Critique de film

Le Bal de l'horreur

"Prom Night"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Slasher
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 2008-06-25
  • Réalisateur : Nelson McCormick
  • Pays d'origine : Canada, USA
  • Durée : 1h28
  • Budget : 18 millions de dollars
  • Scénariste : J.S. Cardone
  • Musique : Paul Haslinger
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Brittany Snow, Johnathon Schaech, Jessica Stroup, Kellan Lutz, Jana Kramer
  • Récompenses : Aucune

Entourée de ses meilleurs amis, Donna Keppel se rend au bal des finissants de son école secondaire, pour lequel ont été réservés la salle de réception et plusieurs chambres d'un grand hôtel de la ville. Mais les célébrations tournent au cauchemar lorsque le psychopathe, qui a jadis massacré les membres de la famille de la jeune femme, décide de prendre lui aussi part à la fête.

Les critiques à propos de ce film

Critique Le Bal de l’horreur - McCormick, dépêche-toi, ton film va se changer en citrouille
Par : Damien Taymans




En cinéma comme dans toute autre forme d’art naissent des courants qui perdurent souvent sur des décennies. En revanche, le septième brille par sa propension à obéir aux phénomènes de modes et même à en générer. Ainsi, grâce aux studios hollywoodiens, est apparue voici quelques années la tradition des remakes. Celle-ci consiste à dépoussiérer certaines vieilles bobines afin de réactualiser les métrages et de les faire connaître à la nouvelle génération. Subrepticement et sous couvert de ces horribles mensonges, les prods en profitent surtout pour toucher un public adolescent largement acquis à la cause de ces teenage movies formatés et fabriqués pour eux seuls.

Le remake, plus qu’une tradition, se transforme alors en phénomène de mode. Et la mode entraîne avec elle deux réaction antagonistes : les conservateurs précaires qui défendent bec et ongles leurs modèles profondément ancrés dans leur panthéon extensible et les je-m’en-foutistes qui sont juste heureux de voir les films de genre se forger une petite place dans les salles et rêvent volontiers d’un monde utopique où Horreur et Romance se tiendraient la main en batifolant sur les tapis rougeoyants de Cannes. Participant davantage à la deuxième catégorie, je n’en reste pas moins vigilant à l’égard de ces produits formatés et formatant qui n’auront en définitive d’autre alternative que de conditionner chaque individu à se sentir plus américain que les Américains.

En l’occurrence, ce sont ici les Canadiens qui copient leurs voisins. Le phénomène n’est pas neuf puisque les mangeurs de caribous ont très tôt (avec l’ensemble de l’Europe) suivi les modes lancées par leurs voisins du Sud. Les années 80 ont vu l’émergence des slashers, les Canadiens s’y sont donné à cœur joie en proposant d’assez bons produits comme Terror train ou My bloody Valentine. Au sein de cette production, on retrouve Prom night (intitulé en français Le bal de l’horreur) de Paul Lynch qui se consacra par la suite aux séries télévisuelles comme Star Trek ou encore Poltergeist. Si le métrage s’inscrivait formidablement dans le contexte de l’époque (les slashers aux armes blanches, les bals de prom’), celui-ci accuse avec le temps un vieillissement certain.

Près de trente ans plus tard, Nelson McCormick tente de redorer le blason de l’œuvre de Lynch en lui donnant une peau neuve. L’habitué des séries (parcours contraire de celui de Lynch donc) enrôle un casting de gueules connues pour asseoir la réussite du film et permettre de réaliser des scores honorables au box-office. Brittany Snow (John Tucker doit mourir, Nip Tuck), Jessica Stroup (La colline a des yeux 2) et Kellan Lutz (Les experts) viennent attirer leur nombre de badauds en figurant à l’affiche de la production.

Au film de commande de 1980 avec Jamie Lee Curtis en héroïne se substitue un nouveau film de commande qui répond aux mêmes critères. PG-13 avantageux qui induit un manque total de gore et d’hémoglobine (les meurtres sont d’ailleurs tous travaillés hors champ), ados aux profils largement esquissés, ambiance très classique et dénaturée, poncifs du genre à la pelle. A l’instar du modèle qu’il entend calquer (bien que certains points du scénar soient transformés), Prom night nouvelle mouture ne parvient jamais à se distinguer des classiques du sous-genre qu’il traite ; pire : il en reprend même de nombreuses séquences, tombant dans le jeu de la conformité assassine.

Le scénar de J.S. Cardone (qui signa aussi celui du Couvent de Mike Mendez, c’est dire que c’est une référence !) parvient à réaliser une délicate alchimie en permettant de s’insérer dans le contexte actuel tout en étant encore couvert des poussières de la version des eighties. Rien n’a évolué, rien n’a bougé et la médiocrité semble toujours de mise.

La beauté de Brittany Snow et de Ming-Na (miam !) n’y changeront rien. Prom night a beau s’être hissé bien haut lors de sa sortie en salles en terre anglophone, il n’en demeure pas moins un produit réchauffé et fade.


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