Critique de film

The Mirror

"Oculus"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h45
  • Budget : 5 000 000 dollars
  • Musique : The Newton Brothers
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Plusieurs années après la mort de leurs parents, Tim et Kaylie Russell découvrent la cause de cette tragédie familiale. Un miroir maudit a causé une traînée de sang et de destruction pendant les 300 dernières années. Tandis que Tim séjournait dans un hôpital psychiatrique, Kaylie a enquêté sur la cause de l'accident. Afin de pouvoir clôturer ce passé, ils doivent se battre contre le démon qui habite dans le miroir. Alors qu'ils sont poursuivis par des démons et phénomènes étranges, Kaylie et Tim découvrent que leur histoire familiale est en fait une histoire de violence, de mensonges.... et de meurtres !

Les critiques à propos de ce film

Critique d’Oculus - Miroir, miroir
Par : Samuel Tubez




Le miroir est un élément récurrent du cinéma fantastique ou d’épouvante qui, parfois, en devient carrément la vedette pour un résultat généralement, admettons-le, médiocre (on se rappelle avec tristesse du piteux Mirrors d’Alexandre Aja). Oculus changerait bien la donne car l’objet, encensé par la critique américaine et sacrément bien reçu lors de son passage au festival de Toronto en 2013, continue de faire grand bruit et enchante une grande partie des amateurs d’horreur qui l’on découvert. De là à le sacrer meilleur film d’horreur de l’année, il n’y a qu’un pas…que nous ne franchirons pas, ou en tous cas pas tout de suite.

Interné suite au violent décès de ses parents, Tim Russell retrouve sa sœur Kaylie qui a longuement attendu sa libération et s’est entretemps préparée pour respecter la promesse qu’ils s’étaient autrefois faite. Alors que Tim souhaite tirer un trait sur ces faits traumatisants, sa sœur aînée est quant à elle bien décidée à enquêter sur les causes mystérieuses du drame car elle est convaincue que cela est dû à un miroir maléfique qui aurait plongé leurs parents dans la démence. Ayant fait l’acquisition de l’objet lors d’une vente aux enchères, Kaylie convainc son frère, d’abord incrédule et trop jeune pour se souvenir des faits, à revenir dans leur maison d’enfance avec l’équipement nécessaire (caméras et systèmes de protection à l’appui) pour affronter les pouvoirs surnaturels de l’objet. Peu à peu les terrifiants faits reviennent à l’esprit de Tim tandis que la tragédie semble se reproduire.

Si le concept est simple et archi-rebattu (un trauma du passé qui hante dans tous les sens du terme des personnages fragilisés), Mike Flanagan (Absentia) s’amuse toutefois à déconstruire son histoire pour mieux troubler le spectateur et installer une tension psychologique imparable. Est-on face à des évènements paranormaux ou bien est-ce que tout cela se passe dans la tête des protagonistes ? Le film trouve véritablement son originalité dans sa façon d’appréhender les faits, jouant avec les points de vue (dont celui du miroir, personnage machiavélique à part entière du film) et les souvenirs de chaque protagoniste (les sauts dans le passé sont fréquents), les faisant presque constamment cohabiter dans un même plan ou une même scène (le montage est de ce point de vue aussi perturbant que brillant). Les pistes sont brouillées et, surtout, le trouble est tel que le métrage en devient littéralement anxiogène. Pourtant, pas de gros jump scares, très peu d’effets et quasi aucune apparition monstrueuse sont à signaler, mais bel et bien un véritable savoir-faire dans l’art de la suggestion. Une belle subtilité « à l’ancienne » qui n’est pas sans rappeler, toutes proportions gardées, des œuvres telles que La Maison du Diable ou Rosemary’s Baby, les mètres-étalons du genre. Bien que bénéficiant en sus d’un casting des plus convaincants d’où sortent du lot la belle rouquine Karen Gillan (l’Amy Pond de la série Doctor Who et future Nebula dans Les Gardiens de la Galaxie) et Katee Sackhoff (Battlestar Galactica, Riddick), Oculus reste cependant en-dessous de ces références, la faute à un léger manque de fantaisie dans les visions cauchemardesques et une grande prévisibilité quant à l’issue finale. S’il est donc un excellent prétendant au titre de film d’horreur de l’année, c’est avant tout dû au manque d’audace et d’originalité de ses concurrents dans un genre qui ne cesse de se copier sans imagination. Oculus gagnant par défaut ?

Davantage reflet de monstrueux souvenirs qu’un réceptacle de spectres ou autres démons sautillants, Oculus évite la surabondance de jump scares foireux propice à ce genre de production, prenant son temps pour installer son atmosphère et parvenant, grâce à un montage habile et une structure originale, à dérouter le spectateur et lui foutre les pétoches comme il se doit. Une petite réussite.


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