisateur (Fruit Chan), Meilleure Production et Meilleure Maquillage et Costumes au Golden Horse Festival 2004
    Meilleure Actrice (Ling Bai) au Hong Kong Film Awards 2005
    Nominé comme Meilleure Direction Artistique, Meilleur Photographie, Meilleure scénario et Meilleur Acteur de second rôle (Tony Leung Ka Fai) aux Hong Kong Film Awards 2005

    Film du Mérite aux Hong Kong Critics Film Awards 2005
    Meilleur Maquillage au Festival de Sitges 2004
    Nominé comme Meilleur Film au Festival de Sitges 2004

3 extremes regroupe trois films fantastiques asiatiques : Dans Nouvelle cuisine de Fruit Chan, Madame Ching Lee, une ancienne star de Hong Kong approchant de la quarantaine, goûte aux raviolis cuits à la vapeur de Mei, une ancienne employée du corps médical, pour rajeunir, quitte à en payer le prix fort. Dans Coupez ! de Park Chan-wook, un réalisateur aussi acclamé du public qu'apprécié des critiques se retrouve aux prises avec un détraqué qui lui propose un choix terrifiant : tuer un enfant ou voir les doigts de sa femme coupés les uns après les autres. Dans La Boîte de Takashi Miike, une romancière à succès mène une vie solitaire, derrière laquelle se cache un lourd secret. Un secret qu'aimerait bien découvrir son éditeur, qui ne semble pas insensible au charme de la jeune femme.

Les critiques à propos de ce film

Critique de 3 extrêmes - Trois contes effrayants...
Par : Damien Taymans






3 extrêmes est une sorte de suite de "3 histoires de l’au-delà" qui réunissait trois réalisateurs asiatiques pour réaliser trois histoires d’horreur et qui a remporté un succès international énorme. Pour cette suite, on a fait appel à trois réalisateurs de nationalités différentes : Takashi Miike (Japon), Park Chan-Wook (Corée) et Fruit Chan (Hong Kong)

Commençons par le commencement. Le premier épisode est malheureusement le plus mauvais des courts-métrages proposés sur le DVD. « Nouvelle cuisine », du hongkongais Fruit Chan est certes sympathique mais n’arrive pas à la cheville des deux autres métrages. L’épisode met en scène une femme qui, accusant le poids des années, cherche un moyen pour demeurer jeune. Elle fait la rencontre d’une femme capable de lui rendre la jeunesse grâce à des plats concoctés à base de fœtus humains.

En voulant verser dans le thriller sociologique en mettant en lumière ces femmes qui veulent à tout prix rester jeunes, Chan nous offre une œuvre certes contemporaine mais dont les frayeurs sont absentes. En effet, Chan semble avoir oublié l’objectif principal de la série et s’est détourné complètement des schémas horrifiques.

Mais le vrai problème c’est que son épisode est loin d’être une réussite. Un récit arythmé, sans réel fond. Même si l’histoire découle de faits réels, Nouvelle cuisine reste malgré tout bien indigeste et dénote avec la qualité des deux autres métrages.

Le deuxième épisode, intitulé « Coupez ! » est signé Park Chan-Wook, réalisateur coréen à qui l’on doit notamment Old Boy ou encore Sympathy for Mister Vengeance. L’histoire met en scène un réalisateur, Ryu, à qui tout sourit : réussite financière, familiale, … Alors qu’il rentre chez lui, il est accueilli par un étranger qui a attaché sa femme pianiste. Choqué de n’avoir jamais été remarqué par le réalisateur, ce dernier décide de lui proposer un dilemme pour mettre à l’épreuve sa gentillesse : soit il tue un enfant kidnappé par l’étranger, soit il devra voir la souffrance de sa femme dont les doigts seront coupés un à un…

Coupez ! reste dans la lignée des autres films du réalisateur coréen au niveau des thèmes abordés : opposition des classes sociales, désir de vengeance, dilemmes dont aucune issue n’est favorable. L’innommable cruauté du métrage est indicible : jamais un choix n’a été aussi difficile, aussi vicelard. Et on se laisse prendre au jeu en tentant soi-même de se mettre dans la situation du pauvre réalisateur. Mais bien malin est qui saurait dire de quel côté pencherait sa balance… Aucune issue n’est permise dans ce genre de situation et, quoiqu’il arrive, on fonce droit vers l’enfer.

Le troisième et dernier épisode est réalisé par Takashi Miike, réalisateur japonais qui a déjà signé de nombreuses réussites comme Ichi the killer ou Audition. Dans La boîte, on suit une romancière à succès cloisonnée chez elle. Traumatisée par son passé, elle ne réussit pas à se sociabiliser. Miike traite à nouveau des problèmes de famille qui lui sont chers et grâce auxquels il peut traiter les problèmes de la société en général. La boîte représente les secrets qui peuvent exister au sein d’une famille, des secrets indicibles qu’on a beau reléguer à la tombe, on ne les oublie jamais, ils nous hantent pour toujours.

En adoptant un rythme plus lent que dans ses autres films (quoique cet épisode soit comparable au niveau du rythme à Audition), Miike crée une atmosphère pesante. Il opte pour une trame non linéaire qui permet l’alternance de cauchemars et scènes du passé avec le présent, tout aussi chargé que le passé. Le huis clos étouffant qu’instaure le réalisateur nippon amplifie encore les peurs et souffrances de la romancière et contribue à maintenir un climat d’oppression du début à la fin du métrage…

Une très belle série donc dont les deux derniers épisodes rattrapent la froideur et l’inconsistance du premier. Vive l’Asie !

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