CYCLES

CYCLE "LET IT SNOW" - Le jour d’après (2004)

28 janvier 2016 | Par : Fred Pizzoferrato

Peu réputé pour sa subtilité mais plutôt pour son indéniable savoir-faire pyrotechnique dans les destructions à grandes échelles, Roland Emmerich (le piètre Independance Day et surtout l’excellent Stargate) livre avec ce Jour d’après une œuvre plus subtile (hum !) qui se veut un cri d’alarme écologique concernant le réchauffement global. L’idée du cinéaste consiste donc à condenser en quelques jours des événements qui, en réalité, pourraient prendre plusieurs décennies. Mais qu’importe ! Nous ne sommes pas dans un cinéma engagé et pamphlétaire mais bien dans un film catastrophe à grand spectacle dans la tradition des classiques des années ’70.

L’intrigue suit donc une poignée de personnages plaisamment caricaturaux (des adolescents amoureux, leur papa héroïque, un sans-abri débrouillard, une bibliothécaire dépitée, une brave médecin et un gamin cancéreux) dans leur tentative d’échapper à l’apocalypse planétaire. Car de brusques hausses de températures entrainent, par ricochet, une nouvelle ère glaciaire et les tornades dévastent les Etats-Unis avant que le pays soit recouvert d’une immense chape de glace.

Sans guère se soucier de crédibilité, Emmerich malaxe diverses théories sur le réchauffement climatique, s’inspire de ses prédécesseurs (lé téléfilm Tempête de glace de 1998 le préfigure de manière surprenante) et emballe le tout avec rythme, un poil d’humour et, surtout, une flopée d’effets spéciaux pour la plupart réussis (quelques incrustations numériques problématiques ne gâchent pas le plaisir dispensé). Il importe donc de laisser au vestiaire tout esprit critique et d’accepter des invraisemblances colossales (l’expert météo affirme qu’il est inutile d’espérer sauver quelqu’un à New York mais effectue quand même le voyage depuis Washington dans des conditions climatiques mortelles en trois jours !)
Défendu par des acteurs impliqués et convaincants (y compris lorsqu’ils doivent accomplir des actions ridicules) comme Dennis Quaid, Jake Gyllenhaal ou Ian Holm, Le Jour d’après se suit donc avec plaisir et ses deux heures passent comme une lettre à la poste : entre une ville dévastée par des tornades, une autre engloutie sous les eaux, des hélicoptères gelés instantanément en plein vol et des astronautes qui contemplent, impuissant, la catastrophe générale, la bande s’avère divertissante et sans prétention. Dommage que les drames « humains » à plus petite échelle (et en particulier la lutte des rescapés de la bibliothèque pour survivre) ne possèdent pas, loin de là, le même impact.
Tourné après le 11 septembre et la fin de l’administration Bush, Le Jour d’après montre également le changement politique effectué par un cinéaste ici nettement plus critique envers la nation que dans ses très conservateurs Independance Day ou The Patriot. Quelques années plus tard, Emmerich poursuivra dans cette voie avec le dévastateur 2012, sorte de point de non retour du cinéma de destructions massives poussé jusqu’à l’absurde.

Sans prétention, pas trop long, bien fichu, servi par des effets spéciaux globalement réussis et plutôt efficace dans ses scènes d’action cataclysmiques, Le Jour d’après s’impose comme un divertissement de choix et un des meilleurs films « catastrophe » du XXIème siècle.


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