Critique de film

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La Cité des zombies

"Last Rites"
affiche du film

Une météorite contenant des spores zombies s’écrase à Los Angeles. La contamination est rapide. Les survivants doivent mettre de côté leurs divergences, afin de résister aux morts vivants affamés de chair humaine. Deux gangs rivaux vont devoir collaborer avec les forces spéciales pour affronter ce fléau.

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Trailer - La cité des zombies (2006)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de La cité des zombies - Urban living dead
Par : Damien Taymans
Tags : Zombies

Pour une vague raison horaire, deux clans, des latinos et des blacks, se retrouvent confrontés dans un hangar où ils étaient venus pour s’adonner à un trafic des plus louche. A l’extérieur, la police, informée par une taupe de la transaction, veille au grain pour mettre les fers aux malfrats. Mais, un danger plus inquiétant menace puisque, suite au passage d’une météorite, les clochards se changent en zombies et se mettent à attaquer tout ce qui bouge…

La cité des zombies (Gang of the Dead en anglais dans le texte) est, à ne pas s’y tromper un film d’horreur urbain centralisé dans les territoires retirés de la mégalopole américaine hantée par des gangs hétéroclites facilement reconnaissables à leurs blouses échancrées, leurs casquettes vissées à l’emporte-pièce sur la caboche et leurs décapotables garnies du séant de pétasses poumonneuses. En somme, le métrage du touche-à-tout Duane Stinnett, directement inspiré de la tradition des ghettos movies nés dès les prémisses des nineties, se veut créateur d’un nouveau genre mêlant les gangsta movies sauce Les princes de la ville aux classiques zombiesques.

Répondant aux préceptes de l’Amérique métissée, l’histoire met donc aux prises trois groupes raciaux (Latinos, Blaks et Blancs) qui luttent ensemble pour enrayer l’invasion des morts-vivants. Sauf que, étrangement, l’œuvre s’éloigne des sentiers battus (et rebattus), proposant une variation moins humaniste (et peut-être plus réaliste) de l’apocalypse naissante. Car, l’intérêt de cette hétérogénéité raciale réside dans les multiples affrontements qui naissent entre les protagonistes, donnant lieu à une lutte de pouvoir quasiment déshumanisante fonctionnant a contrario des habituelles fraternités qui émanent lors d’une situation extrême, balayant du même coup ce soi-disant anéantissement des antagonismes lorsque la cause devient similaire et, par extension, lorsqu’il s’agit de la survie. Vision pessimiste d’une humanité désincarnée devenue sans repères à l’instar de ces jeunes de banlieue qui ne connaissent que la loi du plus fort (ou de celui qui a le plus gros flingue, au choix), une vision corroborée par les dires de Campbell (référence au Bruce d’Evil dead tout comme son acolyte répondant au doux nom d’O’Bannon renvoie à l’un des créateurs zombiesques) qui constate que les voyous qui campent dans le hangar ne sont pas tout à fait différents des morts qui hantent la ville. Une ville largement éclairée faisant contraste avec l’obscurité omniprésente du lieu dans lequel ils sont reclus comme pour confronter les idéaux ténébreux des hommes aux motivations instinctives des morts-vivants créés par la société (puisqu’il s’agit ici de clochards).

Thématique intéressante mais pas des mieux maîtrisées. S’abstenant de tout discours moralisateur (plaie béante des œuvres zombiesques traditionnelles), le réal offre un discours parfois tendancieux sur les différents représentants raciaux de l’Amérique profonde, dépeignant ces gangs en des organisations de crapules patentées, lie d’une société en mal-être. Centralisée sur ses personnages (mal définis, un comble !), l’œuvre en oublie trop souvent leurs opposants baveux, ne parvenant jamais à mettre en place cette peur apocalyptique qui foisonne dans les métrages du genre (d’autant plus incompréhensible que le métrage possède un titre alternatif évocateur avec 48 weeks later) et oubliant du même coup de relever l’ensemble en moments de terreur d’effroi, ingrédients essentiels du genre horrifique.

Dépassant largement le niveau des DTV conventionnels, La cité des zombies s’impose pour son discours politiquement incorrect (parfois involontaire) qui noie considérablement l’action sous des flots d’affrontements inutiles.

Critique de La cité des zombies - La cité des préjugés
Par : Quentin Meignant

Duane Stinnett a commencé sa carrière dans le cinéma voici très peu de temps par le court horrifique The Curio Trunk (2000) mais, avant cela, l’homme était déjà d’une certaine manière dans le monde du spectacle puisqu’il a collaboré à de nombreux projets de… jeux vidéos ! Tantôt directeur artistique, tantôt responsable des effets visuels, il collabora notamment à l’inoubliable Diablo avant de s’atteler à divers jeux de la Blizzard Entertainment. Totalement émancipé après le tournage de son court, il travailla encore une dernière fois au service des gamers pour une autre firme, la Luxoflux, pour laquelle il signa le mémorable True Crime : Streets of L.A. Mais, irrésistiblement attiré par le monde du cinéma, il y revint avec son premier long, Last Rites, alias La cité des zombies, film de banlieue et de zomblards comme son titre l’indique. C’est ainsi que l’on retrouve deux gangs, l’un latino et l’autre black, des policiers et un monsieur météo (si si !) dans une sorte d’usine désaffectée assiégée par un nombre impressionnant de clochards mystiques devenus zombies.

Ces derniers, contaminés par une météorite contenant des spores zombies (ce qui nous vaut une belle théorie énoncée par le prédicateur météorologique), hurlent à tout va et, malgré leur maquillage plus ou moins valable, se rendent irritants par leurs mouvements vifs et saccadés. Leur rapidité n’a ainsi d’égal que le mauvais traitement infligé à leurs attaques par un Stinnett qui n’arrive pas à tirer la quintessence de leurs mouvements. Mauvais cadrage, montage incompréhensible et mise en scène pas toujours maîtrisée se lient pour offrir un spectacle aussi imbuvable que de mauvais goût. Les séquences un peu plus sanglantes souffrent ainsi d’une mise en forme exécrable, le réal s’attardant fort peu sur les FX sanguinolents et filmant tout en temps réel. En résulte un manque énorme d’éléments véritablement horrifiques, peu aidés, il est vrai, par la tournure des événements.

Car la majeure partie du métrage ne réside pas dans l’attaque proprement dite des morts-vivants, mais bien dans le développement des relations entre les différents gangs. Vulgarité totalement gratuite, manichéisme consternant, Stinnett tente de faire comprendre que les véritables monstres sont à l’intérieur des bâtiments, en train de se massacrer. Fortement influencée par les ghetto movies, La cité des zombies en emprunte donc la voie pour oublier totalement son objectif de départ. Mais, bien loin du réalisme et de l’efficacité d’œuvres telles que Boyz in the Hood ou Les princes de la ville, le film de Stinnett se vautre littéralement, en grande partie à cause d’un mauvais goût toujours plus affirmé au niveau des (trop) longs et vulgaires dialogues et d’une bande originale faisant office de musique d’attente. Heureusement, dans une action toujours plus brouillonne, Monsieur Météo veille, n’hésitant pas au passage à asséner quelques répliques d’un exquis second degré, faisant surtout regretter le manque de travail du réal.

Si ce dernier était parvenu à entretenir cette petite étincelle humoristique, La cité des zombies aurait pu devenir un film appréciable. Il en reste relativement loin puisque la manichéisme et le mysticisme règnent en maître sur un ensemble à l’action brouillonne et aux clichés abondants. Allez faire un tour dans les quartiers chauds, Monsieur Stinnett, vous verrez qu’il n’y a pas que des animaux !

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