Critique de film

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Calvaire

"Calvaire"
affiche du film

Marc Stevens est un chanteur itinérant. A l'hospice, le concert est terminé. Celui-ci reprend la route, mais il tombe en panne au milieu de nulle part. M. Bartel, un aubergiste psychologiquement fragile depuis que son épouse Gloria l'a quitté, le recueille. C'est alors que commence le cauchemar de Marc : M. Bartel voit en lui l'incarnation de son ex-femme et tout le village est persuadé que celle-ci est rentrée au pays.

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Trailer - Calvaire (2004)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Calvaire - Terrifiant et malsain !
Par : Quentin Meignant
Tags : Survival

Le meilleur film belge qui ait jamais existé ! Fabrice du Welz nous montre la folie à l’état pur, une folie collective, barbare et sombre. La morosité du paysage ardennais en hiver ajoute encore au caractère malsain de ce métrage. La boue, la pluie, la neige, les voitures pour le moins mal en point, le décor a vraiment été étudié pour nous mettre mal à l’aise.

Dès la première scène et les avances de la pensionnée, nous comprenons que nous sommes devant un film hors normes. Ce sentiment ne fait que grandir quand Marc Stevens, petit chanteur sans envergure, croise le chemin de Boris (Jean-Luc Couchard, complètement méconnaissable), un jeune homme déphasé qui cherche sa chienne, visiblement imaginaire. A partir de ce moment, le cauchemar commence pour notre plus grand plaisir et ne finira que 1h15 plus tard !

Un film très intense donc mené de main de maître par le duo Laurent Lucas (Marc)-Jackie Berroyer (Bartel). Un Jackie Berroyer que l’on avait plutôt l’habitude de voir dans des rôles humoristiques (il interprète d’ailleurs un humoriste raté dans ce métrage) et qui nous surprend agréablement. Il est tout simplement terrifiant dans son rôle de fou dangereux.

La scène au bar du village est extrêmement impressionnante et nous conforte dans cette idée de folie généralisée dans un petit coin perdu où les années ne passent plus. A cet instant, on commence à se douter que le réalisateur va passer à la vitesse supérieure (Comment a-t-il fait ?) et nous offrir un final flamboyant !

Ce film est une bombe, un chef-d’œuvre, les mots nous manquent pour dire à quel point cette œuvre d’art (nous parlons bien ici d’Art avec un grand « A ») nous impressionne !


Critique de Calvaire - Plus qu’un film, une profession de foi...
Par : Seb Lecocq

Flash-Back !! J’ai 12 ans et pour la première fois de ma vie je découvre Massacre à la Tronçonneuse en vidéo. Un choc qui va changer ma vision du cinéma pour toujours.

Voila c’est cette même émotion, ce même choc que j’ai ressenti en quittant la projection de Calvaire. Un homme dans un marais habillé d’une robe de femme agenouillé seul dans la boue et la neige. Ecran rouge, des noms défilent sur l’écran...et on reste là assis dans son fauteuil, bouche bée et les yeux écarquillés, empreint d’un profond malaise, dans un état d’hébétude, d’incompréhension et de doute. A-t-on vraiment vu ce qu’on vient de voir ou l’a-t-on imaginé ?? Et bien oui : on l’a vu. Et ce qu’on vient de voir c’est Calvaire. Un film belge, qui l’aurait cru ? Un survival méchant, sec, sauvage, décérébré, malsain... Quand on pense "survival" on pense La dernière Maison sur la gauche, Délivrance, La Colline a des yeux,...mais surtout, surtout, un nom vient à l’esprit. Le nom d’un film qui a marqué l’histoire du genre comme jamais, LE survival ultime (même s’il est plus que ça) : Massacre à la Tronçonneuse. C’est bien de ce chef-d’oeuvre que se réclame Calvaire, et il lui rend honneur de la plus belle des façons. Avec un film qui lui ressemble, un petit frère aussi dérangé et presque consanguin. A des lieux des films annonciateurs du "revival du survival" tels que Détour Mortel, un film pour ados élevés au Banania, aussi offensif qu’un caniche a sa mèmère ou un Haute Tension qui se renie complètement dans son twist final d’une nullité effarante. Rien de tout ça ici mes amis. Ici c’est du méchant, de l’hargneux, de l’excessif.

Tout commence par un pitch simplissime. Un chanteur de charme pour grand-mères genre Claude Barzotti ou Franck Mickael se rend dans le sud de la France pour se produire lors d’un gala de Noël. Pour gagner du temps, il décide de couper par les bois et là, pas de chance, sa camionnette tombe en panne et le voilà obligé de passer la nuit dans une vieille auberge perdue au plein milieu du trou du cul des Ardennes belges où l’aubergiste va le prendre pour sa femme. A partir de là, tout va partir en sucette.

C’est sur un synopsis simple à souhait que Fabrice Du Welz bâtit son intrigue. Première scène, on rit de bon coeur devant ce chanteur pathétique et ces scènes surréalistes et absurdes typiquement belges. Ensuite, le malaise intervient, d’abord imperceptiblement, par des petites touches, des petits gestes, par l’apparition successive de divers personnages. L’idiot du village qui cherche son chien, l’aubergiste affable et accueillant. Ensuite, lors des scènes d’expositions, le trouble s’installe dans l’esprit du spectateur. Une phrase anodine, une action de l’aubergiste (magistral Jackie Berroyer) puis via un crescendo très habile, le calvaire commence pour ce pauvre chanteur égaré pour se terminer par une deuxième partie de film totalement dérangée. On a affaire, avec Calvaire, à une horreur naturaliste et viscérale rehaussée par la mise en scène implacable de Du Welz, qui rappelle celle de Tobe Hooper et du Deodato de Cannibal Holocaust, et cette formidable image super 16 hyper granuleuse de Benoit Debie qui s’impose de plus en plus comme le meilleur chef-op du moment. Des images crues mais d’une formidable beauté comme le prouvent ces travellings où Laurent Lucas court à travers la forêt. Du très grand art.

La mise en scène de Calvaire colle parfaitement à son environnement : elle est froide, poisseuse et oppressante comme la cambrousse dans laquelle se situe l’action. L’environnement, comme dans tout bon survival qui se respecte, joue un rôle primordial dans l’action, elle est le vrai "méchant" du film bien plus que la bande de dégénérés zoophiles, que l’on imagine consanguins, menée par l’exceptionnel Philippe Nahon (certainement le meilleur acteur français mais aussi le plus sous-estimé) et entouré de la plus belle brochette de gueules du ciné français (mention spéciale à Jo Prestia). C’est malgré tout cette bande qui va emmener le film vers ses recoins les plus sombres et les plus immondes, notamment dans une scène difficilement supportable qui va en laisser plus d’un sur le carreau par sa violence et sa cruauté. Mais Calvaire, contrairement à d’autres nombreux films du genre, ne choque pas pour choquer, n’est pas trash pour le trash. Non, Calvaire dérange vraiment et certaines images restent imprimées sur la rétine durant de longues heures.

Comme dit précédemment, Calvaire n’est pas un film à mettre devant tous les yeux, cette expression est souvent employée mais ici elle prend tout son sens. La raison est simple, Calvaire est un film jusqu’au-boutiste et sans la moindre concession, un film honnête et viscéral. Un film fait avec le coeur, les poings et les tripes plutôt qu’avec la tête. Une approche naturaliste et respectueuse de l’horreur, portée a bout de bras par un réalisateur habité. Un film qui fait mal, qui retourne, qui donne envie de vomir, un voyage en Enfer mais paradoxalement c’est un film qui fait un bien fou. Un film qui redonne espoir à toute une génération de cinéphiles, un film qui vient se placer juste à la droite du père (Massacre à la Tronçonneuse) et qui se place comme le meilleur survival de ces 25 dernières années, juste derrière vous savez qui. Un chef-d’oeuvre implacable et intemporel tellement le film semble sorti des 70’s. Plus qu’un film, Calvaire est une profession de foi. Comme le dit Fabrice Du Weltz, le réalisateur lorsqu’on lui dit que son film possède tout ce qui manque habituellement au cinéma français : "Moi, je veux faire du cinéma et pas des concepts". AMEN !!


Critique de Calvaire - Survival zoophile à la belge
Par : Chroniqueurs

Par Swan

Marc Stevens (Laurent Lucas) est un de ces chanteurs itinérants ringards pour mamies qui anime des galas dans les maisons de retraite sordides (euphémisme ?) de la Belgique profonde. A la veille de Noël, il taille la route dans sa camionnette afin d’honorer un nouveau contrat. Sa camionnette rendant l’âme non loin d’un village perdu, il est obligé de se réfugier dans l’auberge isolée de Bartel (Jackie Berroyer), ancien humoriste solitaire, rendu fou par le départ de sa femme Gloria et dont le comportement va très vite dégénérer...

Le « survival » est un sous-genre cinématographique rare. Ses fleurons se nomment, entre autres : The Most Dangerous Game (Les Chasses du Comte Zaroff, 1932, de Ernest B. Schoedsack et Irving Pichel), le musclé Deliverance (Délivrance, 1972, de John Boorman ), l’éprouvant The Texas Chainsaw Massacre (Massacre à la Tronçonneuse, 1974, de Tobe Hooper), le déviant The Hills Have Eyes (La Colline a des Yeux, 1977, de Wes Craven ), le très tendu Southern Comfort (Sans Retour, 1981, de Walter Hill ) – pour les Américains – et le formidable La Traque (1975, de Serge Leroy), pour les Français.

Le principe du « survival movie » ? Un personnage principal traqué par des affreux dans un environnement dangereux, hostile et étrange. J’en veux pour preuve le riche mégalomane Zaroff, la sympathique famille cannibale de Massacre à la Tronçonneuse, les rednecks revanchards de Délivrance et Sans Retour ou encore les violeurs bourgeois et sans pitié (Jean-Pierre Marielle et Michael Lonsdale quand même !) de La Traque. Popularisé dans les années 70-80 par une poignée de chefs-d’oeuvre, imité et pillé dans les années 80, le genre tente un timide retour en force en 2003 avec le ridicule mais marrant Wrong Turn (Détour Mortel, de Rob Schmidt ). Une semi réussite qui nous laissait sur notre faim et donc, peu préparés pour la bombe Calvaire, sans aucun doute le meilleur film de genre belge de ces dix dernières années. Avec le film de Du Welz, le genre revient en force et en forme, animé par une passion communicative et un amour du genre indéfectible. Tout ça de la part d’un petit belge qui réalise là son premier long ??? Allez une fois ??? Vous en rêviez, Fabrice Du Welz l’a fait...

"Je suis très friand de cinéma déviant, d’horreur, populaire, épique, burlesque, avec une préférence pour les productions américaines et asiatiques. Je suis un fanatique de Wong-Kar Wai, comme de Larry Clark, Peckinpah, Buñuel, Ford, André Delvaux, et tant d’autres. Pour Calvaire, il y a une œuvre très forte qui m’a accompagné sur ce film : Massacre à la tronçonneuse". Belle profession de foi que celle du réalisateur de 33 ans. Des propos rares dans le petit monde du cinéma belge. Rares mais cependant peu surprenants pour qui se penche sur le background atypique de ce jeune réalisateur fou et passionné : de ses émissions cultes sur Canal + (Kulturo, Fabrice fait son cinéma, c’était lui !) en passant par ses films en Super 8 et un court métrage mémorable, Quand on est amoureux c’est merveilleux qui recelait déjà les germes de Calvaire et dans lequel la cinéphilie galopante et le goût du cinéma déviant, fun et décomplexé étaient déjà bien présents, tout le parcours de Du Welz semblait le destiner à Calvaire.

Après tout, le personnage de Jackie Berroyer ne s’appelle-t-il pas ici Paul Bartel ? Peu connu dans nos contrées, le cinéaste éponyme, iconoclaste new-yorkais décédé en 2000 aura créé une oeuvre au mauvais goût assumé et à la drôlerie pittoresque que peu de réalisateurs américains semblent apprécier. On se souviendra, entre autres, d’oeuvres aussi diverses que Death Race 2000 (Les Seigneurs de la Route, 1975) et Eating Raoul (1982). Un bel hommage que lui rend ici Fabrice Du Welz en donnant son nom à son personnage principal. En ce qui concerne le projet d’un premier long, le tout était d’en faire une oeuvre dans laquelle toutes ces influences diverses et avouées étaient bien digérées et non pas un patchwork décousu comme avait pu le faire Christophe Gans avec son Pacte des Loups qui mêlait dans un bordel jouissif certes mais très décousu film de monstre, film de karaté et film historique.

Calvaire n’est rien de tout ça. Brillant et cohérent de bout en bout, magnifié par la superbe photo de Benoît Debie (collaborateur de Gaspar Noé et Dario Argento, entre autres), Du Welz célèbre son amour du cinéma de genre avec sa tête, ses tripes et ses c.... Script en béton armé, originalité du traitement, réalisation au diapason, plans épurés de toutes beauté... Rares sont les films de genre francophones actuels qui arrivent à créer un tel malaise. Comme Marc Stevens lui-même, le pauvre spectateur sans défense est malmené, assailli, torturé pendant 1h28 et sera pris d’une furieuse envie de prendre une douche dès le film terminé. Le malaise latent est créé par le fait que Calvaire, aussi brutal, sanglant et barbare soit-il, raconte avant tout une histoire d’amour désespérée : celle de Bartel et de sa femme Gloria, « réincarnée » dans le personnage de Marc Stevens. Ainsi, la violence et la lourdeur ne sont jamais gratuites : tout est là pour servir l’action et accompagner le malheureux Marc dans son chemin de croix. Toutes ces composantes forment un tout cohérent car Calvaire s’avère d’une intégrité exemplaire dans ses choix de mise en scène.

Les deux interprètes principaux participent également à la grande réussite du projet : Laurent Lucas, pathétique et fragile, mais surtout Jackie Berroyer. Totalement hanté par son rôle, entre joie et nostalgie, entre solitude et détresse, il compose un personnage d’une complexité ambiguë, une âme en peine, véritable bombe à retardement à qui il ne faut qu’une étincelle pour exploser. L’étincelle sera l’arrivée de Marc Stevens. Du Welz avoue avoir essayé de concentrer l’empathie du spectateur pour le bourreau et de ne pas en avoir fait un monstre sans âme comme on le voit trop souvent au cinéma américain.

Le reste du casting se compose d’un réjouissant défilé de « tronches » torturées et patibulaires (« mais presque », comme disait Coluche) qui rend ses lettres de noblesse à la folie au cinéma : Philippe Nahon (que l’on ne présente plus), Joe Prestia (le violeur d’Irréversible), Jean-Luc Couchard (Grégoire Moulin contre l’Humanité) et la fabuleuse Brigitte Lahaie, meilleure actrice française des années 70, égérie de José Bénazéraf et de Jean Rollin dont la filmographie aura procuré à l’auteur de ces lignes bien des émois au cours de sa jeunesse tourmentée. Le genre d’émois dont les draps se souviennent.

Calvaire regorge d’images inoubliables : la crucifixion de Marc Stevens, sa tonte sadique et violente, l’apparition inopinée de nains dans la forêt, une scène de bistrot rendant hommage à Un Soir, un Train, les moeurs zoophiles d’autochtones cinglés... Voilà un film qui regorge d’images dont il est difficile de se débarrasser après la vision. Calvaire est un film qui hante l’esprit. A la première vision, la conclusion du film peut pourtant paraître légèrement frustrante et un peu vite expédiée. Une affirmation qu’une deuxième vision vient contredire car le manque de suspense dans la séquence finale est délibérée de la part du réalisateur qui préfère éviter la surenchère et terminer son film d’une façon finalement logique. C’est là une des forces de plus de ce film incroyable : frustrer les spectateurs lorsqu’il se termine. Tout simplement parce qu’il est tellement bon qu’on a envie qu’il dure 3h... Calvaire est un film qui s’améliore à la seconde vision. Bel exploit ! Merci Fabrice !

Rendons hommage enfin au producteur des deux films de Fabrice Du Welz, le courageux Vincent Tavier , bien connu pour avoir écrit un certain C’est arrivé près de chez vous et produit Aaltra. Un homme de goût assurément.

Quand vous aurez vu Calvaire, revoyez Délivrance ! Revoyez Massacre à la Tronçonneuse et les films de Lucio Fulci. Revoyez Hitchcock et André Delvaux. Revoyez la filmographie complète de Brigitte Lahaie... Et attendez comme moi avec impatience que Fabrice nous revienne en forme avec son Vinyan qui sera à coup sur aussi beau, jouissif et de bon goût que ce monument du film déviant. Le cinéma belge en a besoin.

Fabrice Du Welz ? Numéro un au hit parade de nos amours…

Commentaires sur le film

CALVAIRE

0 etoiles

daube Daube !

NUL !!!!!!!!!!!!!!!!!!

28 novembre 2011 à 23:11 | Par taber
calvaire

0 etoiles

dire que c est un chef d oeuvre me choque. j ai deteste ce film sans relief, ni queue ni tete. j aime pourtant beaucoup les films d horreur mais celui-la n en est pas un pour moi. j ai achete le dvd apres avoir lu des critiques tres positives... je l ai trouve tout simplement ridicule.

5 janvier 2014 à 19:01 | Par christina

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