Critique de film

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Le Cabinet du docteur Caligari

"Das Cabinet des Dr. Caligari."
affiche du film

Dans une fête foraine, vers 1830, le docteur Caligari exhibe Cesare, un somnambule. Celui-ci prédit à un étudiant, Alan, qu'il vivra jusqu'à l'aube. Il est en effet assassiné dans son lit. Son ami Francis soupçonne Caligari. La jeune fille que convoitaient Alan et Francis est enlevée par Cesare. Poursuivi, le somnanbule s'écroule après avoir abandonné son fardeau. Francis poursuit Caligari qui se réfugie dans un asile de fous, dont Caligari s'avère être le directeur et Francis un des patient ainsi que la jeune fille convoitée...

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Trailer - Le cabinet du docteur Caligari (1920)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le cabinet du docteur Caligari - Père de l’expressionnisme
Par : Damien Taymans

En 1830, dans une fête foraine, l’énigmatique docteur Caligari exhibe un somnambule que lui seul peut ponctuellement réveiller dans l’expectative de lui faire prédire l’avenir. Lors d’un show grandiloquent pendant lequel Caligari utilise son cobaye à des fins mercantiles, Cesare le somnambule, annonce à un jeune homme qu’il mourra avant l’aube. Lorsque la carcasse de l’homme en question est retrouvée sans vie le lendemain, les accusations se portent sur le mystérieux bonimenteur…

Considéré comme le premier film expressionniste, Le cabinet du docteur Caligari détermine les règles de ce cinéma particulier, lignes de conduite qui seront réinvesties par nombre de cinéastes à sa suite (Murnau notamment). Décors en trompe-l’œil aux proportions incurvées dessinant de fausses perspectives, toiles expressionnistes en arrière-plan, maquillages et gestuelles stylisés à l’extrême, couleurs changeantes selon les scènes, tous les éléments de l’esthétique expressionniste se mettent doucement en place, plongeant le spectateur dans un monde onirique vaguement situé entre folie et raison. Une frontière élimée par les prologue et épilogue de Francis, seuls discours prétendument dignes de foi puisqu’ils émanent du narrateur à qui, inconsciemment, nous témoignons une confiance aveugle. Confiance bien mal placée puisque, à l’instar du Meurtre de Roger Ackroyd d’Agatha Christie, Le cabinet de docteur Caligari détourne les codes les plus profondément ancrés de la même manière qu’il déstructure les repères spatio-temporels.

Né du mal-être qui ébranle toute une patrie germanique achevée par les tourments de la guerre, l’expressionnisme fait prévaloir la subjectivité sensitive sur la raison, offrant un monde déformé et stylisé à souhait afin d’atteindre le paroxysme expressif au détriment de tout réalisme cartésien. Reflet d’une opposition relative au pouvoir de la République de Weimar dont le lourd et juste tribut affecte les citoyens, hantés par les conséquences de la soi-disant omnipotence de son état et plongés dans un état de profonde paranoïa. Témoin du malaise qui règne dans l’Allemagne post-première guerre mondiale, l’expressionnisme est drastiquement décliné dans cette oeuvre fabuleuse, formant une collusion totale entre la déstructuration plastique et formelle et une folie dramatique bouleversée aussi bien dans sa narration que dans ses propos. Porté par une musique vertigineuse, l’univers onirique et lugubre qui domine l’entièreté de l’œuvre désarçonne et bouleverse, prenant un malin plaisir à faire basculer le spectateur dans l’aliénation totale. Une folie à double égard puisque, outre les délires du docteur Caligari mis en ostentation, le récit est perçu par l’intermédiaire d’un cerveau dérangé, celui du narrateur, lui-même soigné par un psychiatre malade. Amené à considérer l’histoire comme raisonnable, le spectateur s’identifie et place toute sa foi dans les mains d’un narrateur fourbe qui gangrène son histoire par le truchement de sa représentation altérée de la réalité.

Premier film du genre, Le Cabinet de docteur Caligari se pose comme l’emblème d’un expressionnisme qui donnera ses lettres de noblesse au genre fantastique. Le calligarisme triture la matière jusqu’à en faire un miroir déformant, privilégie l’inconscient et l’illusion, créant de toutes pièces un univers stylisé anxiogène au sein duquel folie et raison ne bénéficient plus d’aucun repère viable. Oeuvre testimoniale inévitable, le film de Wiene est un classique incontournable à admirer au plus vite.

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