Critique de film

Le Conte de la princesse Kaguya

"Kaguyahime no monogatari"
affiche du film
  • Genre : Animation, Drame, Fantastique
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Japon
  • Durée : 2h17
  • Musique : Joe Hisaishi
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Adapté d’un conte populaire japonais "Le couper de bambou", un des textes fondateurs de la littérature japonaise, Kaguya, "la princesse lumineuse", est découverte dans la tige d'un bambou par des paysans. Elle devient très vite une magnifique jeune femme que les plus grands princes convoitent : ceux-ci vont devoir relever d’impossibles défis dans l’espoir d’obtenir sa main.

Les critiques à propos de ce film

Critique Le Conte de la Princesse Kaguya - L’art de la simplicité
Par : Nicolas Zinque


Isao Takahata est l’autre figure emblématique des Studios Ghibli. Il a notamment signé le chef-d’œuvre Le Tombeau des Lucioles, ainsi que d’autres films importants comme Pompoko et Mes Voisins les Yamada. Ces 10 dernières années, il s’est consacré à la réalisation du Conte de la princesse Kaguya, une œuvre magnifique, qu’il rêvait d’adapter depuis ses débuts en tant que réalisateur.

Le Conte de la princesse Kaguya est l’adaptation d’un conte japonais du Xe siècle, l’un des textes fondateurs de la littérature japonaise. Egalement intitulé Le Conte du coupeur de bambou, il relate l’histoire d’une jeune fille découverte dans une tige de bambou par un vieux paysan. Grandissant bien plus vite qu’un individu normal, elle devient une belle jeune femme, convoitée par les princes du Japon.
Il est des films qui, par la seule force de leurs images, sont capables de susciter de grandes émotions chez le spectateur. Le Conte de la princesse Kaguya est de ceux-là, et l’on s’en rend compte dès les premières secondes. Isao Takahata a réalisé un travail extraordinaire sur l’animation, créant d’ailleurs le studio n°7, à proximité des bureaux de Ghibli, pour mettre au point de nouvelles techniques d’animation. Et le résultat est là : une sorte de minimalisme qui ne se concentre que sur les éléments principaux de chaque plan, laissant une place à l’écran pour l’imagination du spectateur. Les dessins de Kaguya semblent être des croquis colorés à l’aquarelle. Ils se caractérisent par la mise en avant du trait, dont Takahata fait un élément narratif à part entière. Ces dessins reflètent également les émotions de Kaguya. Dans l’une des scènes les plus marquantes, la jeune femme laisse exploser sa rage. Elle s’enfuit, détruisant tout sur son passage. Sa course de plus en plus rapide et sa colère de plus en plus grande altèrent les dessins même, qui finissent par ne plus être que de traits, à peine griffonnés. La teinte de l’image vire au gris, et isole un peu plus Kaguya, seule tache de couleur à l’image. Un moment extraordinaire d’émotion et d’animation.
Cette scène est représentative d’un récit qui cherche d’avantage l’émotion dans ses scènes que le développement d’une intrigue. Si l’adaptation du Conte du coupeur de bambou a une plus forte résonnance dans la société japonaise, elle véhicule des messages universels, à l’instar des autres contes. Le vieux paysan souhaite sincèrement le bonheur de Kaguya, mais en voulant décider pour elle, en cherchant le bonheur conformément aux règles de la société, il néglige les propres envies de sa fille. Les scènes de bonheur, si touchantes, se font alors plus rares, pour mener à ce final bouleversant, qui s’inscrit logiquement dans ce film au ton résolument mélancolique. La bande son de Joe Hisaishi (le compositeur des Studios Ghibli, à l’œuvre sur les films de Miyazaki), discrète mais superbe, renforce cette atmosphère.

Isao Takahata signe une œuvre bouleversante, portée par des dessins magnifiques. S’il pèche par quelques longueurs et quelques scènes superflues, Le Conte de la princesse Kaguya a d’ores et déjà pris sa place dans les classiques de l’animation.


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