Critique de film

Insidious

"Insidious"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2010
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : James Wan
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h42
  • Scénariste : Leigh Whannell
  • Musique : Joseph Bishara
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Patrick Wilson, Rose Byrne, Barbara Hershey, Angus Sampson, Ty Simpkins, Andrew Astor, J. LaRose, Derick Alexander, Arielle Brachfeld, Josh Feldman
  • Récompenses : --

Josh, son épouse et leurs trois enfants vivent depuis peu dans leur nouvelle maison lorsque l'aîné tombe dans un coma inexpliqué. Étrangement, une succession de phénomènes paranormaux débute peu après. Un médium leur révèle alors que l'âme de leur fils se trouve quelque part entre la vie et la mort, dans la dimension astrale, et que les manifestations sont l'oeuvre de forces maléfiques voulant s'emparer de son enveloppe corporelle. Pour le sauver, Josh va devoir lui aussi quitter son corps et s'aventurer dans l'au-delà...

Les critiques à propos de ce film

Critique d’Insidious - Train fantôme à grande vitesse
Par : Damien Taymans




Josh, son épouse Renai et leurs trois enfants vivent depuis peu dans leur nouvelle maison quand l’aîné sombre inexplicablement dans le coma. Les médecins patinent dans la mélasse, le gamin est rapatrié à domicile tandis que Josh multiplie les heures de correction pour pouvoir payer les soins de son fils. Laissée seule en sa compagnie à la maison, Renai doit faire face à une succession de phénomènes paranormaux...

Depuis le coup d’éclat Saw, l’Australien James Wan a multiplié les incursions dans différents genres pour autant de réussites : après le film de trouille d’inspiration gothique (Dead silence), le vigilante ultra-burné (Death Sentence et son Kevin Bacon vénère), Wan s’insinue dans les ténèbres via une histoire de maison hantée avec Insidious. En la matière, tout ou presque a déjà été exploité, le récent diptyque Paranormal activity ayant en outre enfoncé la touche "documenteur". C’est pourtant sous l’impulsion d’Oren Peli, réalisateur du premier épisode, que naît Insidious, scénarisé par le complice de toujours de Wan, Leigh Whannell.

Si Dead silence puisait son imagerie dans le cinéma des années 50 et 60, Insidious semble tout droit sorti des deux décennies suivantes, celles-là même qui ont vu émerger les franchises Poltergeist, Amityville et House. Ne cédant pas à la tendance ultramonstrative actuelle, James Wan privilégie le jeu des ombres, s’amuse avec le champ-contre-champ, taquine le spectateur en multipliant les angles de caméra et, du coup, crée l’effroi via quelques jump-scares parcimonieusement disséminé au sein des quarante-cinq premières minutes de l’oeuvre. La sensation d’étouffement progresse, assaille l’héroïne comme les spectateurs, qui ne bénéficient d’une bouffée d’air que lors d’un déménagement s’avérant au final inutile. Variation de tons, changement d’ambiance, mise en scène plus éthérée préparant inéluctablement à une nouvelle angoisse. En suivant cette dynamique de montagnes russes, Insidious capte totalement l’attention et investit le spectateur, lui conférant un rôle de témoin alerte (aucun resserrement focal, le témoin doit chercher dans l’entièreté du cadre les nouveaux signes d’une manifestation paranormale). Original en diable (expression des plus adéquate), Insidious se défait des références précitées pour en épouser une autre, parangon des films de fantômes, le Shining de Stanley Kubrick, ressuscité musicalement grâce à quelques assauts de cordes et formellement grâce à la maestria de James Wan.

Cette prodigieuse première partie dévoie ensuite dans le registre du burlesque. Par l’introduction d’un tandem de spécialistes emmanchés d’abord et via la pénétration de ténèbres, décrites avec la même folie baroque que les couloirs de l’au-delà de Beetlejuice, ensuite. Choix dommageable qui parfume l’ensemble d’effluves dignes du Jusqu’en enfer de Sam Raimi, l’art du décalage en moins. Indépendamment de son entame, ce second volet aurait pu s’avérer convaincant ; successivement à un premier tableau extrêmement flippant, il tourne finalement à vide.

Insidious confirme l’art de son géniteur dans la création d’atmosphère. Un pur film de flippe capable de faire sauter le bouchon d’un trouillomètre exténué par les pseudo effets de ses prédécesseurs documenteurs. Avec quelques fausses notes finales qui entravent son accession au panthéon des chefs-d’oeuvre indiscutables.


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